AccueilArticlesRecyclage des aimants permanents : un levier clé pour les moteurs électriques européens

Recyclage des aimants permanents : un levier clé pour les moteurs électriques européens

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Aimants - Daimantel
Aimants - Daimantel

Il n’y a pas que les matériaux critiques composant les batteries qui doivent être recyclés. Dans les véhicules électriques, les fameuses terres rares, c’est ailleurs qu’on les trouve, en particulier dans les aimants permanents des moteurs. Dans le cadre du plan d’action européen RESourceEU, des entreprises soutenues par l’Ademe se sont positionnées sur le recyclage de ces matières et la fabrication de nouveaux aimants. Ainsi Daimantel en Moselle et MagREEsource en Isère.

Contexte

Tout comme les cellules lithium, les aimants permanents ne sont pas employés uniquement dans les véhicules électriques. Ils entrent aussi dans la fabrication des appareils électroménagers, de l’outillage électroportatif, des jouets ou encore des éoliennes. Outre les pollutions et possibilités d’intoxication qu’ils représentent s’ils étaient abandonnés dans la nature, c’est le gaspillage des matières qui entrent dans leur composition qu’il faut combattre.

Selon l’Ademe, moins de 1 % des terres rares des D3E (déchets électriques et électroniques) et des VHU (véhicules hors d’usage) sont actuellement recyclées. Un véritable gâchis qui accentue notre dépendance à la Chine.

Récemment adopté par la Commission européenne, le plan d’action RESourceEU prévoit de renforcer dès cette année les restrictions à l’exportation des débris et déchets d’aimants permanents. Ainsi, en plus de ceux issus des appareils et machines usagés collectés, ce sont aussi les chutes récupérées à la production et les produits défectueux qui vont être également recyclés sur le territoire.

Reconditionnement en Moselle

En Moselle, à Florange, l’entreprise Daimantel créée en 2021 s’active à développer des processus pour augmenter le taux de réemploi des aimants permanents. Lauréate de l’appel à projets Ormat (Objectif recyclage matières) de l’Ademe, elle a par exemple installé une ligne pilote pour la déconstruction des disques durs d’ordinateurs et des haut-parleurs. En optimisant la séparation des composants, le niveau de récupération des aimants permanents est très supérieur.

Et ensuite ? Deux possibilités ! Daimantel propose tout d’abord à la revente ces composants reconditionnés pour de nouveaux usages. Grâce à ses processus brevetés, l’entreprise lorraine transforme et fournit aussi des poudres qui contiennent des terres rares prêtes à servir pour de nouveaux usages.

De façon plus globale, des prestations d’étude et conseil, d’ingénierie, de logistique, de démantèlement, et de valorisation auprès des industries utilisatrices sont au catalogue.

Boucle complète en Isère

A Noyarey, près de Grenoble, MagREEsource a mis en place une boucle fermée de recyclage qui va jusqu’à la fabrication de nouveaux aimants permanents. La chaîne est alimentée par la poudre obtenue de la pulvérisation des anciens composants. Pour cela, un processus faisant appel à l’hydrogène est employé, mis au point par les fondateurs de cette entreprise lorsqu’ils étaient chercheurs au CNRS.

Aimant cassé - MagREEsource
Aimant cassé - MagREEsource

A l’année, MagREEsource produit déjà entre 15 et 20 tonnes d’aimants. En raison d’une très forte demande, une nouvelle unité va être construite avec l’objectif de pouvoir fournir 500 tonnes de ces composants en 2027, puis le double quatre ans plus tard.

Cette boucle présente un impact environnemental 80 % moins élevé qu’en passant par l’extraction minière, le traitement et le transport jusqu’en Europe qu’exige d’ordinaire la production. A l’arrivée, bien malin celui qui pourra distinguer les aimants permanents issus du recyclage en boucle de ceux obtenus avec des matériaux plus fraîchement extraits.

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