Anticipant la diminution progressive des bonus gouvernementaux, le groupe tricolore souhaite faire de la baisse des coûts une priorité de son offensive électrique.

« L’abordabilité sera le défi des cinq prochaines années en termes de coûts », a déclaré le patron du groupe tricolore lors d’une interview accordée au Financial Times. Pour Carlos Tavares, il s’agit de parvenir à se passer des aides financières, aujourd’hui indispensables pour garantir l’équilibre entre véhicule thermique et électrique.

En France, les voitures électriques bénéficient aujourd’hui d’un bonus allant jusqu’à 7000 € pouvant être complété par une prime à la conversion de 5000 €, soit 12.000 € au total. « C’est l’écart que nous devons combler si nous voulons offrir cela au plus grand nombre possible de citoyens. Cela signifie que toutes sortes de réductions de coûts doivent être abordées pour faire face à ce défi », a déclaré Carlos Tavares.

Des économies à tous les niveaux

Si la baisse des prix des différents composants, et en premier lieu des batteries, reste une priorité, PSA envisage également d’autres leviers pour réduire ses coûts fixes. Dans le domaine immobilier, le groupe a déjà déménagé son siège, abandonnant son site historique, avenue de la Grande Armée, pour la périphérie parisienne. Avec la crise du Covid et le développement du télétravail, le groupe compte continuer à réduire son empreinte immobilière. « Cela représentera un avantage pour les employés. Ils dépenseront moins d’argent en transport et auront un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée » estime Tavares.

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Des économies substantielles qui permettront au constructeur de faire face aux investissements conséquents liés au développement de son offre électrique et hybride. Une déclaration qui intervient au lendemain de la présentation des résultats trimestriels du groupe, un événement au cours duquel PSA a annoncé le lancement d’une nouvelle plateforme, eVMP, destinée à équiper les véhicules électriques des segments C et D.

Avis de l'auteur

Si elle est en constante augmentation, la voiture électrique reste un marché « perfusé » et fortement dépendant des aides de l’état. Avec des ventes toujours plus nombreuses, le montant des aides publiques ne cesse d’augmenter. Censée être compensée par le mécanisme du malus, cette enveloppe n’est pas infinie et l’Etat a d’ores et déjà prévu de la réduire. Fin 2019, le ministère de l’écologie annonçait déjà une diminution progressive des aides allouées, évoquant un bonus écologique réduit à 5000 euros et 2021 et à 4000 euros en 2022. Si le prochain projet loi de finances et le décret associés permettront de valider ces nouveaux montants, la trajectoire s’oriente bien vers une baisse progressive des aides octroyées

Pour les constructeurs, qui doivent en plus jongler avec des dispositifs variables d’un pays à l’autre, la stratégie n’est pas évidente. Il s’agit à la fois de parvenir à proposer des voitures toujours plus performantes, notamment en matière d’autonomie, tout en engageant une importante baisse des coûts pour arriver à se passer au plus vite d’aides gouvernementales vouées à disparaître. La marge de manoeuvre n’est pas large…


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