La suite de votre contenu après cette annonce

Il y a peu, on nous vantait un retour en force du diesel et on redonnait la parole à ses aficionados, qui ne manquent jamais une occasion d’égratigner l’électrique. Le début de la guerre au Moyen-Orient a de quoi faire taire ces amateurs de gazole…
Finalement, on est bien en voiture électrique, n’est-ce pas ? Jamais je n’aurais pensé commencer une chronique en paraphrasant Tibo InShape ! Pas de procès en condescendance, merci, c’est juste que nos univers sont bien différents, ce vidéaste étant spécialisé dans l’activité physique.
Thibaud a marqué les esprits en taclant les influenceurs français basés à Dubaï pour fuir la fiscalité hexagonale mais qui ont appelé la France à l’aide lorsque la guerre a éclaté au Moyen-Orient.
La France est loin des affrontements mais des scènes de panique ont bien eu lieu chez nous après les premiers bombardements. Dès lundi, grosse pagaille dans les stations-service, avec une ruée d’automobilistes.
La même scène commence à se répéter régulièrement. Inquiet, le Français, souvent cheveux grisonnants, veut rajouter les 10 litres qui lui manquaient ou remplir des jerricans, même s’il n’en a pas vraiment besoin. Les interminables files d’attente ont été abondamment relayées sur les réseaux sociaux par ceux qui voulaient dénoncer la situation… tout en y prenant part.
Les mauvais comportements finissent par entraîner les Français plus calmes dans ces mauvaises pratiques, car vient le moment où le Français raisonnable ne veut plus être le dindon de la farce jouée par ses compatriotes.
La panique à la station a aussi été motivée par la crainte d’une envolée des prix. Et il faut reconnaître que la réalité a vite donné raison à cette situation.
Alors qu’on a d’abord évoqué une hausse d’ici une quinzaine de jours, elle a été instantanée, dans des proportions hallucinantes qui posent des questions. Tous les acteurs de la chaîne de distribution se renvoient la balle de la responsabilité. Il y a assurément des profiteurs de guerre dans le lot. Mais le carburant reste un produit vendu par des acteurs privés, l’automobiliste n’a d’autre choix que de subir le jeu de l’offre et de la demande.
Il n’avait qu’à passer à l’électrique… Et ça, je le dis moi-même. Ah, ce qu’on est bien avec nos autos électriques. Pas de panique pour recharger, on le fait de chez soi, pas de changement de prix !
Pendant ce temps, le conducteur des modèles diesel a payé le prix fort de la guerre. Plus que l’essence, le litre du gazole a flambé de manière inédite cette semaine, prenant dans certaines stations 25 centimes en sept jours ! + 12,50 € sur un plein de 50 litres !
Je dois l’avouer, je trouve cette situation savoureuse, comme un petit air de revanche, car il y a quelques semaines à peine, on nous parlait d’un regain d’intérêt pour cette motorisation, suite à l’annonce de Stellantis de relancer plusieurs modèles avec du diesel.
L’info a été abondamment relayée dans les JT, l’occasion de nous servir un argumentaire que l’on ne pensait plus entendre sur les avantages du gazole, à commencer bien sûr par l’autonomie. Nom de Zeus, même des confrères nous ont fait un retour dans le passé avec un dossier « spécial diesel ».
Pour beaucoup de conducteurs, c’était aussi l’occasion de tacler l’électrique, incapable de faire Paris/Marseille d’une traite, car c’est visiblement un argument d’achat très important pour une voiture. L’électrique n’est pas encore parfaite, mais elle n’oblige pas à faire la queue par peur de manquer d’électrons.
J’entends d’ici ceux qui veulent à nouveau tenter le procès de la condescendance, celle du riche conducteur d’électrique que je pourrais être face au moins riche conducteur de thermique. Requête rejetée à une époque où le discours anti électrique vient le plus souvent de personnes qui peuvent s’y mettre, avec des prix du neuf en recul et un marché de l’occasion bien en place, mais refusent, avec des justifications plus vraiment valables. Elles préfèrent donc payer 2 € un litre de gazole, et ça va durer, que 2 € pour faire quasiment 100 km en électrique !
Oui, c’est sûr, un conducteur d’électrique peut encore perdre du temps sur les trajets longs… que l’on ne fait pas si souvent en dehors des vacances. Le reste de l’année, l’électromobiliste recharge pendant qu’il dort. Lundi, il a pu rester au lit pendant que son voisin en diesel allait perdre une heure à la pompe de Leclerc.
Une situation plus si exceptionnelle, car ces scènes de panique en station reviennent de plus en plus souvent. Quand ce n’est pas une grève des raffineries, c’est un blocage des agriculteurs ou c’est une guerre. Cela arriverait presque aussi souvent qu’un départ en vacances ! Et vu la flambée des prix instantanée cette semaine qui a marqué les esprits, assurément, la prochaine situation de ce genre accélérera encore plus la ruée aux pompes. À chaque crise internationale, le conducteur d’un thermique se rend ainsi compte que sa liberté dépend encore de robinets situés à l’autre bout du monde.
Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement