Dans notre dernier article consacré à la visite de l’édition 2020 du salon Rétromobile (Paris, 5-9 février), nous donnons la parole à Luc Jaguelin, président et fondateur de l’entreprise Nosmoke installée à Cerizay (79).

Il était une fois la Mini Moke

A l’origine conçue par le père de la Mini – Sir Alec Issigonis – pour répondre à une demande de l’armée britannique de disposer d’une petite voiture robuste et parachutable au sein des territoires en conflit, la Moke est plutôt entrée dans l’histoire populaire en devenant un de ces engins de plage ouvert façon buggy ou Citroën Méhari.



Ses petites roues, sa garde au sol relativement peu élevée et la fermeté de ses suspensions la rendent cependant plus agréable à pratiquer sur l’asphalte, à vitesse modérée, à proximité de sites touristiques en particulier.

Même si elle ne s’est vendue qu’à environ 50.000 exemplaires en une trentaine d’années de production sous différents horizons, la Moke bénéficie d’un véritable capital de sympathie qui rendait évidente sa réapparition avec un groupe motopropulseur électrique. Ce que plusieurs entreprises on fait, dont Nosmoke.

Depuis 2012 par Nosmoke…

« Nous produisons des Nosmoke depuis 2012. Je souhaitais proposer un véhicule phare d’antan, fiable, sexy, pratique et animé par une motorisation électrique », se rappelle Luc Jaguelin. « Mais les premiers exemplaires étaient construits en Chine. Une tentative vite avortée : c’était une véritable catastrophe technique », déplore-t-il encore, sans entrer dans le détail d’une histoire pleine de rebondissements.

« Les Nosmoke ‘Made in France’ sont arrivées en 2015. L’année précédente, nous avons internalisé 100% de la production de la voiture dans notre usine des Deux-Sèvres. Nous avons ainsi voulu nous assurer que chaque exemplaire livré reçoive tout l’amour du ‘bien faire’ à la française », explique le créateur de la Nosmoke.

Châssis indestructible

« Depuis 2015, nous avons beaucoup travaillé sur le châssis pour que les Nosmoke supportent sans problème l’usage très agressif qu’elles peuvent subir lorsqu’elles sont proposées à la location par nos clients installés sur des sites touristiques. Ainsi renforcé, il est quasiment indestructible ! », souligne notre interlocuteur qui n’hésite pas à le qualifier de « meilleur au monde ».

« Après de longues années de mise au point, de développements industriels, de réglages ; après des milliers de kilomètres d’essais dans toutes les conditions possibles », Luc Jaguelin peut annoncer avec satisfaction et fierté pour son véhicule électrique de loisir : « La Nosmoke est la plus aboutie de toutes les voitures de bord de mer ». Il qualifie de « très solide et très fiable » l’engin, assurant : « Nous n’avons jamais eu à changer un moteur ».

Nouvel outil de production

Au carrefour des routes de Nantes (44), Poitiers (86), et La Rochelle (17), l’entreprise Nosmoke dispose à Cerizay de nouveaux locaux de 4.000 m2 depuis la fin de l’année dernière, avec des équipements et des outils modernisés.

« C’est bien ici, dans nos ateliers, que le châssis de la Nosmoke est entièrement produit à partir de plaques d’acier européen zinguées double face pour résister à l’air salin des bords de mer où elle est très souvent utilisée. Pour la même raison, toute la visserie est en inox. Les feuilles d’acier sont découpées au laser, pliées, et assemblées avec précision par nos équipes de professionnels. Elles sont ensuite soudées par des robots automatiques multipoints. Cette opération garantit une qualité de soudure parfaite et permanente », souligne Luc Jaguelin.



« La structure est plongée dans un bain de cataphorèse pour une protection au cœur de l’acier, puis reçoit une couche d’apprêt, la peinture et une finition vernie », poursuit-il. « Le terme du parcours de construction de chaque Nosmoke est matérialisé par un bon d’assemblage signé par son monteur final. Ce document unique certifie le haut degré d’attention personnel de chaque professionnel qui a travaillé sur le véhicule », précise-t-il.

