Vous la trouvez comment cette BMW i3 ?

La répétition est une vertue de base de la pédagogie. Victime d’un manque de pédagogie évident doublé d’un certain refus de changer d’époque, le véhicule électrique continue de faire les frais d’un nombre incroyable d’idées reçues et de contre-vérités en tout genre. Il faut donc faire preuve de patience et continuer à expliquer pourquoi il constitue un passage obligé pour le futur proche.

I. Sortir du déni pétrolier

Avant de s’intéresser aux atouts du véhicule électrique, il faut déjà commencer par franchir une étape difficile et pourtant nécessaire : sortir du déni pétrolier.

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Plutôt que de s’émerveiller devant les valeurs de consommation conventionnelle complètement bidons des dernières nouveautés essence ou diesel qui constituent le gros des ventes de voitures neuves, le bon réflexe serait de s’interroger sur la provenance et surtout le bilan environnemental du pétrole de plus en plus lourd qui remplira les réservoirs de ces belles autos pour les 15 prochaines années.

Un exercice intellectuel difficile qui aboutit à une conclusion qui l’est encore plus : même légèrement hybridée, l’auto à pétrole est condamnée a être de plus en plus sale compte tenu de la part croissante des pétroles non conventionnels dans l’approvisionnement énergétique mondial. Déjà aujourd’hui, d’un strict point de vue énergétique, i.e. hors émission de polluants minoritaires (PM, NOx, HC…), une Peugeot 208 diesel a un impact énergétique global supérieur à celui d’une 205 diesel qui sillonnait la France il y a 25 ans. C’est triste mais c’est pourtant la vérité. Et la situation n’ira qu’en empirant sauf à admettre l’idée qu’une rupture technologique s’impose pour enrayer cette course effrénée au toujours plus de pétrole.

II. Changer d’époque

Face à cette sombre réalité, il y a fort heureusement des opportunités que nous pouvons encore saisir pour peu que nous le décidions tous ensemble, avant qu’il ne soit trop tard.

C’est par exemple le cas avec le VE qui malgré ses faiblesses et ses limites actuelles dispose d’un atout majeur comparativement à l’auto à pétrole : pouvoir tirer partie de multiples sources d’énergie  pour recharger sa batterie. Avec une mention particulière pour l’énergie solaire, disponible partout à des prix de plus en plus compétitifs. A l’instar du véhicule électrique, l’énergie solaire a aussi ses faiblesses et ses limites. Par chance, intelligemment couplée au véhicule électrique, il se trouve qu’une partie de ses faiblesses disparaissent pour devenir une réelle opportunité pour les territoires.

Déjà aujourd’hui, parcourir 100 km au volant d’un véhicule électrique rechargé à l’énergie solaire photovoltaïque ne coute pas plus cher que de parcourir la même distance au volant d’une voiture à pétrole qui bénéficierait d’une exonération totale de taxe. Et ça, il est urgent de le dire et de le répéter à qui veut bien l’entendre.

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L’effet Swanson : Prix des cellules photovoltaïques en silicium polycristallin, $/watt

 

Chute du prix des projets d'installation de panneaux solaires

Chute du prix des projets d’installation de panneaux solaires

Et le meilleur reste à venir : avec un objectif de 6 c€/ kWh à l’horizon 2020/2025, l’énergie solaire pourrait très vite s’imposer comme l’énergie de la mobilité individuelle motorisée du XXIème siècle !

III. Remettre l’auto à pétrole à sa place

Faut-il en déduire que l’automobile à pétrole est condamnée ? A long terme, probablement que oui. Pour les deux prochaines décennies en revanche, elle va continuer à jouer un rôle majeur partout où sa présence aura encore du sens. Correctement hybridée, elle pourra même continuer à pénétrer occasionnellement les centres-villes et limiter ainsi significativement les rejets polluants comme le fait depuis 10 ans déjà une certaine Prius. On se souviendra alors avec tristesse et désolation, de cette époque où les automobiles à pétrole, quelque soient leur âge et leur motorisation, pouvaient circuler en toute impunité à l’intérieur des grands centres urbains, y compris lors des pics de pollution aux particules fines…

Pour rouler sur autoroute et/ou sur longues distances en revanche, il fait peu de doutes que le moteur thermique associé à son précieux réservoir à carburant continuera à propulser des familles entières sur la route des vacances. Même dans l’hypothèse d’une percée des piles à combustibles alimentées par de l’H2 issu de sources renouvelables, le moteur à pétrole conservera un avantage économique à la pompe, y compris à 150 $ le baril de brut.

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IV. L’électrique à prolongateur d’autonomie : la solution ultime ?

Une solution technologique qu’il va falloir surveiller de très près dans les prochaines années, c’est l’électrique à prolongateur d’autonomie. Y compris, le jour où la France et l’Europe seront correctement pourvus en infrastructures de charge rapides.

Avec un prolongateur d’autonomie ultra compact et très bon marché, un véhicule électrique à batterie, aussi abouti soit-il, gagne en polyvalence et en souplesse d’utilisation. Les heureux propriétaires de Chevrolet Volt et de BMW i3 équipée de l’option prolongateur d’autonomie le confirmeront tous, sans exception.

Les ingénieurs de chez Toyota travaillent actuellement à la mise au point d’un générateur à piston libre. Une solution technique très intéressante en tant que prolongateur d’autonomie car bien plus compacte et bon marché qu’un moteur alternatif à combustion interne doté des derniers artifices technologiques visant à accroitre son rendement et son efficacité. A l’opposé ou presque ce qui anime encore aujourd’hui les ingénieurs motoristes, le générateur à piston libre illustre à sa manière, le changement d’époque que nous sommes en train de vivre. toyota-free-piston Faire mieux avec moins : telle est la devise qui doit désormais animer tous les bons ingénieurs dans quelque domaine qui soit. L’industrie automobile en fait évidemment partie.

Vive le futur sobre et intelligent !

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