AccueilArticlesToutes les conditions ne sont pas encore réunies pour une véritable bascule vers la voiture électrique en France

Toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour une véritable bascule vers la voiture électrique en France

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Prise de recharge de la Hyundai Inster 2025
Prise de recharge de la Hyundai Inster 2025

Pour passer du thermique à l’électrique, il faut qu’un maximum de conditions soient réunies : le prix, les infrastructures, les technologies ou encore les politiques publiques. Dans un baromètre publié il y a quelques jours, BNP Paribas Mobility et l’Observatoire Société & Consommation apportent un éclairage intéressant sur l’évolution de la transition des particuliers vers la voiture électrique.

4,9/10, ça progresse !

Toutes les conditions sont-elles réunies pour que la transition vers la voiture électrique soit la plus naturelle possible ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les auteurs du rapport « Indicateurs de bascule vers la mobilité électrique » publié il y a quelques jours.

On découvre qu’en 2025, l’indicateur de transition pour les particuliers s’établit à 4,9/10, contre 4,6 un an plus tôt. Une progression modeste, qui traduit davantage une amélioration de l’environnement de l’électrique qu’un basculement massif des automobilistes. Dans le détail, les conditions d’usage s’améliorent, mais l’acte d’achat reste hésitant.

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Premier signal contrasté : l’adoption. Chez les particuliers, la part des voitures électriques dans les immatriculations neuves est passée de 23 à 20 % en un an (attention, elle est passée de 16,9 à 20 % tous segments confondus). Sur le marché de l’occasion, la voiture électrique ne représente encore que 3 % des transactions. Quant au parc roulant, il demeure très largement dominé par le thermique, avec un peu plus de 3 % de véhicules électriques en circulation.

Encore un problème de prix ?

On constate dans ce rapport que le principal verrou reste économique. Près d’un non-acheteur sur deux cite le prix comme premier frein. Si l’écart moyen de prix entre modèles électriques et thermiques tend à se réduire, il est encore assez important.

Pourtant, les aides publiques ont été revalorisées. La prime coup de pouce est plus généreuse que l’ancien bonus et le leasing social a été reconduit avec un meilleur ciblage des ménages modestes. Mais dans le contexte de pouvoir d’achat contraint que nous traversons, ces dispositifs n’effacent pas totalement le différentiel à l’achat. Le prix des voitures électriques est encore trop élevé pour une majorité de ménages.

Pour les bornes, c’est (presque) bon

Sur le plan des infrastructures, les signaux sont plus encourageants. La fiabilité des bornes ouvertes au public progresse : près de 7 points de recharge sur 10 sont désormais disponibles 99 % du temps. Les temps de recharge rapide diminuent également et tombent en moyenne à 22 minutes. En revanche, les copropriétés mettent (beaucoup) trop de temps à être équipées. C’est partout là que vit un Français sur deux.

C’est dans la tête !

Enfin, des freins psychologiques persistent. Seuls 38 % des Français estiment que la voiture électrique remplacera totalement le thermique à terme. Et l’autonomie fait toujours partie des sujets sensibles. En 2025, à peine 4 % des modèles peuvent permettre de faire au moins 500 km, un seuil « rassurant » pour les longs trajets.

Bref, cette légère progression de l’indicateur n’est pas encore le révélateur d’une transition à grande échelle. Les conditions techniques s’améliorent, les politiques publiques sont en place, mais le déclic massif chez les particuliers n’a pas encore eu lieu.

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