AccueilArticlesPeut-on encore sauver la production automobile en Europe ? Le cri d'alerte des constructeurs

Peut-on encore sauver la production automobile en Europe ? Le cri d'alerte des constructeurs

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Dans une lettre adressée aux dirigeants de l’Union européenne, et tout particulièrement à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, le lobby automobile européen propose trois pistes pour renforcer l’industrie automobile du Vieux continent. Ils cherchent notamment à prévenir la désindustrialisation.

La production automobile européenne est en danger. Cela ne date pas d’aujourd’hui, mais plus les mois passent, plus les constructeurs semblent en prendre la mesure. Pour l’ACEA (l’Association qui regroupe les constructeurs automobiles européens), l’urgence est avant tout industrielle. Dans son courrier adressé aux autorités européennes, le lobby automobile plaide pour une Europe plus résiliente, capable de gagner en indépendance stratégique tout en restant ouverte au commerce mondial.

Enrayer un risque de désindustrialisation

Les membres de l’ACEA appellent à la ratification rapide d’accords de libre-échange afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et soutenir la compétitivité. Mais l’essentiel se joue sur le sol européen. Ils demandent à Bruxelles de mettre en place des mesures d’urgence pour simplifier les procédures administratives, alléger les coûts énergétiques, soutenir l’investissement industriel et accélérer la production de batteries. Autant de leviers jugés « prioritaires » pour enrayer le risque de désindustrialisation.

Moins de contraintes réglementaires ?

Le lobby automobile réclame également une transition climatique plus « pragmatique ». Les constructeurs défendent une trajectoire de décarbonation ambitieuse mais veulent éviter que les contraintes réglementaires ne fragilisent l’industrie. Selon eux, les objectifs actuels pour 2030 « restent difficiles à atteindre sans un environnement plus favorable ». Pour cela, ils préconisent des prix de l’électricité compétitifs, davantage d’infrastructures de recharge ou encore des incitations à l’achat harmonisées entre les États membres.

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Bref, leur message est clair, « sans soutien pour accélérer la demande, la bascule vers l’électrique pourrait ralentir ». Les industriels réclament également davantage de flexibilité réglementaire, notamment pour les utilitaires et les poids lourds.

Un problème de rentabilité dans les usines européennes

Le troisième point est sans doute le plus alarmant. La production automobile européenne reste en retrait par rapport à son niveau d’avant-pandémie et peine à repartir. Au fil des années, la pression s’accroît sur la rentabilité des usines et sur l’accessibilité de la voiture pour une partie des Européens. Les constructeurs appellent donc à une simplification durable du cadre réglementaire, notamment autour de la norme Euro 7, et à une meilleure synchronisation entre les règles de développement des véhicules.

L’analogie de la calèche

L’ACEA profite de ce courrier pour faire un peu d’histoire et rappelle que « la voiture n’a pas remplacé la calèche parce que l’État l’avait imposé, mais parce qu’elle constituait tout simplement la meilleure solution ». Avant d’ajouter que « les constructeurs européens peuvent s’imposer en fabriquant des produits que les clients choisissent parce qu’ils sont supérieurs. Mais l’excellence des produits ne suffira pas à elle seule ». Un clin d’œil évident à la transition à laquelle nous assistons aujourd’hui le thermique et l’électrique.

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