Les Formule E représentent aujourd’hui le pinacle de la voiture électrique. Bien que le développement profite à nos voitures de série, il fallait une catégorie intermédiaire. Nous avons ainsi découvert le Jaguar I-Pace eTrophy, dont les voitures sont proche de la série, enfin presque.

Une épreuve de Formule E ne vient plus seulement qu’avec ses monoplaces. Depuis cette saison 5, une nouvelle compétition monotype a rejoint le programme. Le Jaguar I-Pace eTrophy se joue sur le même circuit urbain tracé pour l’occasion de l’ePrix. Mais si les voitures sont d’apparence très similaires à la série, de près, c’est un monde à part.



C’est quoi une I-PACE eTrophy ?

Prenez une Jaguar I-Pace, gardez la carrosserie, la batterie, les moteurs, et c’est tout. Le raccourci est brutal, mais c’est en résumé ce que la version de course propose par rapport à sa cousine de série. D’extérieur, la voiture garde donc son allure mais avec toutefois une caisse rabaissée. En revanche, tout est totalement modifié à l’intérieur. Pour des raisons de sécurité et de conformité FIA, une structure tubulaire vient renforcer la rigidité de la voiture. Il ne reste en parallèle qu’un siège pilote côté gauche, un volant et quelques commandes hors du volant.

Mais n’allez pas croire que le SUV de course est devenu un poids plume. Du fait de batteries similaires à celles de la série, l’I-Pace eTrophy tourne à environ 2 tonnes sur la balance ! Les moteurs sont eux inchangés, soit 400 ch de puissance (294 kW) et 700 Nm de couple, histoire de rentabiliser et d’économiser du développement. Les éléments tels que la transmission, les suspensions et les freins sont adaptés au poids important afin de contenir les mouvements de caisses en courbes et freinages. L’électronique est elle issue de la Formule E de l’équipe Jaguar Racing.

4 pneus pour un weekend !

Quant aux pneus, cela va vous paraître hallucinant. Un seul train de pneu est confié par voiture, et ce pour les deux jours de l’ePrix ! On est loin des 52 pneus d’une F1 par weekend… En cas de crevaison ou d’incident, des pneus additionnels sont prévus, mais usés. Il faut ainsi chouchouter sa monture… Cela en raison du budget, mais aussi pour une question d’efficience nous indique l’ingénieur Jaguar.

Ce dernier nous précise par ailleurs que la marque profite de cette compétition pour éprouver sa technologie électrique. C’est le département sport SV qui est chargé des voitures, et fait ainsi redescendre les informations collectées au constructeur. On imagine sans peine que ces données sont réutilisées pour améliorer l’efficience ou le dynamisme des prochaines versions de l’I-Pace.

La recharge n’est pas non plus un problème, puisque les essais, qualifications ou la course ne dépassent pas 25 minutes. Bien que la consommation soit plus élevée qu’une Formule E, la batterie de 90 kWh tient largement. Elle est rechargée à chaque sortie d’épreuve.

Les bornes ABB sont par ailleurs dérivées de celles utilisés par les particuliers, avec une puissance de 50 kW maximum. Une puissance dérisoire me direz-vous pour un monstre de course que ces I-Pace, mais les modules sont adaptés au transport par avion et donc à taille réduite, ce qu’une borne 350 kW n’est pas capable de tenir.

Même de l’e-Village, on voit passer de près les Jaguar

Pour le spectateur, une expérience unique

Sur la piste, les Jaguar donnent véritablement aux spectateurs une expérience différente des autres sports mécaniques. Alors que les Formule E émettent un sifflement très prononcé, les Jaguar sont quasiment inaudibles. Enfin du point de vue moteur, car on entend très bien ces machines de 2 tonnes passer. Justement, c’est l’occasion d’écouter le travail des pneus en virage, des freins sifflant à chaque courbe, et même des bruits de caisses sur les vibreurs.



Bien que peu de pièces de rechanges soient embarquées sur chaque ePrix, les pilotes ne ménagent pas leurs bolides. Ce fut le cas à Paris, avec des batailles acharnées et une conduite sous des trombes d’eau pendant la course. L’absence de bruit moteur a permis d’accentuer les contacts violents avec le mur ou entre rivaux. Et impossible pour un pilote de cacher que sa voiture possède un bouclier raclant au sol, cela s’entend à 200 mètres…

Pour conclure, sachez que les Jaguar I-Pace pourraient de pas être les seules « autres » voitures d’un ePrix de Formule E à l’avenir. Le directeur de la communication de la compétition nous a avoué que le programme est appelé à évoluer, avec d’autres disciplines. Lesquelles ? Seul l’avenir nous le dira.