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On a visité l’une des plus grandes usines de scooters électriques au monde

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À Changzhou, à environ trois heures de route de Shanghai, le gigantisme industriel chinois prend tout son sens. C’est ici que le fabricant de scooters électriques Niu nous a ouvert les portes de son site de production. Une immersion rare dans une usine capable de produire plusieurs milliers de scooters électriques par jour.

Si la Chine est devenue en quelques années le nouvel épicentre de la voiture électrique, elle a développé bien plus tôt une expertise dans le deux-roues électrique. Shanghai, Pékin, Shenzhen… dans les principales villes du pays, l’électrique règne en maître depuis plus de dix ans. Cette transition massive repose à la fois sur des politiques publiques et sur l’émergence de nouveaux acteurs spécialisés. Parmi eux, Niu s’est imposé comme l’un des constructeurs les plus visibles, aux côtés de Yadea, TAILG, Segway ou AIMA.

Un constructeur issu de la tech

Fondée en 2014 par d’anciens cadres de la tech, dont un ex-CTO de Baidu, le Google chinois, Niu ne suit pas les codes des constructeurs traditionnels. Dès ses débuts, la marque mise sur le scooter électrique connecté. Une approche inspirée des entreprises technologiques plutôt que de l’industrie classique.

Revendiquant un positionnement « premium » sur le marché chinois, la marque a déjà écoulé plusieurs millions de deux-roues électriques à travers le monde. Son offre s’étend de la trottinette à la moto, en passant par une large gamme de scooters électriques, avec ou sans permis.

Changzhou, cœur industriel du scooter électrique

Niu s’appuie sur une organisation en trois pôles. Le siège de Pékin pilote la stratégie et les ventes, tandis que Shanghai accueille les activités de design et d’innovation.

La marque a installé sa production à Changzhou. Située à environ trois heures au nord-ouest de Shanghai, la ville accueille le principal site industriel de la marque. Il est entièrement dédié à la fabrication des scooters électriques Niu, la marque ayant choisi de délocaliser la production de ses trottinettes au Cambodge pour s’affranchir des droits de douane américains.

Le choix de Changzhou n’est pas anodin. La région s’est imposée comme un véritable hub du deux-roues électrique. Autour de Niu gravitent de nombreux acteurs du secteur, comme Kymco ou Segway. D’autres fabricants, comme Vmoto, sont installés dans la ville voisine de Nanjing.

Résultat : un écosystème ultra-dense. Chaque composant — moteurs, batteries, carénages — est produit localement. L’assemblage se fait ensuite sur site. Un modèle qui optimise les coûts, les délais et la montée en cadence.

Une “super factory” aux dimensions hors normes

Le site que nous visitons impressionne d’emblée par son échelle. L’usine s’étend sur plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés et sa capacité ne cesse de croître. Avec une nouvelle extension actée en début d’année, son volume de production pourrait atteindre jusqu’à 3 millions de scooters par an.

Sur place, plusieurs milliers de personnes s’activent chaque jour. Selon les informations communiquées par la marque, entre 2 500 et 3 000 salariés y travaillent en rythme normal. En période de forte production, l’effectif dépasse les 5 000 employés. Tous travaillent dans une ambiance particulièrement sonore, entre machines en fonctionnement et bruits de klaxon. À pleine cadence, jusqu’à 9 000 scooters sortent quotidiennement des lignes.

À l’intérieur, l’organisation repose sur plusieurs lignes de production distinctes. Sur l’un des sites que nous avons pu visiter, trois chaînes principales coexistent, chacune dédiée à différents types de modèles.

Certaines lignes produisent des scooters destinés au marché européen, comme les Niu NQi ou les Niu FQiX. D’autres ciblent des modèles spécifiques au marché chinois. La marque présente ces modèles comme des “ebikes”. Une catégorie à part entière qui se limite à 25 km/h et 400 watts.

Contrairement à l’automobile, où une bonne partie de la chaine est automatisée, le processus d’assemblage reste largement manuel. Les scooters avancent sur des rails, chaque poste disposant des pièces nécessaires à portée de main. Les opérateurs n’ont qu’à se retourner pour récupérer les éléments et les monter.

L’organisation du travail est optimisée, avec une répartition relativement équilibrée entre hommes et femmes. L’usine dispose également d’une zone dédiée à la formation, où les nouveaux arrivants s’exercent sur des modèles de démonstration avant d’intégrer les lignes.

En bout de chaîne, chaque scooter passe par une phase de test complète. Freinage, suspensions, éclairage, klaxon… tous les éléments sont vérifiés manuellement. Les scooters sont ensuite dirigés vers une immense zone de stockage où des milliers d’unités attendent leur expédition.

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Europe : une montée en puissance mieux structurée

Si la majeure partie de la production de l’usine de Changzhou reste destinée au marché chinois — où Niu dispose déjà de plus de 4 500 points de vente et poursuit son expansion dans les villes de second rang (Tier 3 et 4) — le constructeur accorde une attention croissante à l’Europe. La marque y est présente depuis 2016.

Soyons honnêtes : les débuts de la marque sur le Vieux Continent n’ont pas été sans accrocs. Comme beaucoup de fabricants chinois, Niu avait initialement choisi de s’appuyer sur un importateur, l’autrichien KSR. Fragilisé financièrement, ce dernier a finalement cessé la distribution de la marque, contraignant le constructeur à revoir sa stratégie.

Après un passage à vide, Niu a décidé en 2023 de reprendre la main en créant sa propre filiale en France. À l’image de son concurrent Vmoto, le constructeur dispose de ses propres équipes françaises et européennes et s’appuie désormais sur un réseau de revendeurs structuré. Objectif : reprendre le contrôle de l’expérience client et sécuriser son développement à long terme, sans dépendre d’importateurs à la pérennité incertaine.

Amélioration du service, disponibilité des pièces, relation client et SAV… La stratégie Niu se veut désormais plus mature. Une démarche encore trop rare chez de nombreux acteurs chinois du scooter électrique, souvent davantage concentrés sur les volumes que sur un véritable ancrage local.

En bout de ligne, chaque scooter subit une panoplie de tests avant de rejoindre une vaste zone de stockage.

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Frédéric75010il y a 44 minutes

Comparaison osée, je roule souvent avec les Askoll, ils sont d'un autre temps. C'est comme comparer une Bluecar Autolib à une Byd ou un Vélib Smovengo à un vélo VanMoof ;)

CAC72il y a un jour

Je vous recommande plutôt les Askoll, pas de bugs et increvables (retours terrain de l'atelier à paris qui entretient une grande partie d'une flotte en autopartage). Ils sont beaucoup plus confortables (suspensions, grandes roues,...) et plus sécurisants (j'en ai essayé des tas avant de choisir).
Marque italienne, scooter entièrement fabriqué en italie, avec des cellules Samsung assemblées sur place.

Charlie_41il y a 2 jours

Bonjour l'équipe !
Il est surprenant de trouver ce reportage sur Automobile Propre et non sur Cleanrider : https://www.cleanrider.com/scooter-electrique/
Une raison particulière ?

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