AccueilArticlesBYD dévoile un étonnant moteur thermique pour hybride et voici pourquoi ce choix technique fait sens

BYD dévoile un étonnant moteur thermique pour hybride et voici pourquoi ce choix technique fait sens

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Yangwang U7
Yangwang U7

Dans un monde automobile dominé par les trois-cylindres turbo, les quatre-cylindres en ligne et quelques V6 survivants, l’apparition d’un tout nouveau moteur à plat a de quoi surprendre. Et pourtant, ce choix technique, aussi rare qu’audacieux, fait pleinement sens.

BYD vient de lever le voile, via une vidéo de démontage détaillée, partagée par CarNewsChina, sur les détails de son quatre cylindres à plat 2.0 turbo, le tout premier de l’histoire automobile chinoise. Baptisé peu poétiquement 4H20, il est conçu spécialement pour sa plateforme e⁴ dont bénéficie notamment la Yangwang U7, sa grande berline lancée cette année et disponible aussi en 100 % électrique.

À première vue, cela peut sembler être un choix étonnant. Depuis plus d’un siècle, les moteurs à plat occupent en effet une place à part dans l’histoire automobile. À partir des années 1930 et 1940, Volkswagen puis Porsche l’adoptent massivement, notamment dans la Coccinelles et la 356. Subaru, lui, en a fait sa signature technique dès les années 1960 en la combinant à une transmission intégrale. Et c’est le Japonais qui sera le premier en 2020 à franchir le pas de l’hybridation pour son moteur fétiche avec le système e-Boxer qui, soyons francs, n’a pas laissé un souvenir impérissable.

Pourquoi revenir au boxer en 2025 ?

Parce qu’un moteur à plat est :

  • plus bas, donc parfait pour conserver un centre de gravité favorable,
  • plus court verticalement, idéal pour les hybrides où chaque centimètre compte,
  • naturellement équilibré, donc très silencieux — un point crucial lorsque le moteur thermique ne doit pas dégrader le confort d’une voiture électrifiée.

Bref : un choix original, mais parfaitement cohérent. Et BYD pousse la logique plus loin encore en l’optimisant pour une architecture hybride. Fort de 272 ch et 380 Nm qui peuvent être ajustés selon le niveau de charge de la batterie, il a comme fonction principale d’être un générateur pour les moteurs électriques, mais peut aussi être une source de couple directe pour l’essieu arrière dans certaines situations.

Les seulement 420 mm de hauteur de ce flat-4 ne sont pas uniquement dus à son architecture puisque BYD lui a ajouté de plus un système de lubrification à carter sec que l’on retrouve habituellement sur les moteurs les plus sportifs et en compétition. Non seulement cela permet de réduire considérablement l’épaisseur du bloc et de pouvoir ainsi l’inclure dans un module avant comprenant aussi un générateur, deux moteurs électriques et deux électroaimants faisant partie du système de suspensions, mais cela assure de plus une lubrification parfaite en toutes conditions et une meilleure gestion de la température.

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Dans le cahier des charges, le constructeur chinois voulait aussi du silence. Amateurs de WRC mélomanes, passez votre chemin, pas de staccato mécanique typique de l’Impreza ici ! Au final, grâce notamment à une double chaîne de distribution, un circuit d’huile dédié et un encapsulage soigné, BYD revendique, , au ralenti et en légère charge, un niveau sonore supérieur de seulement 1 dB par rapport aux moteurs électriques du U7. Certes, on sait que l’échelle des décibels est logarithmique avec un doublement du niveau sonore tous les 3 dB, mais cela reste très impressionnant.

Un moteur thermique au service du 100 % électrique

Sauf exception, le moteur boxer ne sert pas à “animer” la voiture comme dans une Subaru ou une Porsche, il se rapproche plutôt du fonctionnement d’un prolongateur d’autonomie, comme déjà vu chez de nombreux autres constructeurs comme Honda, Nissan, Mazda ou encore Leapmotor. Il a tout de même la lourde tâche d’alimenter, par l’intermédiaire d’une batterie Blade LFP de 52,4 kWh, pas moins de quatre moteurs électriques délivrant un total de 1 000 kW, soit 1 341 ch. Sans parler de la bagatelle de 1 680 Nm.

Selon la très favorable norme chinoise CLTC, en mode électrique, la Yangwang U7 hybride rechargeable peut ainsi faire 200 km et peut atteindre 1 000 km en fonctionnement hybride avec son réservoir d’essence de 60 litres. Avec une recharge DC pouvant aller jusqu’à 230 kW, la batterie peut passer de 30 à 80 % en 10 minutes.

Yangwang U7
Yangwang U7

Avec une batterie digne d’une voiture 100 % électrique moyenne, quatre moteurs électriques, un moteur thermique suralimenté, un réservoir d’essence de taille conséquente et toute une myriade de systèmes divers et variés, autant vous dire que la Yangwang U7, longue de 5 360 mm, n’est pas une ballerine, avec 3 223 kg sur la balance.

BYD n’est pas le seul à faire des choix mécaniques audacieux

Peut-on faire plus original qu’un flat-4 ? Mazda répond par la positive. Pour son MX-30 R-EV hybride rechargeable, le constructeur d’Hiroshima a en effet ressuscité son bien-aimé moteur Wankel qui présente quelques qualités communes, comme sa compacité exceptionnelle et des vibrations quasi inexistantes. Et, comme pour BYD, il sert essentiellement de générateur, pas de moteur tracteur.

Moteur boxer ou à plat : quelles différences ?

Le terme « moteur à plat » désigne toute architecture dont les cylindres sont disposés horizontalement, à 180° les uns des autres. Un moteur à plat n’est dit « boxer » que si les pistons se déplacent en opposition parfaite en ayant chacun son propre maneton de vilebrequin, comme deux poings de boxeur qui se donnent des coups en miroir. Ainsi, chaque piston ayant un piston jumeau en face, leurs mouvements sont synchronisés et s’annulent, ce qui crée un équilibrage naturel et des vibrations très réduites. C’est le cas chez Porsche, Volkswagen, Subaru et dorénavant BYD.

Tous les moteurs boxer sont donc des moteurs à plat, mais tous les moteurs à plat ne sont pas des moteurs boxer. Certains présentent en effet des pistons dont le maneton de vilebrequin est partagé avec son opposé, raison pour laquelle ils ne méritent pas le nom. C’est le cas du 12 cylindres de la Ferrari Testarossa, mais aussi des 365 et 512 BB. Et c’est sans doute de ce dernier acronyme qu’est née la confusion, puisqu’il avait été rapporté à tort par la presse de l’époque que « BB » signifiait « Berlinetta Boxer » au lieu de « Berlinetta Bialbero » (pour « double arbre à cames »).

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