Installé depuis fin 2018, Zephir Livraison s’est spécialisé dans les courses urgentes, 24/7, avec des utilitaires électriques. Son dirigeant fondateur, Michel Hâlé, explique sa démarche.

Nissan e-NV200 et Volkswagen e-Crafter

« Zephir Livraison a été créé en novembre 2018. Notre premier utilitaire électrique, commandé la même année, nous a été livré en juillet 2019. À l’époque, il n’y avait que ce Nissan e-NV200 qui correspondait à nos besoins : une autonomie suffisante et la recharge rapide. Nous disposons avec lui de 250 kilomètres de rayon d’action », lance Michel Hâlé.



« Quand nous avons eu besoin d’un fourgon 12 m3, nous avons à nouveau écarté Renault, et son Master, en raison d’une autonomie trop limitée d’environ 80 km selon notre utilisation. J’ai attendu de voir ce qui se présenterait. Avec le Volkswagen e-Crafter apparu depuis, nous pouvons compter sur un bon 150 km. C’est suffisant pour assurer 2 jours de livraisons en ville, ou boucler une tournée mixte ville-campagne de 120 km en officines pour la CERP », complète-t-il.

2 électriques sur 4 utilitaires

« Aujourd’hui, 2 de nos 4 utilitaires sont donc électriques. En janvier prochain, nous allons recevoir notre 2e Volkswagen e-Crafter. Je me suis rapproché de Peugeot et Opel pour compléter ce parc avec un modèle intermédiaire 6-8 m3. Ce sera sans doute un Opel Vivaro-e qui apparaîtrait le premier sur le marché, en 2021 », ajoute Michel Hâlé.

« Ce format d’utilitaires n’est pas forcément intéressant pour une entreprise comme la nôtre. Il n’est pas facile à positionner. Mais nous avons besoin d’anticiper le développement de l’activité de notre entreprise », met-il en avant. « Par exemple, nous figurons aussi parmi les commissionnaires en laboratoire pour des protocoles de prélèvement auprès d’hôpitaux. Ainsi pour le CHU de Rennes qui utilise sur son site de Pontchaillou des Kangoo électriques », illustre-t-il avec une pointe d’anecdote.

Le choix de l’électrique

Pourquoi des utilitaires électriques ? « C’est d’abord pour une raison philosophique. J’étais auparavant conducteur de travaux pour une grande entreprise rennaise. J’ai monté un projet pour un service de livraison qui s’inscrive dans la transition énergétique. Je l’ai présenté à la CCI et j’ai pu bénéficier d’un prêt à 0 % de la part de France Active », nous répond Michel Hâlé.

« Le coût de revient d’un utilitaire électrique est sensiblement identique à celui d’un modèle équivalent thermique, grâce à des budgets réduits en entretien et énergie », assure-t-il.

« J’ai estimé que j’allais dans la bonne direction quand j’ai su que Chronopost avait dans les tuyaux d’assurer des services sur le secteur avec des modèles électriques. D’ailleurs, grâce au Volkswagen e-Crafter, j’ai pu rentrer dans leur panel de prestataires », nous confie-t-il.

Un rôle à jouer avec les ZFE à l’approche

« Ma flotte d’utilitaires électriques me permet de pouvoir répondre à certains marchés. Je peux aussi la mettre en avant auprès de mes donneurs d’ordre habituels. Comme chef d’entreprise, il est aussi de mon devoir de sensibiliser mes clients qui peuvent y gagner en termes d’image à recourir à des prestations servies en véhicules électriques », détaille Michel Hâlé.

« La métropole de Rennes travaille à mettre en place des zones à faibles émissions. Même si l’échéance est régulièrement revue, on sait que cette mesure arrivera plus ou moins rapidement. Peut-être en janvier 2023. Avec nos utilitaires électriques, nous pourrons accéder à ces ZFE pour effectuer des livraisons », anticipe-t-il. « La CERP adhère dans ce cadre à notre vision de la transition énergétique. Des administrations exigeront alors dans leurs appels d’offres l’usage de tels véhicules. À terme, j’ai prévu de compter sur 5 ou 6 utilitaires zéro émission », évalue-t-il.

L’avis des conducteurs

« Au début novembre, j’aurai avec moi 3 salariés dans l’entreprise. Ceux déjà en poste et moi-même apprécions de rouler en électrique pour diverses raisons : l’agrément, l’absence de boîte de vitesses mécanique qui apporte beaucoup de souplesse à la conduite, la baisse du stress en raison d’un niveau sonore très bas à bord », liste Michel Hâlé.



« Quand mes conducteurs me disent qu’ils vont prendre la Rolls, je comprends de suite qu’ils s’apprêtent à utiliser le Volkswagen e-Crafter pour effectuer leurs livraisons. Ils l’appellent ainsi en raison de son équipement haut de gamme et de son grand confort, notamment au niveau de l’assise coussin d’air », traduit-il.

Recharge en voirie

« Je n’ai pas de local particulier pour recharger mes utilitaires. J’exploite donc les bornes rapides installées par le SDE35, principalement celles de Montgermont et de Chantepie-Cesson », souligne Michel Hâlé. À noter que le syndicat de l’énergie départemental a fait le choix d’une offre verte d’Enercoop pour son réseau BEA.

« Pour l’instant, ça se passe plutôt bien. Mais je note depuis 2 mois en particulier que de plus en plus de véhicules sont présents sur ces chargeurs. Avec de l’organisation, ça se gère. Après 19 ou 20 heures, il n’y a plus personne », témoigne-t-il.

« En règle générale, je ne perds pas de temps en recharge. Il faut une cinquantaine de minutes pour retrouver un niveau de 80 %. Ce qui me laisse le temps, par exemple, d’aller manger un morceau dans le village de Montgermont quand mon utilitaire est branché ici », poursuit-il.

Ouvrir les utilitaires aux couloirs de bus

« Pour moi, aller vers la transition énergétique, ce n’est pas culpabiliser les automobilistes quand ils roulent avec des voitures diesel ou essence. Les efforts sont d’abord à effectuer du côté des professionnels de la livraison qui sont déjà bien nombreux », estime Michel Hâlé.

« Il faudrait nous donner l’accès aux couloirs de bus, comme cela se fait pour les taxis. C’est ainsi, avec la promesse de livraisons rapides, que nous pourrons séduire véritablement les donneurs d’ordre. J’espère que la métropole de Rennes voudra bien aller dans ce sens », conclut-il.

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Michel Hâlé pour son témoignage de professionnel et sa disponibilité.