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Flottes d’entreprise en Allemagne : cette tendance lourde que les gestionnaires anticipent déjà pour les prochaines années

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En Allemagne, les grandes flottes automobiles d’entreprise ne s’apprêtent pas à lever le pied. Bien au contraire. Selon une récente étude menée par Dataforce, la majorité des gestionnaires de parcs de plus de 100 véhicules prévoient de stabiliser, voire d’agrandir, leur flotte dans les années à venir.

L’analyse repose sur une méthodologie en deux temps. Des entretiens approfondis avec 14 responsables de flottes ont d’abord permis d’identifier les grands enjeux du terrain. Ces enseignements ont ensuite été consolidés par une enquête quantitative menée auprès de 50 autres professionnels du secteur. Organisation interne, points de friction quotidiens, transition énergétique ou encore coûts d’acquisition ont été passés au crible.

Premier signal à suivre : 90 % des gestionnaires interrogés n’envisagent pas de réduction de leur parc automobile. Pour 55 %, la taille de la flotte devrait rester globalement stable. Pour 35 %, elle est même appelée à croître clairement dans les prochaines années. La raison principale tient à la dynamique interne des entreprises. Plus les effectifs augmentent, plus les besoins de mobilité suivent naturellement.

Un autre facteur qui joue en faveur de la stabilité, celui de la durée de détention des véhicules, tend à s’allonger. En conservant les voitures plus longtemps, les entreprises amortissent mieux leurs investissements et limitent les variations brutales de volume. Les rares diminutions de flotte concernent surtout des structures en phase de réorganisation ou de réduction d’activité.

L’électrification progresse, mais le terrain reste semé d’obstacles

Autre tendance de fond qui se confirme : les flottes passent progressivement à l’électrique. La fiscalité favorable des voitures de société y contribue largement, mais ce n’est pas la seule motivation. Les gestionnaires évoquent aussi des objectifs environnementaux, parfois assortis d’échéances internes ambitieuses, ainsi qu’un enjeu d’image moderne et responsable auprès des collaborateurs comme des partenaires.

Dans les faits, cette transition reste le principal défi opérationnel pour 69 % des responsables interrogés. Le problème n’est pas tant l’adoption du véhicule électrique que tout ce qui l’accompagne au quotidien.

L’infrastructure de recharge apparaît comme le point de tension numéro un, notamment au domicile des salariés. Installer des bornes chez chacun, organiser la prise en charge de l’électricité consommée, gérer les remboursements au kilowattheure près, tout cela complexifie fortement la gestion par rapport aux anciens véhicules thermiques.

À cela s’ajoutent encore des inquiétudes persistantes sur l’autonomie, surtout pour les collaborateurs qui enchaînent les déplacements professionnels. Même si les modèles récents progressent vite, la transition implique un accompagnement pédagogique et une adaptation des usages.

Le deuxième frein majeur concerne les coûts d’acquisition, cités par près d’un gestionnaire sur deux. La hausse des prix des véhicules et des loyers de leasing pèse sur les budgets, qu’il s’agisse d’électrique ou non. Certes, les écarts de prix entre électriques et hybrides rechargeables se réduisent, et les constructeurs commencent à proposer des modèles plus abordables. Mais, dans la pratique, beaucoup de responsables peinent encore à trouver des véhicules compatibles avec les plafonds fixés par leur politique automobile interne.

Autre sujet qui revient régulièrement dans les échanges, celui de la digitalisation des processus, ou plutôt de son insuffisance. Près de la moitié des gestionnaires pointent encore des procédures lourdes, fragmentées, parfois dignes d’un autre temps. Documents à imprimer, à signer manuellement, puis à scanner, gestion des sinistres via des fichiers PDF envoyés par mail… Autant de frictions qui ralentissent les opérations et génèrent des erreurs évitables. De fait, plusieurs professionnels évoquent le besoin d’outils modernes, notamment d’applications mobiles pour déclarer rapidement incidents, dégâts ou entretiens, sans passer par une chaîne administrative complexe.

À travers cette étude, une tendance ressort nettement, celle de l’avancée de l’électrification. Cela étant, pour les acteurs de la mobilité, constructeurs comme prestataires de services, la partie ne se joue plus seulement sur la technologie, mais sur l’expérience proposée aux entreprises et à leurs conducteurs.

Source : Dataforce via Electrive

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