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Voitures électriques à batterie ou à pile hydrogène, gaz naturel, éthanol et autres biocarburants : le cabinet de conseil Carbone 4 a comparé les émissions sur le cycle de vie des véhicules afin de déterminer les meilleures solutions pour lutter contre le réchauffement climatique dû aux transports.
Pour effectuer ses simulations, le cabinet de conseil indépendant spécialisé dans la stratégie bas carbone et l’adaptation au changement climatique a intégré les progrès technologiques qui vont modifier la donne à plusieurs niveaux. Tout d’abord afin de disposer d’une énergie plus propre.
Par exemple en incorporant davantage de biocarburants dans l’essence (SPE20, exploitation de la paille de blé) et le gazole (B10, arrivée des déchets-résidus), en bénéficiant d’un mix énergétique plus vert pour la recharge des batteries des véhicules électriques et l’électrolyse de l’hydrogène, en diversifiant les produits à méthaniser pour obtenir du biogaz et en ajouter une part grandissante dans le GNV.
Carbone 4 part également du principe que l’hybridation se généralisera, y compris sur les citadines fonctionnant au gaz naturel. Il en découlera des consommations sensiblement en baisse pour toutes les motorisations thermiques.

Aussi bien pour les citadines de segment B que les berlines de catégorie D, le bioGNV apparaît comme l’énergie la plus susceptible de réduire les gaz à effet de serre.
Aujourd’hui obtenu à 96 % de la méthanisation des déchets agricoles et de l’élevage, il s’appuiera progressivement sur une part de plus en plus importante de boues des stations d’épuration (15 % en 2050) et d’autres biodéchets (15 % également). Bien qu’il soit déjà possible dans un bon nombre de stations dédiées d’obtenir du bioGNV, c’est encore aujourd’hui le GNV classique qui est le plus utilisé par les automobilistes. Ce dernier contient toutefois déjà une légère proportion de biogaz, avec une projection d’incorporation de plus en plus élevée.
Dans la situation la plus vertueuse, les émissions pourraient chuter de 225 gCO2e/kWh (GNV) à 40 g (bioGNV pur).

Grâce à l’hybridation, la consommation des citadines baisserait de 4,4 à 3,3 kg de gaz naturel aux 100 km, et celle des berlines de 5,8 à 4,3 kg.
Actuellement, l’empreinte carbone des voitures particulières de segment B fonctionnant au bioGNV est la plus basse : 71 g CO2e/km, contre 81 g pour l’électrique avec le mix énergétique du réseau pourtant avantageux dans l’Hexagone (112 g selon le mix européen, 150 g en Pologne), 170 g pour le GNV, 172 g pour l’éthanol, 180 g pour les hybrides rechargeables, et 222 g pour les moteurs essence. Pas de valeur pour le gazole très en retrait sur cette catégorie de VP, ni sur l’hydrogène qui ne s’y intéresse pas encore.
La projection vers 2030 montre que l’écart s’accentuerait entre les modèles alimentés au bioGNV dont l’empreinte carbone s’améliorerait, et les électriques dont les progrès technologiques seraient gommés par des batteries de plus forte capacité à l’impact CO2 alourdi.

Les berlines alimentées au biogaz ressortent également comme les moins émissives (76 gCO2e/km), bien que talonnées par les électriques à batterie (80 g) et celles embarquant une PAC et recevant exclusivement de l’hydrogène vert (86 g). À défaut, l’empreinte carbone de ces dernières grimperait à 112 g.
En bas du tableau, le gazole (271 g), les hybrides rechargeables (216 g) et le GNV (210 g) sont bien plus émissifs.
Dix ans après, le bioGNV resterait la meilleure solution pour minimiser le poids carbone de ses déplacements en berline, sans toutefois creuser l’écart avec l’hydrogène vert qui se placerait en alternative plus que satisfaisante.