75% à l’export

« A ce jour, nous avons vendu 250 exemplaires de Nosmoke, dont 75% à l’export. On trouve ainsi notre voiture électrique, en dehors du territoire métropolitain, en Nouvelle-Calédonie, au Costa Rica, aux Philippines, en Colombie, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, etc. », liste le dirigeant de l’entreprise.

A la question « Où trouve-t-on le plus de Nosmoke ? », Luc Jaguelin répond immédiatement : « A Nouméa ! ». Il justifie : « Là-bas, elles sont exploitées par l’agence de location Nouméa Beach Car qui les propose aux croisiéristes australiens et néo-zélandais. Des visites guidées sont programmées avec des colonnes de Nosmoke qui se suivent ».

Notre interlocuteur se réjouit : « Nos clients et les utilisateurs de notre voiture électrique sont satisfaits à 100% ».

Métropole

« En France métropolitaine, les Nosmoke sont utilisées dans des villages de vacances, des stations de tourisme, des châteaux de plusieurs vignobles y compris de grands crus, des hôtels de luxe 5 étoiles sur la Côte-d’Azur, Monaco, dans le Sud-Ouest, etc. Quelques personnalités (chanteurs, animateurs d’émissions télévisées, etc.) ont une Nosmoke », nous confie Luc Jaguelin qui préfère ne pas citer de noms afin de préserver la quiétude des artistes concernés.

« Des exemplaires de notre voiture électrique servent pour différentes manifestations. Ainsi en 2017, 2018 et 2019 pour les 24 Heures du Mans. La première année, l’écurie Porsche a même eu recours à notre Nosmoke », ajoute-t-il, en choisissant le plus emblématique des événements.

A partir de 17.990 euros TTC

Quadricycle électrique qu’il est possible de conduite à partir de 16 ans avec le permis B1, ou le classique permis B après 18 ans, la Nosmoke est dotée d’une vitesse maximale de 90 km/h.

Elle existe en 2 chimies de batterie 96 V 120 Ah : Plomb ou lithium. Pour des grilles tarifaires qui démarrent respectivement à 17.990 et 22.500 euros TTC batteries incluses, les caractéristiques de l’engin diffèrent. A noter que le constructeur propose aussi des formules en LLD.

Avec le pack plomb/gel d’une durée de vie de 3 à 4 ans, l’autonomie est d’environ 70 kilomètres. Elle est presque doublée – 130 km – avec les cellules lithium créditées d’une longévité de 5 à 7 ans. Dans tous les cas, la Nosmoke reçoit un moteur électrique d’une puissance de 10 kW.

Pour faire simple, et rester dans un poids raisonnable de 521 kilos hors batterie, le véhicule se recharge sur une prise domestique 16 A en 7 heures. La version lithium est équipée d’un appareil qui permet de retrouver 80% de capacité en 2 heures, et, en option, en 30 minutes (11 kW de puissance).

SAV assuré

Nosmoke n’a pas de réseau de revendeurs. « Les ouvriers livrent directement au client la voiture qu’il a commandée », commente Luc Jaguelin. La vente directe avec la clientèle permet de maîtriser les prix de vente pour un véhicule fabriqué en France, de façon artisanale, avec un personnel qualifié.

Et pour le SAV ? « Nous demandons au client de se rapprocher de son garagiste habituel. Nous pouvons livrer en 24 heures ouvrées à ce dernier les pièces nécessaires. Si la réparation à lieu dans le cadre de la garantie, nous réglons directement ce professionnel pour le temps qu’il aura passé à effectuer la réparation », détaille le président de Nosmoke.

La Nosmoke se veut un quadricycle haut de gamme, fabriquée à la demande, selon la configuration de couleurs (configurateur en ligne) et d’accessoires choisie par chaque acquéreur. « Au salon Rétromobile, par exemple, un visiteur suisse et propriétaire de yacht nous a demandé d’étudier la possibilité d’ajouter 4 points d’ancrage à la voiture afin de la hisser sur le pont du bateau avec une grue. Nous pensons déjà que ce sera possible et allons réfléchir à la meilleure configuration », illustre-t-il.

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Luc Jaguelin pour son excellent accueil sur le stand de son entreprise à Rétromobile et le temps qu’il a pris à répondre à nos questions. Nous prévoyons d’effectuer un reportage sur la fabrication de cette voiture électrique en nous rendant dans quelques semaines à l’usine de Cerizay.