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Des rumeurs en provenance de Bruxelles laissent penser que la fin des voitures neuves thermiques pourrait être repoussée de cinq ans. Mais avec des conditions très spécifiques.
À Bruxelles, l’hypothèse d’un report de la fin des ventes de voitures neuves thermiques n’est plus taboue selon Bloomberg. Dans les couloirs de la Commission européenne, plusieurs capitales poussent pour assouplir une trajectoire jugée trop ambitieuse. Au cœur des discussions, un compromis technique semble prendre forme. La Commission européenne pourrait ainsi permettre aux hybrides rechargeables et aux véhicules dotés d’un prolongateur d’autonomie de rester en vente jusqu’en 2040.
Cet assouplissement s’accompagnerait d’une contrainte. En effet, selon nos confrères américains, les constructeurs pourraient être obligés d’utiliser des biocarburants ou des carburants de synthèse (des hydrocarbures produits grâce à un processus utilisant de l’électricité bas-carbone, du dioxyde de carbone et de l’hydrogène obtenu par électrolyse).
Pour les États favorables à un report, cette flexibilité offrirait un sas supplémentaire à une industrie européenne fragilisée par la concurrence chinoise, les coûts énergétiques élevés et la fin des aides nationales dans certains pays. Friedrich Merz, le chancelier allemand, avait déclaré à l’occasion du sommet de Copenhague que les véhicules à prolongateur d’autonomie pourraient représenter une « solution intermédiaire crédible entre les véhicules 100 % électriques et les hybrides rechargeables (PHEV) ».
L’Allemagne, l’Italie ou encore la République tchèque voient dans ce délai un moyen de préserver un secteur qui représente des centaines de milliers d’emplois. Bruxelles prend également le prétexte des écarts entre les États membres. Le Danemark dépasse les 65 % de part de marché sur le tout-électrique, la Belgique et les Pays-Bas tournent aux alentours des 30 %, mais l’Espagne, la Grèce et la Croatie ont encore du mal à atteindre les 5 %. Une fracture européenne difficile à ignorer pour la Commission européenne.
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Porsche tente de sauver sa peau avec un gros coup de frein sur l’électriqueBeaucoup anticipaient que les modèles lancés d’ici 2026 seraient les derniers thermiques vendus dans l’Union. Mais la possibilité d’un report redistribue les cartes. Certains groupes, comme Porsche, BMW, Volkswagen, Mercedes ou Stellantis, explorent déjà les voies de l’hybride ou du carburant de synthèse pour prolonger la vie du moteur à combustion. Selon les chiffres de S&P Global Mobility, 205 modèles à essence (-4 % par rapport à 2024) et 116 véhicules hybrides (+43 %) ont été ou seront lancés en 2025.
La tribune co-signée par 200 acteurs européens de la mobilité électrique (Electra, Ionity, Volvo, Atlante, Alpitronic, Chargemap…) pour demander à Bruxelles de ne pas renoncer à son objectif de 2035 ne suffira donc probablement pas. La Commission, qui a déjà repoussé ses annonces tant les négociations sont sensibles, devra trancher dans les prochains jours. Le verdict est attendu pour le 16 décembre. Quelle que soit l’issue, elle redéfinira durablement la trajectoire de l’automobile européenne.
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