Grâce à un mix énergétique peu carboné en France, les citadines et les berlines électriques à batterie ou à hydrogène ressortent également des calculs de Carbone 4 comme d’excellentes solutions pour réduire les gaz à effet de serre émis en se déplaçant avec des voitures particulières.
Pour les autres pays d’Europe, la situation est différente. Les véhicules électriques classiques restent mieux classés que les modèles essence ou diesel, même lorsque ces derniers sont équipés d’un système d’hybridation rechargeable.
Ce n’est plus le cas avec les déclinaisons fonctionnant avec une pile à combustible. À moins de les ravitailler en énergie dans une station fournissant de l’hydrogène vert, leur impact CO2 est déplorable, très supérieur à celui des blocs diesel. Ce dernier est crédité de 271 g CO2e/km, contre 312 g en moyenne pour l’hydrogène en Europe, et 426 g en Allemagne.
Par ailleurs, le cabinet de conseil dissuade d’exploiter le biogaz pour créer de l’hydrogène, contrariant ainsi quelques projets de ce type. La raison ? Une hausse importante pour la France des émissions de CO2 : 109 g CO2e/km pour de l’hydrogène obtenu de biogaz en alimentation d’une berline de segment D, contre 86 g pour de l’hydrogène vert par électrolyse, et 76 g en roulant au bioGNV. Autant faire fonctionner directement les véhicules avec ce produit !

À la lecture des premières pages de cette étude, il serait tentant d’envisager le bioGNV comme énergie alternative unique ou majoritaire avec les voitures particulières. Une projection que ne fait surtout pas Carbone 4.
En se référant à la stratégie nationale bas carbone, les 40 TWh de gaz renouvelable pour les transports serait consommés par 12 % de poids lourds convertis au gaz naturel, soit 130 000 camions, autocars et autobus. En alignant les chiffres sur les ambitions européennes, ce sont 25 % de ces véhicules qui pourraient fonctionner avec ce produit.
Au final, le cabinet de conseil semble en substance s’accorder sur les autres études : privilégier le bioGNV pour les véhicules lourds, décarboner les voitures particulières avec des modèles électriques, et, si l’on veut faire de l’hydrogène une solution efficace, il est impératif de l’associer à une électrolyse exploitant des sources renouvelables.

Carbone 4 estime que l’incorporation de biocarburants dans l’essence et le gazole ne permet qu’une diminution anecdotique de l’empreinte carbone. Même en les utilisant purs, par exemple avec du HVO100 ou du bioéthanol, le gain ne serait que de 20-25 % en comptant le changement d’affectation des terres agricoles.
Face à ces produits, le choix du bioGNV, de l’électricité et de l’hydrogène compte d’autres bénéfices : externalisation positive grâce aux émissions évitées sur les filières agricoles et le traitement des déchets pour le biogaz, aide au pilotage des réseaux électriques (V2G) privilégié par le développement de la mobilité électrique à batterie, et gestion de l’intermittence des énergies renouvelables avec l’hydrogène. Ces 2 dernières solutions permettent en outre de lutter efficacement contre la pollution de l’air et le bruit.
Sans trop forcer sur cet exercice, l’étude ouvre la réflexion à la recherche d’une certaine sobriété (allégement du poids des véhicules, durée d’utilisation plus longue, batteries moins encombrantes, etc.). Les projections apparaissent prometteuses.

