Réalisé par Ipsos pour le compte d’EVBox, un sondage effectué auprès de 3.600 Européens (dont 600 conducteurs de voitures électrifiées) révèle qu’un automobiliste français sur 3 envisage de passer à un modèle électrique lors du prochain changement de véhicule.

Dérèglement climatique

Le dérèglement climatique serait la principale motivation mise en avant par les sondés s’apprêtant à devenir électromobiliens. Comparativement aux Britanniques, Néerlandais, Norvégiens, Belges et Allemands également interrogés dans le cadre de ce baromètre de la mobilité, les Français se sentiraient davantage concernés à titre personnel par le phénomène : 72%, contre une moyenne européenne de 62%.



Cette prise de conscience se traduirait chez la moitié des habitants de l’Hexagone par une attention particulière à l’empreinte environnementale des nouvelles voitures achetées. Un réflexe encore plus répandu chez les électromobiliens (85%).

Qu’il s’agisse d’automobilistes utilisant déjà des véhicules électriques ou ceux qui sont prêts à le faire, ils sont 4 sur 5 à penser qu’il est nécessaire de réduire les émissions de CO2 dues aux transports. Pour eux, « conduire électrique s’impose comme l’une des solutions majeures ».

L’accès à la recharge comme principal frein

L’accès à la recharge reste le principal frein à l’adoption des véhicules électriques chez les automobilistes qui continuent à rouler avec des modèles essence ou diesel. La filiale d’Engie estime que « le plan de relance du gouvernement et son objectif d’installer 100.000 points de recharge d’ici fin 2021 en France devraient contribuer à rassurer les Français sur ce point-là ».

Elle fait aussi témoigner les électromobiliens qui seraient 97% à assurer « ne pas rencontrer de problèmes lors de la recharge ». EVBox explique que « recharger son véhicule devient vite une habitude et se fait de manière fluide et naturelle ».

Les prix trop élevés arrivent ensuite

Egalement très classique, le prix arrive en numéro 2 des points qui bloquent le passage à la mobilité branchée. En dépit des primes et subventions mises en place par le gouvernement français, 49% des automobilistes perçoivent encore comme trop chères à l’achat les voitures particulières électriques.

L’entreprise spécialisée dans les infrastructures de recharge et leur exploitation espère « l’arrivée de nouveaux modèles de VE à des prix abordables » pour gommer cette difficulté. Elle se réjouit en attendant de constater que 85% des actuels électromobiliens reprendront un modèle électrique au prochain changement de véhicule.

Le Green Deal en accélérateur du VE

De manière générale, le baromètre EVBox de la mobilité confirme que les Européens sont pour les politiques nationales en faveur de l’environnement. Et 50% des sondés français « ont une perception positive du Green Deal », cette feuille de route de la Commission européenne vers 2050 pour faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone.

Les véhicules électriques sont au cœur de ce programme qui prévoit une étape en 2025 avec plus de 13 millions de VE sur les routes du vaste territoire et un million de points de recharge ouverts au public pour les ravitailler en énergie. Plus de la moitié des automobilistes conduisant des voitures électriques ou prêts à le faire affirment que le Green Deal les encourage à rouler avec ces véhicules.



Avis de l'auteur

Bien que plutôt optimiste de nature, je suis plus nuancé qu’EVBox sur l’interprétation des chiffres alignés à partir de ce sondage.

Tout d’abord au sujet des 97% d’élecromobiliens qui ne rencontreraient pas de problème lors des recharges. Ce pourcentage me paraît anormalement élevé. Il ne reflète en tout cas pas du tout les témoignages reçus chez Automobile Propre. Ou alors il s’agissait d’automobilistes sondés qui ne branchent jamais leur VE ailleurs que chez eux ou sur une prise/borne mise à disposition sur leur lieu de travail.

Le programme de développement de 100.000 points de recharge n’apportera des fruits en cascade que lorsqu’ils seront disponibles, et, surtout, disposés aux bons endroits avec des puissances réalistes par rapport à l’usage. Des promesses d’installation, il y en a déjà eu (Bolloré en particulier), et il y a déjà des réseaux ouverts. On en voit bien les limites et aussi les incohérences. Maintenant, les automobilistes veulent du concret.

Que 85% des électromobiliens assurent reprendre un VE au prochain changement de véhicule, ce n’est pas franchement très positif. Ca signifie que 15% s’apprêtent à faire machine arrière en plein courant porteur (sauf personnes qui abandonneraient la voiture particulière en raison de l’âge ou du passage à une mobilité plus douce). Le phénomène mériterait qu’on s’y attarde vraiment. Qui sont ces 15% à ne pas continuer à rouler avec une voiture électrique personnelle ? Pourquoi ne reprendront-ils pas un VE ? N’y a-t-il pas justement parmi ces personnes des déçus de la recharge ?