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Présidentielles 2022 : que promettent les candidats sur la voiture électrique ?

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Image : Pixabay – Thor Deichmann / Montage AP

Les Français sont appelés aux urnes les 10 et 24 avril prochains afin d’élire leur futur président. Automobile Propre a épluché le programme des 12 candidats afin de connaître leur position au sujet du véhicule électrique et de la décarbonation des transports. Malgré son importance, la thématique est une nouvelle fois traitée sans grande rigueur par une majorité de prétendants.

Véhicules électriques, infrastructure de recharge, rétrofit, agrocarburants : la décarbonation des transports et notamment de l’automobile représente un pan monumental de la transition énergétique. Pourtant, peu de candidats semblent maîtriser le sujet. Certains n’en parlent même pas dans leur programme, quand d’autres se contentent de propositions fantaisistes ou déconnectées des réalités.

Nous avons passé en revue le programme des 12 prétendants et extrait, lorsqu’il y en a, les passages évoquant le thème de la décarbonation ainsi que l’électrification de l’automobile et des transports. Les voici, classés par ordre alphabétique selon le nom de chaque candidat.

Nathalie Arthaud – Force Ouvrière

Dépourvue de programme chiffré, Nathalie Arthaud n’évoque à aucun moment l’électrification des transports dans son argumentaire de campagne.

Nicolas Dupont-Aignan – Debout la France

Le candidat promet de « remplacer les 10 millions de véhicules les plus énergivores en 10 ans par le biais d’un nouveau bonus-malus favorable aux véhicules électriques et peu polluants ». Sans préciser davantage, il souhaite « accélérer la mise en place de bornes de recharge rapide pour les voitures électriques ». Enfin, il promet d’« accélérer la mise en place des tests antipollution en conditions réelles ».

Anne Hidalgo – Parti Socialiste

L’actuelle maire de Paris souhaite créer « un système de leasing social » en partenariat avec les constructeurs et loueurs de voitures, afin de rendre le véhicule électrique « accessible aux particuliers pour un coût mensuel inférieur aux frais d’un véhicule à essence ».

Elle envisage également d’instaurer un « prêt à taux zéro pour la mobilité durable » pour aider « à l’acquisition de véhicules électriques et au retrofit ». Concernant l’infrastructure de recharge, Anne Hidalgo semble quelque peu s’emmêler les pinceaux en annonçant qu’« un million de bornes électriques supplémentaires seront déployées dans tout le pays, avec une priorité pour les zones rurales, dans un plan national, construit avec les collectivités territoriales, pour les infrastructures électriques et basées sur l’hydrogène ».

Yannick Jadot – Europe Écologie Les Verts

Si l’écologiste fait partie des candidats qui évoquent le plus la décarbonation des transports, son traitement du sujet manque parfois de précision. Ainsi, il promet de doubler « les aides à la conversion pour accompagner les ménages modestes dans le remplacement de leur véhicule par une voiture électrique. ». « 1 million de véhicules bénéficieront d’une transformation des moteurs thermiques en moteurs électriques (retrofit) pour être convertis en véhicules plus efficaces et moins polluants. Ce dispositif pourra concerner des véhicules particuliers, mais aussi professionnels et des flottes des collectivités. », complète-t-il.

Yannick Jadot souhaite accélérer « la reconversion et l’implantation en France de l’ensemble de la chaîne de valeur pour la production de véhicules électriques ». « Nous construirons avec les conseils régionaux et les acteurs de la filière des services automobiles des plans de formation et de reconversion auprès des garagistes, groupes comme indépendants, pour accompagner l’évolution des métiers liés au déploiement des véhicules électriques. », annonce-t-il.

Très porté sur la conversion des véhicules thermiques, le candidat écologiste veut mettre en place « un dispositif d’avances auprès des garagistes pour leur permettre d’obtenir les homologations nécessaires au rétrofitage, afin d’augmenter le nombre d’acteurs présents sur ce marché ».

En outre, Yannick Jadot promet de « mettre fin à la mise sur le marché des véhicules individuels à motorisation thermique, en particulier essence et Diesel, au plus tard en 2030 ». « La transition sera accompagnée d’un plan de relocalisation de la production de véhicules électriques, d’accompagnement des ménages modestes et d’installation de bornes de recharge partout sur le territoire », écrit-il, sans toutefois chiffrer sa proposition.

