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ACC est en difficulté. La co-entreprise entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies traverse une phase décisive de sa courte existence. Yann Vincent, patron de la société, a pris la parole dans une lettre ouverte pour faire un état des lieux honnête de la situation. Il appelle les acteurs européens à un sursaut industriel.
Pour Yann Vincent, le patron d’ACC, cela ne fait aucun doute : l’avenir de l’automobile est électrique. Il en est profondément convaincu. Dans un communiqué de presse publié sur le site web de la société, il a fait le choix de décrire avec précision la situation que traverse actuellement ACC. Il estime que si les freins historiques à l’électrification (prix d’achat, infrastructures de recharge, cadre réglementaire) se lèvent progressivement, la question de la souveraineté industrielle de l’Europe est encore loin d’être résolue.
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Témoignage : que pensent les propriétaires de la Peugeot e-208 ? 40 d’entre vous nous ont répondu !Alors, « qui fabriquera les batteries des voitures européennes de demain ? », questionne-t-il. « Les acteurs asiatiques, en particulier les géants chinois, comme c’est déjà le cas pour 99 % d’entre elles ? Au risque de mettre l’indépendance stratégique des constructeurs automobiles européens entre les mains de BYD, CATL, LG et les autres ? ». ACC a vu le jour il y a cinq ans pour montrer qu’il existe des alternatives européennes, « qu’il est possible de concevoir et de fabriquer des batteries made in Europe ».
Mais il reconnaît que la montée en puissance de la gigafactory du nord de la France, à Douvrin, s’avère plus lente et plus coûteuse que prévu. Et cela pèse sur la situation financière de l’entreprise. Néanmoins, il rappelle que plusieurs modèles électriques de Peugeot, Opel et DS roulent déjà avec des batteries issues de cette production. Par ailleurs, l’outil industriel progresse, avec une hausse récente des volumes de modules produits et une amélioration des taux de rebut.
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Comment cette future règle doit favoriser les voitures électriques produites en EuropeEn parallèle, l’environnement de marché s’est complexifié. La croissance du véhicule électrique se poursuit, mais à un rythme moins soutenu qu’attendu, ce qui renforce l’incertitude pour les constructeurs. Les groupes fondateurs, Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, ajustent leur stratégie avec davantage de prudence. Cette situation se traduit par des retards dans certains projets et un ralentissement partiel des activités de R&D à Bordeaux-Bruges et Nersac. Des mesures de chômage partiel ont été prises.
ACC assume avoir revu ses ambitions industrielles à court terme. L’ouverture de nouvelles usines en Allemagne et en Italie « serait totalement irresponsable dans un tel contexte ». Yann Vincent appelle à une mobilisation plus large. Il estime que l’industrie européenne des batteries se trouve à un tournant de son histoire. Sur la base des conclusions du rapport porté par Mario Draghi et les orientations de la Commission européenne, il plaide pour un véritable instrument financier au niveau européen.
Cette prise de parole sonne résonne assez clairement comme un appel au secours. Sans un investissement massif dans le secteur des batteries et un soutien de la part de l’Europe, ACC pourrait connaître le même sort que le Suédois Northvolt et devoir cesser ses activités. Bruxelles doit présenter un plan « Made in Europe » le 25 février 2026.
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