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Mobilité durable : Carlos Tavares met Bruxelles en garde sur ses choix

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Le patron de PSA est connu pour dire tout haut ce que d’autres constructeurs pensent aussi au sujet des choix de l’Union européenne pour la mobilité durable. Dans une interview accordée à Ouest-France et publiée dans l’édition du 6 février 2019, il prévient que les pouvoirs publics « devront assumer » les conséquences de leurs choix sur l’éviction de la technologie diesel et sur l’important coup de boost en faveur des véhicules électriques.

Diktat de l’UE

Dénonçant un « diktat » qui impose une réduction de près de 40% des émissions de CO2 sur les voitures neuves d’ici 2030, quand les constructeurs acceptaient d’aller jusqu’à -20%, Carlos Tavares avertit que, parmi les effets de bord consécutifs à cette décision, on comptera forcément des disparitions d’entreprises.

L’Union européenne n’imagine cependant pas de telles contraintes sans raison. L’urgence climatique est là, qui nécessite de fixer des objectifs à atteindre. Sans eux, la plupart des constructeurs continueraient à produire des véhicules sans se soucier de leurs émissions à l’échappement. C’est parce qu’ils n’ont pas su anticiper que certains industriels se retrouvent dans une situation fragile aujourd’hui.

Temps de maturation

Assurant qu’il ne remet « pas du tout l’électrique en cause », Carlos Tavares estime qu’il « reste encore beaucoup à faire » pour que « cette technologie soit propre et économique ». Ce délai de maturation nécessaire permettrait, selon lui, à une autre solution de se développer. Il chiffre d’ailleurs à 20 ans « le temps de mise en œuvre d’une nouvelle technologie, aussi géniale soit-elle ».

Depuis que Bruxelles rédige une feuille de route sévère pour la mobilité durable, c’est fou le nombre d’innovations qui apparaissent et les progrès qui sont accomplis ! Depuis des dizaines d’années, des carburants de substitution ont été imaginés, souvent davantage pour se réjouir d’un savoir-faire maison que pour mettre véritablement une nouvelle solution en place. Une moitié de siècle de recherche pour ne finalement adopter le plus souvent que des évolutions mesurées et laisser parfois de côté des technologies prometteuses. Aujourd’hui l’Europe joue son nécessaire rôle d’aiguillon en poussant les équipes de recherche vers l’excellence.

Davantage de CO2

Dans son interview, Carlos Tavares rappelle la conséquence négative principale de l’abandon du diesel : Une augmentation à court terme du CO2 par report massif des achats de véhicules vers les modèles à essence.

Si l’Europe prend principalement en compte le CO2 pour fixer des contraintes aux constructeurs, l’institution sait aussi qu’elle doit faire face à des problèmes de pollution chimique et d’émissions de particules. Tout cela en cherchant en parallèle à se libérer d’une dépendance très forte aux pays producteurs de pétrole.

Dépendance à l’Asie

Concernant la « marche forcée vers l’électrique, on envoie tout le monde acheter des batteries en Asie », estime le patron de PSA. Pour lui, c’est sûr, « les prix des batteries vont augmenter », ce qui pèsera forcément sur le budget des consommateurs européens. « On met aussi en danger l’industrie européenne et les treize millions de personnes qui y travaillent ».

Marche forcée, effectivement, il y a, puisque l’industrie a trop longtemps traîné du pied. On a tous, ou presque, en mémoire la fronde de constructeurs contre les échappements catalytiques qui faisaient perdre de la puissance aux moteurs, ou en faveur du maintien d’un gaz réfrigérant pour la climatisation au seul titre que c’est celui qui est exploité et que ça coûterait cher d’en changer. Quelque part, cette marche forcée, elle est devenue impérative pour faire décoller le nez des constructeurs de leurs livres de comptes.

Carlos Tavares salue les travaux pour une filière européenne de fabrication des batteries. Il estime que les enveloppes allemande et française qui frisent au total les 2 milliards d’euros sont d’un « montant pertinent ». Il espère cependant que l’UE considère véritablement ce dossier comme « stratégique », appelant à la possibilité « pour les industriels de recevoir des financements ». A défaut, il juge que l’Airbus des batteries se réduirait à une simple opération de communication.

