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La location à petit prix d’une auto électrique peut devenir réalité si l’Etat et les constructeurs s’impliquent… et si les automobilistes acceptent d’acheter un véhicule aux prestations modestes.
Le gouvernement planche sur un leasing social avec des voitures électriques proposées à 100 € par mois. La mesure est promise depuis plus d’un an par Emmanuel Macron. Elle devrait voir le jour cet automne. C’est donc long, mais il faut dire qu’arriver à 100 € par mois est un sacré défi, tant les offres de location actuelles sont loin de cet objectif.
Pour Transport&Environment, c’est largement possible. Avec l’Iddri*, cette ONG, toujours prête à défendre la voiture électrique, a imaginé « un plan d’action détaillé pour un leasing social ambitieux », afin de montrer que la promesse de l’exécutif peut être tenue… selon certaines conditions.
L’ONG milite d’abord pour un large accès au dispositif. Le gouvernement souhaite le réserver aux plus modestes, mais T&E suggère d’ouvrir le leasing social aux ménages qui ont un revenu fiscal de référence par part jusqu’à 13.500 €. Il souhaite aussi un engagement de l’Etat sur la durée.
Selon les calculs de l’étude, 900.000 ménages pourraient ainsi profiter du leasing social entre 2024 et 2030. Ceci permettrait d’assurer aux constructeurs un bon volume de ventes potentielles. Et donc inciter ces constructeurs à s’impliquer dans la démarche. T&E suggère d’ailleurs à l’Etat « de passer un contrat avec la filière pour la production de véhicules électriques adaptés aux besoins du leasing social ». Les marques feraient des économies sur la publicité et la distribution, économies utilisées pour diminuer le loyer.
L’Etat doit par ailleurs intervenir financièrement. Mais cela ne coûterait pas plus cher que les aides actuelles selon T&E, car l’idée est de mieux les orienter. Il faudrait ainsi renforcer le bonus sur ces autos mais y mettre fin sur les autres. Autre aspect du budget : le loyer doit comprendre le coût de l’entretien, pour que les ménages n’aient pas de mauvaises surprises, « ce qui suppose d’impliquer la filière concernée ». En clair, il faut aussi trouver des contrats d’entretien auprès de volontaires capables de faire baisser les factures.
Dans le cadre de l’offre imaginée par T&E et l’Iddri, « les véhicules électriques seraient achetés via un organisme dédié regroupant l’État, des financeurs privés (banques, sociétés de leasing) et les collectivités locales, pour être ensuite loués ». L’un des éléments clés pour faire baisser le prix serait la durée d’utilisation du véhicule : 10 ans. Un même véhicule pourrait donc servir à plusieurs contrats de location successifs.
Pour diminuer le coût d’achat de la voiture, il faut selon l’étude focaliser le programme sur quelques modèles, des citadines aux compactes, qui se contentent des équipements essentiels. Le niveau de performances et l’autonomie seraient aussi adaptés. En clair, pour avoir un véhicule pas cher, il faut un véhicule aux prestations plus modestes, sans superflu côté technologies. Aux conducteurs donc d’accepter peut-être une forme de décroissance, pour avoir un véhicule économique à l’achat et à l’usage.
*Institut du développement durable et des relations internationales
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Ce n'est pas un angle mort, mais un détail inutile et pas correctement interprété. Premièrement, je parle de l'effort de la part d'Etat en montrant que l'Etat ne va pas dépenser plus qu'en ce moment, peu importe si cela entre dans 27% ou non. Deuxièmement, vous faites une erreur pour le paiement intégral de la voiture pendant une LOA. Bien au contraire, il ne faut pas une LOA, mais une LLD: à la fin de contrat la voiture est restituée au concessionnaire de la marque et vendue sur le marché et au prix du marché, disons, ~60% du prix d'achat.
Faisons un exemple: une voiture avec un prix de catalogue de 35 k€. Le prix réel dans le cas d'un achat groupé - 27 k€ (d'après ce que j'ai entendu des prix en gros pour les loueurs, c'est encore beaucoup). On soustrait le bonus écologique de 7.000 € (5 + 2 k€) et 36 mois x 100 €, en total, 10,6 k€. A la fin du contrat, le véhicule est restitué et peut être vendu à partir de 27-10,6=16,4 k€ ce qui reste un bon prix pour un VE correct de 3 ans (61 % du prix de vente et 47 % de catalogue).
Pour les véhicules neufs la différence entre le prix de catalogue et le prix réel de la vente est encore plus prononcée. Et si on considère le cas d'un achat groupé de plusieurs dizaines de milliers de voitures, la réduction de 25 % me paraît tout à fait possible (en 2021 on m'a proposé 14% pour Corsa-e avant même que j'ai commencé à négocier).
Si vous avez un jour assisté à une AG de copropriété , vous savez que faire installer des bornes de recharge 7kW (230V monophasé 32A) il faut voter à l'article 25 (majorité des copropriétaires) or il n'est pas rare d'avoir moins que 50% des tantièmes en AG. Cela prendra donc des années, voir des décades (il m'a fallu 4 ans pour faire installer, à l'article 24, majorité des présents à l'AG, des décompteurs de chaleur à 100 euro pièce sur les radiateurs d'une copropriété de 90 lots)... le combat avec ENEDIS, le PLU, la DIRE, etc... et les procéduriers qui peuvent bloquer en AG pour leur simple plaisir...On appelle cette viscosité "l'état profond" et c'est aussi pour cela que la réurbanisation des agglo est une utopie. L'automobile est un élément de liberté individuelle, la borne de recharge est un élément de contrainte collective.