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Usure des pneus : des particules retrouvées dans le lac d'Annecy, quels risques pour la santé ?

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La pollution causée par l’usure des pneus est un véritable fléau. On le savait grâce aux différentes études publiées sur le sujet, mais maintenant on le constate chez nous. Le lac d’Annecy serait sévèrement concerné par la pollution aux microplastiques issus des pneus.

Des particules issues de l’usure des pneus à Annecy

Longtemps considérée comme un problème lointain, la pollution liée à l’usure des pneus prend aujourd’hui une dimension très concrète. En effet, des analyses menées au printemps 2025 dans le lac d’Annecy montrent que ces particules microscopiques issues du frottement entre la route et les pneus se retrouvent dans l’eau, les sédiments, l’air ambiant et même dans l’organisme humain. Une situation d’autant plus préoccupante que le lac alimente en grande partie l’eau potable de l’agglomération.

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Les prélèvements ont été réalisés par des journalistes de France 5 sur plusieurs sites autour du lac, mais aussi dans l’environnement quotidien des habitants. Selon l’association France Nature Environnement, des traces de composés chimiques spécifiques aux pneus ont été détectées de manière quasi systématique.

Parmi les substances retrouvées, citons le 6PPD et son dérivé oxydé. Il s’agit d’un agent de conservation utilisé pour ralentir la dégradation de nos pneus. Sa toxicité sur les organismes aquatiques et les humains est bien connue. Ces molécules ont été retrouvées à des niveaux similaires à ce que l’on peut trouver dans des rivières au sud de la Chine. Autant dire que ce n’est pas une référence.

Des risques importants pour la santé ?

Ces particules proviennent de l’abrasion des pneus lors de la circulation automobile. Invisibles à l’œil nu, elles sont entraînées par les eaux de pluie, qui lessivent les routes avant de rejoindre directement le lac, faute de dispositifs de filtration adaptés. Autour d’Annecy, près de 40 km d’axes routiers très fréquentés encerclent le plan d’eau, avec un trafic quotidien estimé à plusieurs dizaines de milliers de véhicules. Pour Louise Tschanz, avocate associée à l’équipe de France 5, « c’est comparable au scandale des PFAS ».

Sur le plan sanitaire, les connaissances sont encore maigres, mais les signaux d’alerte s’accumulent. Une étude publiée par « Agir pour l’environnement » a permis de montrer que l’usure des pneus libère des centaines de molécules potentiellement dangereuses. Certaines sont associées à des risques graves par ingestion, inhalation ou simple contact cutané. Des traces ont également été retrouvées dans l’urine de volontaires ayant participé aux analyses, ce qui suggère une exposition directe de la population.

Aucune alerte sanitaire officielle n’a pour l’instant été déclenchée, mais les autorités locales reconnaissent la nécessité d’aller plus loin. La municipalité d’Annecy appelle à des « études complémentaires », notamment pour mieux évaluer l’impact à long terme de cette pollution sur les habitants et les écosystèmes du lac.

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