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Stellantis testait un service de batteries interchangeables sur la Fiat 500e. Un projet expérimental mené avec Free2move et Ample. Six mois seulement après le lancement de ce projet, le constructeur annonce un recentrage de ses activités et met déjà fin à l’échange de batteries.
Lancé officiellement en juin 2025 dans la capitale espagnole, le projet d’échange de batteries mené par Stellantis visait à réduire drastiquement le temps d’immobilisation des véhicules électriques pour la recharge en milieu urbain. Avec l’appui de sa filiale Free2move, Stellantis avait déployé une flotte de Fiat 500e adaptées à une batterie de traction amovible, développée par la start-up américaine Ample. En quelques minutes, un véhicule pouvait repartir avec une batterie pleine, sans passer par une borne classique.
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Silence lance son réseau d’échange de batterie en FranceMadrid avait été choisie comme terrain d’expérimentation en raison de sa politique volontariste en matière de mobilité électrique et de ses objectifs climatiques ambitieux. L’initiative se voulait expérimentale, avec une montée en charge progressive de la flotte, de 40 à une centaine de véhicules. Stellantis cherchait notamment à évaluer la pertinence du « battery swapping » pour des usages intensifs comme l’autopartage.
Mais six mois après son lancement, l’expérience s’arrête brutalement. Ample a été placée sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites selon Bondoro. Cette procédure marque logiquement la fin du partenariat et l’abandon du service d’échange de batteries pour la Fiat 500e. Stellantis ne s’attendait probablement pas à ce que les choses prennent cette tournure aussi vite, mais ce n’est peut-être pas plus mal.
En effet, le constructeur franco-italo-américain cherche à recentrer ses activités. Confronté à un marché automobile tendu et à des arbitrages industriels de plus en plus serrés, le groupe a décidé de concentrer ses investissements sur ses activités « prioritaires ». Sous la direction de son nouveau directeur général, Antonio Filosa, plusieurs projets ont déjà été stoppés, notamment dans l’hydrogène ou encore la vente de PHEV aux États-Unis.
Les services de mobilité et les projets expérimentaux font l’objet d’un examen plus strict. Par ailleurs, Free2move, pourtant vitrine des ambitions de Stellantis en matière de nouvelles mobilités, pourrait lui aussi être concerné par ce recentrage.
Au-delà de l’aspect économique, la fin du « battery swapping » chez Stellantis apparaît aussi comme un choix technologique. Car entre-temps, les progrès réalisés sur les bornes de recharge rapide et la démocratisation des architectures 800V sur les voitures électriques ont changé la donne. Le standard du 20-80 % de charge en moins de vingt minutes tend à se généraliser en Europe, et l’échange de batteries, qui nécessite des infrastructures complexes et coûteuses, perd de son intérêt.
Le seul constructeur à continuer sérieusement dans cette direction s’appelle Nio. La firme chinoise dispose déjà de 61 Power Swap Stations en Europe et bien plus en Chine. Cette alternative offre la possibilité aux clients de choisir parmi différentes tailles de batteries au moment de faire l’échange (75, 100 ou 150 kWh). Mais très peu d’autres marques décident finalement de se lancer dans l’échange de batteries à grande échelle.
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