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Citadines abordables, bouchons aux stations de recharge, fin de l’hybride rechargeable… Voici nos 10 prédictions pour le marché de la voiture électrifiée en 2026.
Après le temps des bilans, vient celui de la prospective. Un exercice toujours un peu délicat, mais on est comme ça à Automobile Propre, on aime se faire du mal pour vous faire du bien. J’ai donc redémarré ma machine à explorer le temps (qui n’avait pratiquement pas tourné cette année) pour aller chercher les dix tendances qui pourraient marquer 2026 dans le secteur de la mobilité automobile électrifiée. Et j’ai vu des choses que je brûle d’impatience de partager avec vous. Je précise que cette année je me suis fait aider par mes camarades de notre groupe WhatsApp, qui ne sont jamais à court de bonnes idées, et qui ont embarqué avec moi dans la machine. Prêts ? Ignition… Go !
A force d’annonces bidon pour occuper le terrain, de voltefaces sur les tarifs et parfois de reculades sur les délais, le sujet des citadines électriques est un peu devenu l’arlésienne du secteur. Mais, cette fois, il semblerait que le mouvement soit enclenché. Il faudra quand même patienter encore un peu pour voir la déferlante promise arriver, mais les constructeurs se sont mis en ordre de marche pour adresser ce marché tant convoité. Il y aura évidemment la Renault Twingo électrique de deuxième génération, et la très attendue Volkswagen ID.Polo, qui vient de dévoiler son intérieur. Mais elles ne seront pas seules à se partager le gâteau puisqu’on attend aussi la Kia EV2, la Skoda Epiq, et plus tard dans l’année la nouvelle Dacia Spring et la Smart #2.
Voilà pour la tendance, mais je me risquerais presque à une prédiction supplémentaire concernant ce secteur : certaines de ces « citadines » pourraient devenir la voiture principale, voire unique pour une tranche de foyers, notamment chez ceux qui n’ont pas d’enfants à charge : jeunes couples et retraités. On pourrait même imaginer qu’une Polo électrique, avec ses plus de 400 kilomètres d’autonomie annoncée, fasse une percée dans les flottes d’entreprises. Dans le même registre, on peut évoquer les « E-Cars », ces mini-voitures européennes à la mode kei-cars japonaises, mais cela me semble prématuré pour 2026, parions plutôt pour 2027/28 dans le meilleur des cas.
On est encore loin du mouvement de fond et de la généralisation, mais Porsche/Audi et Hyundai/Kia ne seront plus seuls sur ce marché. On va continuer à voir arriver des modèles capables de charger très vite, même si, pour le moment, cela reste un privilège plutôt réservé au segment premium, avec de nouveaux entrants comme BMW, Mercedes, Xpeng ou encore Zeekr. Plus discrètement, BYD revendique une architecture 800 V sur sa Sealion 7, mais c’est moins que cela dans la réalité. Effet secondaire : les modèles 400 V plus anciens vont commencer à paraître datés, non pas parce qu’ils roulent moins bien, mais parce qu’ils “perdent du temps” sur long trajet. En 2026, la bataille se jouera autant sur la courbe de recharge que sur l’autonomie.
Cela étant, n’allons pas trop vite en besogne, nous sommes encore très loin d’une extension du 800 V à l’ensemble du parc électrique, qui prendra encore quelques années, si toutefois elle advient un jour. Tesla montre qu’on peut très bien charger au-delà de 250 kW avec du 400 V, en tout cas en crête, même si rien ne vaut le 800 V pour maintenir cette puissance durant la majorité du temps de charge.
Dans la même logique, on commence à comprendre qu’embarquer 100 kWh pour faire 500 kilomètres trois fois par an est un non-sens écologique et économique. En 2026, la tendance pourrait être aux batteries plus petites (autour de 40 ou 50 kWh) mais qui acceptent des charges très rapides. On préférerait alors une voiture légère qui récupère 200/300 kilomètres en 10/15 minutes plutôt qu’un tank de 2,5 tonnes qui met une heure à charger.
