collectif-mia

Baptisée Friendly devant le berceau de son prototype conçu par Heuliez, la citadine électrique Mia a vécu une histoire tourmentée. Mais sa bonne bouille et ses qualités l’ont finalement rendue si attachante pour la majorité de ses utilisateurs quotidiens que les perspectives d’un avenir pour elle existent bel et bien.

Automobile Propre a interrogé Céline Cédelle, à l’origine de la création du Collectif M.I.A. (Miaistes, Inspirons l’Avenir). Objectif de l’association : continuer à faire rouler le plus possible de Mia, quitte à redémarrer celles qui s’apprêtaient à dormir définitivement derrière les bâtiments d’une grande surface ou sur un vague terrain dépendant d’une quelconque collectivité. Second rôle : animer la communauté des utilisateurs.

Sortie de Scénic !

Lorsque Céline Cédelle a décidé de lâcher son Renault Scénic diesel pour passer à l’électrique, le superbonus n’existait pas encore. Nous étions en 2011 ! Très engagé dans l’électromobilé, c’est son frère Antoine, pionnier connu et apprécié du monde des VE, qui a incité la jeune Charentaise à s’intéresser, entre autres, à la Mia. Réparation ? Entretrien ? Ce n’est pas un problème pour le frangin. « Ta bagnole, on se débrouillera toujours pour la faire rouler ! », lui a-t-il promis lorsque les difficultés se sont succédées sur les toitures de l’usine Mia Electric. Céline Cédelle est fière d’avoir déjà parcouru plus de 75.000 kilomètres avec son engin qu’elle trouve « super pratique et logeable ». Avec cette voiture, « on ne se prend pas la tête ! ».

8 et 12 kWh

Entre les versions qui se distinguent par la batterie (8 ou 12 kWh), Céline Cédelle reconnaît qu’il existe une différence de taille. Rares sont les Mia 8 kWh à ne pas avoir connu de problèmes. A moins d’avoir déjà été modifiées par le constructeur aujourd’hui disparu, elles ont été ou sont toujours immobilisées, du fait d’un BMS moins respectueux d’un pack lui-même plus délicat. « Une solution est en cours d’élaboration avec des professionnels », modère Céline qui invite tous les utilisateurs de la citadine branchée produite à Cerisay (79) à se faire connaître du Collectif M.I.A. (Miaistes, Inspirons l’Avenir), voire mieux, à y adhérer. Une démarche rendue impérative pour disposer d’un accès aux stocks de pièces détachées et ouvrir les portes des industriels prêts à s’investir pour la cause. « Les utilisateurs actuels de la version 12 kWh, référencés par le collectif, sont tous très satisfaits de leur voiture », poursuit la fondatrice de l’association créée officiellement fin mars 2015.

Des professionnels à l’écoute

La société GoElectrix est connue des Miaistes pour avoir racheté aux enchères, lors de la première phase de liquidation du constructeur des Deux-Sèvres, un stock de pièces détachées et un lot de carrosseries. Basée à Valbonne, dans les Alpes-Maritimes, « elle est donc en mesure de réparer, entretenir et vendre des Mia », assure Céline Cédelle. Des activités que l’entreprise exerce avec une grande motivation, puisqu’elle y voit un marché intéressant. Une aubaine, en quelque sorte, pour ceux qui espèrent rouler le plus longtemps possible avec la belle électrique ! Mais il n’y a pas que GoElectrix dans le paysage. Quelques industriels d’envergure s’intéressent aussi au marché de la Mia, et proposent déjà des solutions, notamment pour fiabiliser les modèles à batteries 8 kWh. Nous ne les citerons pas, pour préserver l’anonymat qu’ils souhaitent encore entretenir, visiblement refroidis par quelques pratiques obscures constatées lors du démantèlement de Mia Electric. « Le respect de la propriété intellectuelle », c’est ce que préconise le collectif, qui est en lien avec d’anciens garagistes agréés.