Jean Lassalle – Résistons

Le programme de Jean Lassalle ne fait aucune mention de l’électrification des transports.

Marine Le Pen – Rassemblement National

La candidate d’extrême droite se contente de quelques lignes hasardeuses sur la thématique. Elle annonce, « grâce au nucléaire », renforcer « le réseau de distribution électrique actuel pour répondre aux besoins des véhicules électriques, tout en réalisant des économies sur trois ans par rapport à une adaptation aux renouvelables devenue inutile ». Marine Le Pen promet en outre un « prêt de 1 000 € pour l’équipement d’une voiture ou d’un utilitaire avec un boîtier de conversion éthanol ».

Emmanuel Macron – La République en Marche

Dans la lignée des annonces formulées lors de son mandat, le candidat à sa propre succession souhaite « continuer à investir pour devenir leader de l’hydrogène vert, produire des millions de véhicules électriques et hybrides, et le premier avion bas carbone ». Emmanuel Macron promet également de faire émerger « une offre abordable de voitures électriques pour tous grâce à une filière 100 % française ».

Concernant l’infrastructure de recharge, il assure que « plus de la moitié des aires d’autoroutes est désormais équipée en borne de recharge rapide pour les véhicules électriques » et que « toutes le seront d’ici fin 2022 ». Une promesse extrêmement optimiste, 42 % des 364 aires de services étaient équipées de bornes de recharge rapide à fin 2021 selon l’ASFA, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes. Un chiffre qui ne tient d’ailleurs pas compte des 623 aires de repos, plus petites que les aires de services.

« D’ici 2030, une filière de production souveraine de véhicule électrique sera opérationnelle », assure le président sortant. « Presque tous les véhicules produits en France seront électriques et à un coût abordable. Pour cela, l’innovation et la production des batteries sont soutenues directement sur notre territoire », avance-t-il. Ainsi « 2 millions de véhicules électriques et hybrides seront produits chaque année en France » à la même échéance, promet Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon – La France Insoumise

Malgré un livret thématique de 20 pages dédié aux transports, le programme de Jean-Luc Mélenchon traite peu la question des véhicules électriques. Pour sa troisième et dernière candidature à la présidence de la république, il promet seulement d’« initier un service public des bornes de recharge électrique des véhicules sur la voie publique, pour s’assurer de leur déploiement équitable sur tout le territoire français, et de leur accessibilité pour toutes et tous. »

En outre, le candidat d’extrême gauche veut « développer sur l’ensemble du territoire les systèmes de mise à disposition de parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à faibles revenus ». Partisan des carburants alternatifs, il annonce « soutenir la recherche de solutions pour faire fonctionner le parc existant de moteurs thermiques avec des carburants à faible impact écologique (gaz de synthèse, huiles alimentaires usagées, etc. ».

Valérie Pécresse – Les Républicains

La candidate promet la « fin de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035 et des hybrides rechargeables neufs en 2040. » Sans préciser de quelle manière, elle souhaite développer « un marché de l’occasion pour les véhicules électriques ». Valérie Pécresse envisage également de soutenir les « biocarburants » et les « projets hydrogène et électrique pour l’aéronautique et la logistique ».

Elle tacle au passage Emmanuel Macron, en évoquant « les 100 000 bornes de recharge électriques promises par le gouvernement » [qui se feraient] « toujours attendre » et surenchérit en annonçant « déployer 200 000 bornes électriques sur tout le territoire avec un plan de couverture du territoire piloté par les Régions. »

La candidate souhaite également « maintenir la prime à la conversion et le bonus écologique que le Gouvernement actuel a décidé de diminuer prématurément de 1 000 € au 1er juillet 2022 ».

Valérie Pécresse veut « mettre en place un prêt à taux zéro pour l’achat de véhicules propres pour les ménages modestes afin de réduire le reste à charge ». En outre, elle annonce « développer la filière du rétrofit qui permet la transformation de leur véhicule par les Français en favorisant l’emploi local et l’économie circulaire. »

Philippe Poutou – Nouveau Parti Anticapitaliste

Le programme de Philippe Poutou ne fait aucune mention de l’électrification des transports.

Fabien Roussel – Parti Communiste

Malgré l’élaboration d’un programme très détaillé, Fabien Roussel ne se prononce pas sur l’électrification des transports. Il se contente simplement d’évoquer « des aides ciblées à l’acquisition de véhicules légers, plus économes et peu polluants ».