Source : Etude Carbone 4
Philippe SCHWOERER
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J'ai fait une erreur grossière dans mon post précédent.
En réalité, un VEH emporte 5 à 6 KILOS d'hydrogène, et non pas 5 à 6 litres.
Ça change pas mal les calculs.
Sur le site de Air Liquide :
https://energies.airliquide.com/fr/mediatheque-planete-hydrogene/comment-stocker-lhydrogene
on peut lire ceci :
«Ainsi, à 700 bar, l’hydrogène possède une masse volumique de 42 kg/m3 contre 0.090 kg/m3 à pression et température normales. À cette pression, on peut stocker 5 kg d’hydrogène dans un réservoir de 125 litres.»
(Le réservoir fait 125 litres, et pas 6 litres).
5 kg d'hydrogène à 700 bars représentent 5 / 0,09 = environ 55 m3 d'hydrogène à pression atmosphérique.
(pour faire simple : 1 kg de H2 à 700 bars ⇒ 11 m3 d'H2 à pression atmosphérique).
Dans le premier post j'avais donc fait une erreur d'un facteur 10.
J'avais ensuite écrit :
«Il ya donc largement assez pour que ça mette le feu à la maison, et avec un peu de malchance, juste assez pour la faire exploser.»
En réalité, le volume d'hydrogène contenu dans un réservoir de VEH est bien supérieur au volume même d'un garage de particulier.
Bien entendu, comme l'affirme Boris, qui ne nie d'ailleurs pas qu'il puisse y avoir fuite d'H2, et qui se réclame de la loi de la thermodynamique «toussa», du nom d'un physicien très connu : « Elle est vraiment pas très très gentille cette molécule de faire exprès de se concentrer là, quel mauvais esprit de sa part.»
C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il n' y a JAMAIS d'explosion due à une fuite de gaz domestique, pourtant stocké à pression bien inférieure.
On peut toujours tout nier.
En fait, en dehors de personnaliser la molécule d'hydrogène, ce qui est absurde c'est de mettre au rang du risque acceptable :
– l'accident en Norvège à Sandvika ;
– les 2 accidents de Californie ;
– l'accident de Corée du Sud en mai 2018 : 6 blessés, 2 morts et un pâté de maisons ravagé ;
alors que les sites de distribution d'hydrogène pour véhicules sont extrêmement peu nombreux.
Je ne dis pas que rien n'est fait pour sécuriser les installations, mais nier la réalité des chiffres et des événements est une faute intellectuelle.
Cette page indique que Tesla pourrait atteindre des valeurs autour de 61 gCO2 / kWh pour la fabrication des batteries, l'étude Carbone 4 considère 80 en 2030.
https://www.carbonbrief.org/factcheck-how-electric-vehicles-help-to-tackle-climate-change
Ceci sans considérer l'effet de possibles percées technologiques (évidemment non prévisibles dans un tel contexte), tel que le sodium ion (en préindustrialisation, n'utilise ni cobalt, ni lithium), le potassium-ion, ou metal-air, qui demanderait nettement moins de matériaux à capacité égales.
De plus on reste sur l'habituel 150 000 km de cycle de vie, alors que LG et un constructeur Chinois ont annoncé plus de 1 million de miles de durée de vie sur les batteries à court terme (et des possesseurs de Tesla ont déjà des chiffres élevés avec les batteries actuelles). Plus on raccourcit la distance, plus on favorise les véhicules thermiques, plus on l'allonge et plus les émissions initiales de la batterie sont rentabilisées (moins d'émission au km).
On pourrait envisager qu'un conducteur achète une batterie quand il est jeune et la repasse de véhicule en véhicule quand ceux ci-vieillissent. Mais il est vrai que cela suppose aussi une bonne tenue dans le temps de la batterie, pas seulement en kilométrage.
Concernant les particules émises par les pneus, dépendant donc essentiellement de la masse,
poids moyen d'un véhicule en France : 1240 kg
Poids de la Twingo ZE : 1111 kg
Poids de la Dacia Spring : 921 kg
A noter que la batterie de la Twingo ZE a pratiquement la même capacité que celle de la Zoe originelle de 2013, mais pèse 165 kg au lieu des 290 d'origine. En huit ans entre les deux mises sur le marché, on a perdu 43% du poids de la batterie. Et si je compare la Dacia avec les 1450 kg de la Zoe, 36% de poids en moins sur l'ensemble du véhicule, avec une batterie de capacité plus élevée.
Ajoutant à cela qu'il y a très peu de particules émises par les freins puisque c'est essentiellement le moteur qui assure la fonction, et que la troisième source, à savoir la combustion du moteur, disparait complètement, le score est forcément meilleur, d'autant que les émissions de ces deux sources, bien que moins volumineuses, sont de nature plus dangereuse.
On ne peut poser des conclusions définitives sur le véhicule électrique en se basant sur l'état de l'art actuel, l'exemple de la batterie montre qu'il évolue très vite, ce qui justifie d'ailleurs de prendre des véhicules récents comme exemple. Bien entendu, si on se lance dans mes mêmes erreurs qu'en thermique (course à la puissance, au couple, à la taille et au surpoids, abandon de toute notion d'aérodynamisme), on aura les mêmes mauvais résultats.