La Tesla Roadster.

Tesla a brillamment réussi son entrée en bourse (IPO) la semaine dernière. Devant l’engouement du marché, Tesla a même, au dernier moment, augmenté le nombre d’actions (13,3 millions) et leur prix d’introduction ($17), ce qui a permis à la firme de récolter $226 millions. Mieux encore, à la fin de la première journée de cotation, l’action avait monté de 40% pour atteindre le niveau de $24 !

Ce qui n’est pas mal pour une firme qui n’a jamais fait de bénéfice et a perdu, jusqu’à present, plus de $290 millions. Mais évidemment, Tesla n’est pas une firme comme une autre. On en parle sans cesse dans la presse automobile, écolo, financière et “people”. Son CEO et principal investisseur, Elon Musk, co-fondateur de PayPal, n’arrête pas d’être dans les news. Récemment, une autre firme qu’il dirige, SpaceX, vient de réussir la mise en orbite de la fusée Falcon 9, et s’annonce comme une nouvelle concurrente d’Ariane. Musk est également Chairman de SolarCity, une des principales companies solaires aux US. Bref, c’est un entrepreneur-type, un de ceux qui font la gloire de Silicon Valley.

Il y a quelques semaines, Elon Musk faisait encore une fois la première page des journaux car il venait d’annoncer qu’il n’avait plus d’argent, et qu’il avait dû emprunter auprès de ses amis. Mais on apprenait en même temps qu’il était en instance de divorce et que son ancienne compagne lui réclamait un maximum (ceci expliquant cela)…



Évidemment, Musk est passé maître dans l’art d’exploiter les medias… et les autres constructeurs automobiles. L’année dernière, Daimler Benz a investi $50 millions dans Tesla. Cette année, c’est Toyota qui a investi $50 millions, et lui a vendu son ancienne usine près de San Francisco où le constructeur japonais venait de mettre 3 500 personnes au chômage, et ceci au même moment où il se débattait avec des problèmes d’accélérations soudaines sur ses voitures. Ce qui évidemment a fait dire à plus d’un observateur que le tout n’était qu’une opération de PR pour Toyota qui avait besoin d’un peu de bonne presse pour changer…

La Tesla Model S

Toujours est-il que Tesla possède maintenant une usine (vide pour l’instant) pour y fabriquer son Model S à partir de 2013, date qui ne cesse de reculer. Les ventes du Roadster Tesla semblent ralentir, à 30 exemplaires par mois actuellement contre 100 par mois à la fin de l’année dernière. Mais Tesla, qui a aussi obtenu un prêt de $469 millions du gouvernement fédéral, semble bien armé financièrement pour mener son projet à bout.

Ce qui ne veut pas dire que l’action Tesla soit un bon investissement. Son prix reflète la nouveauté, l’exotisme technologique et le charisme d’Elon Musk. Combien de temps cela pourra-t-il durer, si des perspectives de bénéfice net ont du mal à se profiler à l’horizon ? À moins qu’un grand constructeur ne rachète le tout…