Un manque de vision à 360 degrés

Le patron de PSA dénonce un manque de vision à 360 degrés de la part des pouvoirs publics au sujet des véhicules électriques : « Ils pensent que ce n’est qu’une question d’objet automobile, c’est une erreur ». Parmi les différents points à prendre en compte, il liste : « Les réseaux de chargement, les ressources utilisées pour les batteries, leur recyclage, le coût des voitures ».

Sur tous ces points, on ne peut décemment pas reprocher à la France d’avoir des œillères ! Elle figure parmi les bons élèves de l’Europe. Pour le coût des voitures, elle a mis en place des aides à l’achat ; pour la recharge, en plus de subventions diverses, elle a donné mission aux syndicats de l’énergie de mettre en place des maillages sur leurs territoires. Il est vrai que ce n’est pas le cas dans tous les pays de l’UE. Dans certains, les pouvoirs publics estiment, ou ont trop longtemps estimé, que c’est aux constructeurs de faire les efforts qui s’imposent. Ce n’est pas un hasard si le réseau Ionity est principalement porté par des marques allemandes qui proposent une gamme de véhicules rechargeables.

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kaleinil y a 7 ans

PSA a introduit les filtres à particules parce que tout le monde leur tombait dessus en pointant du doigt les nuages de suie noire sortant des pots d'échappement des voitures diésel.
A l'époque pour PSA la pollution se résumait à la suie, on se rappelle de leur coup de génie markéting avec la démonstration du mouchoir blanc.

"Regardez le mouchoir reste blanc = mon diésel est propre, circulez y'a plus rien à voir.
De quoi parlez vous avec vos micro-particules ? Ce sont les plus nocives ? Ah bon ? Jamais entendu parler."

A côté de ça les médecins se cassent les dents à rappeler que les particules émises par les moteurs diésel sont les plus nocives de toutes et que ce sont elles qui doivent être éliminées en priorité.

Atlantisil y a 7 ans

J'adore ce parti pris des constructeurs pour l'hydrogène: cela résout deux choses, leurs dépendances asiatique en termes de batteries et cela permet de continuer un partenariat centenaire de type "ongle et chair" avec l'industrie pétrolière qui pousse à l'adoption de "leur" hydrogène depuis plusieurs décennies déjà.
Imaginer qu'un jour les panneaux solaires et les batteries soient assez bon marché et efficients pour que la grande majorité du "combustible" électrique de nos voitures soit directement fournit par nos toitures (maisons individuelles, grands ensembles, parkings, commerces, industries)? Ils devraient faire leurs adieux à notre dépendance à "leur" combustible (pétrole ou hydrogène) dans "leurs" stations, cela en serait fini pour une part de leur marché et de pouvoir nous facturer ce qu'ils veulent (d'où aussi une certaine complicité dans ce lobbying pour l’hydrogène de la part des gouvernements pour contrecarrer la perte potentielle d'un moyen très aisé d'aller taxer le consommateur de ces combustibles et donc de renflouer les caisses de l'État).
Malheureusement, si certains peuvent s'inquiéter de la mise à niveau du réseau électrique pour pouvoir supporter une flotte de transports terrestres 100% électrique dans le futur, que dire de l'infrastructure nécessaire au transport et distribution de l'hydrogène terriblement coûteuse en investissements et en termes énergétiques (plusieurs compressions extrêmes)?

Atlantisil y a 7 ans

" « Ils pensent que ce n’est qu’une question d’objet automobile, c’est une erreur ». Parmi les différents points à prendre en compte, il liste : « Les réseaux de chargement, les ressources utilisées pour les batteries, leur recyclage, le coût des voitures »."
Dommage que lui et les autres constructeurs ne se soient pas poser ce genre de questions pendant les décennies de ventes de diesels qui empestent nos villes et notre santé...

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