Acheteur mystère en Allemagne

vente-mia

A la suite de la liquidation de Mia Electric, le plus gros des stocks est parti en Allemagne. « Qui est l’acheteur mystère ? », se demandent les membres fondateurs du collectif M.I.A. Une question qui n’a rien d’anodin, puisqu’il s’agit d’en connaître les motivations afin d’envisager une éventuelle collaboration. Compte-t-il produire à nouveau des Mia ? Va-t-il créer un réseau de distribution des pièces détachées acquises ? « Les actuels utilisateurs de Mia ont-ils quelque chose à attendre de cet acquéreur encore anonyme ? », résume Céline. Si non, le collectif devra envisager de prendre encore un peu plus en main les process qui permettront aux voitures concernées de rouler encore longtemps, imposant certainement quelques investissements. Elle lance un appel : « Je souhaiterais que cet acheteur mystère nous contacte, officiellement ou discrètement, à l’adresse [email protected] ».

2+1 au Tour VE Poitou-Charentes

Le collectif qui compte actuellement une cinquantaine de membres, dont un Hollandais, et sans doute tout prochainement un Anglais, n’a pas comme unique vocation de trouver comment dépanner les Mia immobilisées. En engageant 2 exemplaires de l’engin au Tour VE Poitou-Charentes, l’association tient à témoigner que ces engins sont aussi des véhicules fiables. Vous en doutez ? Interrogez Vincent qui, pour un usage médical professionnel, a déjà fait avaler à la sienne plus de 140.000 kilomètres et va entamer son cinquième hiver avec ! Autre adhérent très engagé, celui qui compte participer au rallye en concurrent particulier.

Un recensement à effectuer

Céline Cédelle demande à tous les utilisateurs de Mia de se faire connaître. Elle comprend que certains d’entre eux puissent être rebutés par un contact direct avec le collectif. C’est pourquoi elle exploite depuis des mois le forum www.vehiculeselectriques.fr. Grâce à un post dédié, ce sont désormais 80 Mia qui ont été recensées, dont les utilisateurs ne sont plus isolés. Dernière arrivée à ce jour, une professionnelle dont l’employeur a confié l’usage de l’une de ces voitures branchées. Par cet inventaire arrivent aussi des témoignages qui permettent de mieux comprendre pourquoi certains sont si attachés à leur Mia, à l’image d’un utilisateur handicapé pour lequel descendre d’un véhicule par la gauche est un réel problème. L’engin, avec son siège conducteur implanté de façon isolée, en face du volant fixé au centre du tableau de bord, permet d’entrer et sortir aussi aisément des 2 côtés. Une facilité par ailleurs appréciée de quelques facteurs belges !

Une communauté à animer

Si le collectif est devenu en quelques mois un intermédiaire incontournable au service des utilisateurs de Mia, contacté spontanément par quelques professionnels au rôle stratégique, c’est parce qu’il n’est pas du style à entretenir les polémiques. La structure s’est d’ailleurs fixé un rôle plus ludique : animer cette communauté d’automobilistes un peu à part, qui vouent quasiment à leur machine électrique un culte a priori mérité. A ce sujet, Céline Cédelle fourmille d’idées : « site Internet, délégation régionale, rencontres pour parler des Mia et du plaisir qu’elles procurent sur la route, concours photos, réalisation de petits objets à commercialiser, défis… ». Sur le mot « défi », la fondatrice du collectif en lance un avec malice à Benoit Kayser qui écume le présent blog : « Réaliser une Mia en Légo » !

Un dernier appel

Avec la venue de nouveaux adhérents, Céline espère diversifier les talents qui se mettent à disposition du collectif. Développeur Web, même amateur, et as de la communication, par exemple, aideront à faire avancer la cause des utilisateurs inconditionnels des Mia. Pour participer à l’aventure de la citadine de Cerisay, écrivez à l’adresse de messagerie [email protected]

À la découverte du collectif pour rouler en Mia aujourd’hui
5 (100%) 1 vote