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La voiture électrique, le meilleur rempart face aux crises pétrolières ?

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La guerre en Iran met (encore une fois) en lumière notre dépendance au pétrole. Le détroit d’Ormuz est fermé depuis plusieurs semaines. Conséquence : les prix à la pompe explosent. Mais pour les conducteurs de voitures électriques, pas de problème ! Avec la montée en puissance des conflits internationaux, la watture apparaît donc comme une solution idéale pour gagner en indépendance. C’est aussi un moyen pour les citoyens de se protéger des futurs chocs pétroliers.

Une dépendance au pétrole encore massive

De par sa forte dépendance au pétrole, le secteur européen des transports est particulièrement exposé aux crises géopolitiques. La guerre en Iran qui se déroule actuellement nous le rappelle que trop bien. Dans ce contexte, chaque point de pénétration de l’électrique a un effet mesurable. En 2025, environ 8 millions de voitures électriques en circulation dans l’Union européenne ont permis d’éviter l’importation de 46 millions de barils de pétrole, soit près de 2,9 milliards d’euros économisés. À l’échelle du continent, cela reste encore marginal… mais la dynamique est enclenchée.

Des économies de taille pour les particuliers

Et les particuliers peuvent le constater au quotidien. Selon une récente analyse de Transport & Environment (T&E), l’écart de coût entre thermique et électrique se creuse en période de crise. Pour 100 kilomètres, un véhicule essence voit son coût grimper à plus de 14,2 € (une augmentation de 3,8 € due au conflit), contre environ 6,5 € (une légère hausse de 0,7 €) pour un modèle électrique. L’augmentation liée à la guerre en Iran est cinq fois plus importante pour les carburants fossiles que pour l’électricité.

Selon l’ONG, « si le prix de l’essence se maintient dans les prochaines semaines autour des 2 euros le litre, faire le plein coûtera 142 euros par mois en moyenne, contre 104 euros avant le début de la guerre au Moyen-Orient ». Sur une année complète, le gain pour les propriétaires de voitures électriques pourrait ainsi se traduire par une économie de 924 euros. Une différence qui s’explique par la nature même des marchés : le pétrole est une ressource mondialisée, concentrée dans quelques zones instables, quand l’électricité est produite localement, avec un mix énergétique diversifié.

Des arguments qui plaident en faveur de la voiture électrique dans un monde incertain. Contrairement au pétrole, dont une part importante transite par des points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz, l’électricité est produite directement chez nous, qu’il s’agisse du nucléaire ou des renouvelables. C’est d’ailleurs un point régulièrement avancé par les institutions européennes, à commencer par la Commission européenne, qui voit dans l’électrification un levier pour réduire la facture énergétique du Vieux continent.

Oui, mais…

Pour autant, ce bouclier a des limites. D’une part, le prix de l’électricité reste lui aussi sensible aux crises, on a pu le voir avec la guerre en Ukraine. D’autre part, l’infrastructure de recharge, les capacités de production et les matières premières nécessaires aux batteries posent d’autres formes de dépendance… Parfois moins visibles mais tout aussi stratégiques. Enfin, tous les ménages n’ont pas un accès équivalent à cette technologie, que ce soit pour des raisons économiques ou pratiques.

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Mais en attendant, dans un contexte de tensions durables comme celui que nous traversons actuellement, la voiture électrique va très probablement changer de statut. Elle pourrait devenir un outil de résilience individuelle face aux chocs énergétiques. Une évolution qui dépasse largement la seule question automobile et qui interroge la capacité des sociétés européennes à reprendre le contrôle de leur approvisionnement énergétique.

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