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Vous pensiez qu’Uber ne faisait plus partie des prétendants pour remporter la course à la conduite autonome depuis la revente de ses technologies à Aurora en 2020 ? C’était sans compter sur sa détermination. La firme de San Francisco a conclu des accords avec une vingtaine de start-ups spécialisées dans le domaine de la conduite autonome à travers le monde. Cela sera-t-il suffisant ?
Pour comprendre la stratégie d’Uber, il faut d’abord mesurer le changement de cap opéré depuis la cession de son unité de recherche interne à Aurora en 2020. Après avoir investi plus d’un milliard de dollars dans un développement maison, l’entreprise a choisi de ne plus concevoir elle-même la technologie, mais de devenir une plateforme d’agrégation. Autrement dit, Uber entend plutôt devenir l’interface incontournable entre les flottes autonomes et les passagers.
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Uber lance un nouveau service payant de robotaxisComme le soulignent nos confrères d’InsideEVs, cette approche repose sur une multiplication de partenariats. Aux États-Unis, Uber collabore avec Waymo, filiale d’Alphabet, et Nuro. En Europe, la plateforme s’est rapprochée de Wayve et de Momenta. Au Moyen-Orient, des accords ont été conclus avec WeRide et Baidu. À cela s’ajoutent des coopérations industrielles avec des constructeurs comme Stellantis ou Lucid. Uber espère proposer des trajets autonomes dans une quinzaine de villes cette année.
| Partenaires d’Uber | Catégorie | Zone géographique |
| Waymo | Robotaxi | Austin et Atlanta |
| Lucid + Nuro | Robotaxi | États-Unis |
| May Mobility | Robotaxi | Texas |
| Volkswagen | Robotaxi | États-Unis |
| Waabi | Livraison autonome | États-Unis |
| Wayve | Robotaxi | Royaume-Uni |
| WeRide | Robotaxi | Dubaï |
| Pony.ai | Robotaxi | Moyen-Orient |
| Momenta | Robotaxi | Europe |
| Baidu (Apollo Go) | Robotaxi | Dubaï |
| Aurora | Livraison autonome | Dallas et Houston |
| Nvidia + Stellantis | Robotaxi | États-Unis |
| Nvidia + Mercedes | Robotaxi | Abou Dhabi |
| AvRide | Robotaxi | Dallas, Austin, Jersey City |
| Tawasul | Gestion de flotte | Moyen-Orient |
| New Horizon | Gestion de flotte | Moyen-Orient |
| Serve Robotics | Livraison autonome | États-Unis |
| Cartken + Mitsubishi | Livraison autonome | Japon |
| Coco Robotics | Livraison autonome | États-Unis et Finlande |
| Flytrex | Livraison autonome par drone | États-Unis |
| Starship | Livraison autonome | Europe |
| Torc Robotixs | Transport routier autonome | États-Unis |
| EVGo & Revel | Bornes de recharge | États-Unis |
| Hubber | Bornes de recharge | Londres |
| Ionity | Bornes de recharge | Londres |
| Electra | Bornes de recharge | Paris et Madrid |
Pour Uber, son atout majeur reste sa base d’utilisateurs. La société revendique plus de 200 millions d’usagers mensuels dans le monde… Et c’est un argument de poids pour nouer des partenariats. Dans un secteur où l’acquisition de clients coûte cher, cette audience constitue un avantage compétitif décisif. Plutôt que de contraindre les consommateurs à télécharger une nouvelle application pour chaque service de robotaxi, Uber mise sur une intégration transparente au sein d’une interface déjà familière.
Cela ne vous aura pas échappé, cette stratégie tranche radicalement avec celle de Tesla. La firme d’Austin ambitionne plutôt de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur, du véhicule à la plateforme. Quitte à ce que cela prenne plus de temps. On connaît toutefois les capacités de Tesla pour industrialiser un modèle qui fonctionne.
Reste que le développement des robotaxis demeure complexe sur le plan réglementaire et encore fragile techniquement. Sans parler de la rentabilité… Même les acteurs les mieux dotés financièrement, comme Waymo, continuent d’absorber des pertes importantes pour soutenir leur expansion. Dans ce contexte, Uber joue une partition plus souple. La plateforme peut combiner véhicules autonomes et chauffeurs humains selon les pics de demande, une flexibilité que ne possèdent pas les opérateurs 100 % robotisés.
En revanche, la démocratisation des taxis autonomes pose question pour les chauffeurs VTC. Si l’impact ne sera probablement pas immédiat, la montée en puissance progressive des flottes robotisées pourrait peser sur leurs revenus, voire les sortir totalement du jeu. Uber devra composer avec cette donnée qui est loin d’être anodine. Mais en misant sur plusieurs chevaux sans s’enfermer dans un modèle unique, Uber semble être en capacité de s’assurer une place centrale dans cet écosystème en recomposition.
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