Une question qui peut être d’une certaine façon directement liée aux précédentes prédictions. Divers témoignages indiquent que le rush vers les bornes de recharge autoroutières peut devenir problématique durant certaines périodes. Ce que confirme Jean-Christophe Gigniac de La Chaine EV, qui parcourt des milliers de kilomètres par tous temps et toutes saisons au volant de diverses voitures électriques : « Je le constate à tous les roadtrips, de plus en plus de monde aux stations, même en semaine, et des chassés-croisés qui deviennent compliqués. Le 20 décembre, on a fait Paris-La Clusaz pour tester, c’était le chaos total sur l’A6. »
Ceux qui disent que la voiture électrique ne se vend pas parce qu’on ne voit personne aux stations de recharge pourraient changer de discours : « il y a trop de voitures électriques par rapport aux bornes de recharge. »
Le V2G (Vehicle-to-Grid) sort des projets pilotes. Avec la multiplication des modèles compatibles, comme la Renault 5 ou les dernières Hyundai, et des contrats d’énergie adaptés, il devient possible de réinjecter l’électricité de sa batterie dans le réseau pendant les pics de consommation. Pour ceux qui ont une maison, la voiture devient alors une véritable batterie domestique sur roues.
Je sais, j’avais déjà prévu cela l’an dernier, et si les signaux sont plutôt favorables, le Grand Soir de l’occasion électrique n’a pas encore eu lieu. Mais ce marché va continuer à prendre de l’épaisseur en 2026, avec plus de volumes et des repères plus clairs, notamment en matière de confiance, comme l’état de santé de la batterie, l’historique de recharge, les garanties, et des diagnostics plus standardisés. De plus, en 2026, les premières grosses vagues de retours de locations de longue durée (LLD) de 2022 et 2023 vont arriver sur le marché. Résultat : on va commencer à trouver des modèles polyvalents avec des batteries encore en excellente santé à des prix vraiment accessibles pour les ménages modestes. Le déclic viendra probablement quand l’électrique d’occasion sera perçue comme “moins risquée” qu’une thermique moderne pleine d’organes coûteux.
On y arrive. Malgré la fin de certaines aides gouvernementales (mais au final leur maintien, voire leur augmentation sous une autre forme) qui ont fait grincer des dents, la part des voitures électriques dans les ventes de véhicules neufs devrait franchir la barre symbolique des 30 % en France. Le choix est devenu tellement large et l’infrastructure tellement robuste que l’argument « c’est trop tôt » ne tiendra plus trop la route pour la majorité des conducteurs.
Coincés entre des électriques de plus en plus performantes et des motorisations hybrides simples très sobres, les hybrides rechargeables (PHEV) pourraient perdre de leur superbe. Trop lourds, trop chers à l’entretien et souvent mal utilisés, ils pourraient commencer à disparaître des catalogues des constructeurs qui préfèrent miser sur le 100 % électrique pour remplir leurs objectifs CO₂.
Cela étant, attention, les voitures hybrides à prolongateur d’autonomie ont le vent en poupe et pourraient a contrario faire une vraie percée en 2026, avec l’aide de certains constructeurs qui voient là le tendon talon d’Achille des restrictions européennes, et une vraie opportunité d’avancer leurs pions dans une électrification déguisée.
En 2026, la voiture électrique pourrait devenir un sujet politique bien clivant comme on les aime, ce qui a d’ailleurs déjà démarré. En l’occurrence, ce serait davantage en raison de l’instabilité des règles plutôt que pour leur durcissement qu’il pourrait y avoir matière à débat. Les ZFE ont été fragilisées politiquement, parfois suspendues ou vidées de leur substance, sans disparaître totalement du cadre juridique. De son côté, l’Union européenne a revu sa copie sur 2035, en s’éloignant d’une interdiction totale et en introduisant plus de flexibilité. Le cap existe toujours, mais il est moins lisible. Et cette incertitude est souvent un carburant politique puissant dont pourraient s’emparer les politiciens — et les populistes — de toutes obédiences.
Celle-ci, elle est un peu risquée, a fortiori de par son caractère géopolitique – un sujet toujours casse-gueule –, et c’est pour cela que je vous l’ai gardée pour la fin. Un scénario « optimiste » pourrait concerner essentiellement les flottes d’entreprises, où la bascule vers l’électrique est fréquemment un arbitrage incluant le coût total et la résilience, les entreprises ayant horreur de l’instabilité et des risques liés à celle-ci. D’une façon plus large, l’Europe subit la volatilité des produits raffinés et du brut importé, ce qui pourrait avoir un effet accélérateur sur l’adoption du VE en raison d’une accélération de l’appétit pour l’indépendance énergétique. Bon, j’avoue, je ne mets pas ma main à couper sur ce point, mais cela peut jouer.
Voilà, comme chaque année, rendez-vous fin décembre 2026 pour faire le point et voir où nous avions vu juste et où nous nous sommes plantés. Et vous, c’est quoi vos prédictions ?
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