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Alors qu’Alpine vient de confirmer l’arrêt de son programme d’endurance et que sa stratégie déjà tournée vers le tout-électrique inquiète, l’avenir de la marque interroge, d’autant que le nouveau directeur général de Renault a déjà commencé à s’attaquer aux filiales du groupe jugées peu rentables.
La rumeur enflait, c’est maintenant officiel : Alpine va arrêter l’endurance. Dans un communiqué publié le 12 février annonçant sa stratégie en sport automobile, le constructeur a confirmé que la saison 2026 sera la dernière à laquelle il participe avec son hypercar A424.
Dans ce communiqué, le constructeur explique que l’ajustement de son plan de développement doit « soutenir sa stratégie de croissance. Cette optimisation, fondée sur la priorisation de projets clés, est nécessaire pour assurer un avenir durable à la marque et mieux répondre aux attentes de ses prospects, clients et fans. »
La marque veut ainsi d’abord se concentrer sur la Formule 1, discipline qui a nettement regagné en notoriété ces dernières années, grâce notamment à de nouvelles rivalités sur la piste et la série Netflix « Drive to survive ». Pendant ce temps, l’endurance peine à exister en dehors de la sacro-sainte course des 24 heures du Mans.
Reste que les fans se demandent déjà jusqu’à quand Alpine tiendra en F1, alors que la maison mère Renault a déjà choisi de réduire la note en utilisant à partir de 2026 un moteur Mercedes. Conséquence, le site historique de Renault Sport à Viry-Châtillon est secoué. Pas de fermeture pour l’instant, mais une restructuration, avec une réduction des effectifs.
Si l’avenir du site semble encore incertain, c’est parce que le nouveau directeur général du Losange, François Provost, n’est pas vraiment fan de sport automobile. Ainsi, outre la fin du programme d’endurance d’Alpine, il stoppe aussi net l’engagement de Dacia en Rallye-raid. Le roumain, qui vient de gagner le mythique Dakar en janvier, n’y retournera pas l’année prochaine.
Nommé en juillet 2025, François Provost s’est lancé dans une restructuration des activités du groupe, avec un sacré détricotage de l’héritage de Luca de Meo, son prédécesseur. Le nouveau DG va supprimer la filiale dédiée à l’électrique Ampere et a déjà stoppé net la division Mobilize, arrêtant ainsi déjà le quadricycle Duo. Renault n’avait pas hésité à indiquer que des projets étaient stoppés « parce que leurs perspectives de rentabilité financière sont limitées ».
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Gros échec pour Renault : le Losange enterre déjà son quadricycle électrique Mobilize Duo !Les regards se tournent alors maintenant vers Alpine, qui semble donc à son tour touché par la chasse aux coûts inutiles lancée par François Provost. Au point que l’on peut à nouveau s’inquiéter pour son avenir.
Le label avait déjà été menacé en 2020, au moment où Renault était en pleine crise financière. Mais Luca de Meo, véritable passionné et amoureux du produit, avait vite rassuré. Il avait de grandes ambitions pour la marque de Jean Rédélé. Il en a ainsi fait l’unique label sportif du groupe (exit Renault Sport donc) et a prévu la construction d’une vaste gamme de 7 modèles, de la citadine au gros SUV, en passant par plusieurs sportives. Avec un objectif : atteindre les 100 000 ventes par an.
Mais Luca de Meo a aussi fait un pari : faire rapidement d’Alpine une marque 100 % électrique. Ainsi, tous les nouveaux modèles ne seront qu’avec ce type de motorisation. Cela a commencé avec la citadine A290, dérivée de la R5, puis a été continué avec le crossover A390, qui vient de rejoindre les concessions. En 2026, Alpine lèvera le voile sur une nouvelle A110 uniquement électrique. Il est d’ailleurs en train de vendre les derniers exemplaires du modèle thermique.
Un pari qui semble cette fois ultra risqué, la demande pour les modèles électriques ne progressant pas aussi vite que prévu, surtout sur le marché des véhicules sportifs et haut de gamme. Il suffit de regarder ce qui se passe chez Porsche pour s’inquiéter encore plus sur l’avenir d’Alpine !
La marque allemande est en pleine tempête et fait marche arrière sur plusieurs décisions. Le Macan n’existe ainsi plus qu’en électrique en Europe, mais le constructeur a lancé en urgence le chantier d’un nouveau véhicule thermique. La nouvelle génération du 718, promise pour être électrique, devrait finalement proposer un moteur essence… et pourrait même abandonner l’électrique.
Dans ce contexte, Alpine peut-il s’en sortir avec une gamme électrique ? Cela paraît compliqué, d’autant que les premiers retours sont mitigés. Si la marque s’est félicitée des résultats de l’A290, on ne peut pas dire que 8 200 commandes en 2025 soit un score brillant. La marque attend beaucoup de l’A390, un modèle plus familial qui doit lui permettre d’attirer une nouvelle clientèle. Ses ventes seront scrutées de près.
Si l’A110 représente un enjeu moins important en matière de ventes, elle a un rôle primordial pour l’image. La renaissance a été une réussite, le modèle ayant été fidèle à l’esprit de l’originel. Son passage à l’électrique, qui va entraîner une envolée du poids, inquiète déjà beaucoup les fans et clients. Ces derniers vont-ils suivre ?
La suite du programme devait être des SUV plus grands que l’A390, qui devaient permettre à Alpine d’aller sur de nouveaux marchés, à commencer par les Etats-Unis. Mais la guerre des droits de douane lancée par Donald Trump a perturbé les plans.
Dans ce contexte très perturbé, entre une demande ralentie pour les électriques, un assouplissement des normes CO2 en Europe et une bataille des droits de douane, difficile de garder en l’état le plan produit prévu. Il y a fort à parier que François Provost ait fait du tri avec en tête la rentabilité. La stratégie tout électrique devrait être remise en cause, Renault ayant d’ailleurs déjà ouvert la porte au prolongateur d’autonomie pour certains de ses futurs projets. La supercar qui devait chapeauter l’offre d’Alpine semble aussi en sursis.
Une chose est sûre, Alpine n’est pas menacé. Dans le communiqué du 12 février, son patron Philippe Krief écrit : « Nous avons dû prendre des décisions difficiles pour protéger les ambitions à long terme d’Alpine. D’un côté, l’industrie automobile – et en particulier le marché des véhicules électriques – connaît une croissance plus lente que prévu. De l’autre côté, pour réussir sur le long terme, nous devons poursuivre nos investissements dans la gamme de produits et la marque Alpine. En conséquence, nous devons prendre des mesures décisives et claires afin de créer une marque avec un avenir durable ».
Quelle forme prendra cet avenir ? On en saura plus le 10 mars, quand François Provost dévoilera son plan stratégique.
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