Eric Zemmour – Reconquête

Sans grande maîtrise du sujet, Eric Zemmour promet de développer « des alternatives crédibles et pérennes aux hydrocarbures (comme les énergies renouvelables thermiques ou les biocarburants pour les transports) ». Il souhaite ainsi « développer l’électrique et l’hydrogène dans les transports en commun pouvant profiter facilement d’un système de recharge (bus, navettes, cars) ».

De manière hasardeuse, le candidat annonce vouloir « décarboner les transports en combinant les différentes technologies prometteuses (batteries électriques, piles à combustible, biocarburants et carburants de synthèse pour l’aviation et le maritime) ». Sans davantage préciser, il promet de « favoriser le déploiement de bornes de recharge de véhicules électriques sur tout le territoire ».

Les notes des candidats

🟢 = Sujet majeur du programme, traitement complet et rigoureux, propositions réalistes et étayées.
🟡 = Sujet évoqué mais traitement incomplet, mélange de propositions réalistes et irréalistes et/ou peu pertinentes.
🔴 = Sujet évoqué mais traitement très incomplet, peu rigoureux, propositions irréalistes et/ou peu pertinentes.
🟤 = Sujet non évoqué dans le programme.

Candidat

Électrification des transports

ARTHAUD Nathalie

🟤

DUPONT-AIGNAN Nicolas

🔴

HIDALGO Anne

🟡

JADOT Yannick

🟡

LASSALLE Jean

🟤

LE PEN Marine

🔴

MACRON Emmanuel

🟡

MELENCHON Jean-Luc

🔴

PECRESSE Valérie

🟡

POUTOU Philippe

🟤

ROUSSEL Fabien

🟤

ZEMMOUR Eric

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pipantalil y a 4 ans

même pas renforcée. Simplement une prise ! :)
2kW pendant 5h c’est 10kWh
Combien de km fait-on par jour ?
Pour 75% des gens, c’est moins de 50km (voire 35km), donc on est large, très très large avec seulement 2kW de puissance !
Et puis, il y a les parkings relais pour ceux qui privilégieraient les transports en commun.
Ou bien une place au travail, ou dans le parking à côté du boulot. (En plus cela privilégie la charge en journée, donc les sources solaires, encore mieux)
Comme cela, même pas besoin de prise à la maison. :)

pipantalil y a 4 ans

Il est vrai que les programmes des candidats sur le VE n’est qu’un très petit élément du problème qui se pose.
Les solutions de toutes parts souvent subissent des pressions des conservateurs peureux de perdre leurs positions.
Le véhicule de masse, ne devrait pas se produire à l’autre bout du monde. Sinon, il y a une « perte de charge » en terme de gain sur la pollution.
Les contraintes de cette technologie, doit surtout remettre en cause toute la vision sur l’automobile.
Ce WE j’étais au salon de l’automobile de Lyon. Sur les stands, on vend des autonomies, des puissances moteurs, etc. Tout un tas de truc de thermique.
Les autonomies WLTP sont un indicateur par exemple, cependant, sur autoroute à 130km/h, il faut la réduire de 20% et les étapes entre charge correspondent à 60-70% de cette autonomie sur autoroute. Ce n’est pas expliqué. On vous dit par exemple qu’il faut 18h-24h pour recharger votre VE sur une prise… Mais qui recharge son VE de 0% à 100% sur une simple prise ! À croire que les contructeurs ont bien envie de nous laisser sur du thermique. À la question sur les malus sur les thermiques pas un mot, par contre sur les bonus de l’électrique c’est plus facile.
Pour revenir sur la puissance, en VE on s’en moque, il y a du couple…
Tout cela pour dire, que finalement, le VE personne ne comprend réellement comment cela fonctionne et comment il faut s’en servir. Ce n’est pas un candidat mono-idée comme 70% des candidats, qui pourra expliquer aux gens en une campagne de quelques jours, comment il faut faire. Même les constructeurs en sont incapables, alors un candidat…

pipantalil y a 4 ans

Bon vote à ceux qui en ont le courage de cautionner ses incompétents.
ce que c’est lourd ce genre de phrase.
Vous vous sentez meilleur ? présentez vous alors…

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