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Dacia s’est progressivement éloigné du low-cost. La marque ne veut plus avoir forcément le prix le plus bas, elle préfère avoir le meilleur rapport prix/prestations. Un pari risqué ?
Si vous cherchez la voiture la moins chère, qu’elle soit thermique, hybride ou électrique, votre réflexe serait sûrement d’aller pousser la porte d’une concession Dacia. Et pourtant, ce n’est plus la meilleure idée à avoir !
Dacia a progressivement fait évoluer son positionnement. On se souvient de son lancement en France en 2005, la stratégie était claire : le low-cost pur et dur, avec la volonté de casser les prix. La Logan était ainsi à 7 500 €.
En 2020, lorsque la troisième génération de la Sandero a été lancée, il était question de redéfinir la voiture essentielle, une manière de s’éloigner donc du low-cost en jouant la carte de la voiture qui n’est plus dépouillée, mais propose ce que le client attend au minimum, en gommant le superflu. La Sandero commençait encore à 8 890 €. Mais à votre avis, quel est le prix de départ de la citadine maintenant ? Il est de 13 290 € !
Cela s’explique quand même par une évolution du marché et des propositions des constructeurs. Dacia a ainsi mis fin à la version de base ultra dépouillée et aux boucliers non peints, que les clients n’achetaient pas. Et les normes européennes en matière de sécurité se sont durcies, imposant la présence d’office de nombreuses aides à la conduite. L’inflation qui touche tous types de produits est aussi passée par là.
Même avec ce prix plus élevé, la Sandero reste la voiture neuve la moins chère du marché… si on s’en tient aux prix catalogue. Car depuis quelques semaines, Dacia est clairement challengé. Fiat propose en effet une Pandina (nouveau nom de la petite Panda) à 9 990 € au lieu de 15 100 €. Une super affaire et visiblement ça marche.
Fiat a ainsi relancé une véritable offensive sur le marché de la voiture populaire. L’italien est ainsi revenu sur le segment B avec la Grande Panda qui cible clairement la Sandero. L’italienne commence à 16 900 €. C’est plus cher que la Sandero de base, mais il y a un moteur de 100 ch, contre 65 ch pour la Dacia, et la clim de série. Avec une offre semblable, la Dacia s’affiche à 16 050 €. Fiat enfonce alors le clou avec une offre promo à 15 900 €. Opel s’est aligné sur cette offre en début d’année avec une Corsa de 100 ch, avec clim et écran tactile, en promo aussi à 15 900 €.
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Dacia va lancer quatre nouveaux modèles électriquesAprès avoir trop cherché à gonfler ses marges, Stellantis se fait de nouveau agressif en 2026 afin de faire revenir des clients dans les concessions. De quoi lancer une nouvelle guerre des prix… et remettre en cause le nouvel argument de Dacia. Car après le low-cost et la voiture essentielle, il est désormais question d’avoir le meilleur rapport prix/prestations dans chaque catégorie. Le but de Dacia n’est plus forcément d’avoir les prix les plus bas du marché.
Sur ce point, le constructeur a longtemps eu une sacrée avance. Mais sa montée en gamme progressive fait qu’il se retrouve désormais au niveau de marques qui ont décidé de se repositionner, comme c’est le cas de Fiat ou de Citroën, de marques qui sortent les grosses promos ou de nouveaux acteurs qui viennent clairement s’attaquer à lui en cassant les prix, qui sont donc évidemment pour la plupart chinois.
C’est notamment le cas de MG. Ainsi, si celui-ci n’a pas encore de citadine à petit prix, il secoue clairement Dacia quand il est question d’électrification. Son SUV compact ZS hybride commence ainsi à 23 490 €, quand un Duster hybride demande au minimum 26 900 €. Et le MG se distingue par un équipement très généreux dès la base.
MG n’hésite pas à proposer des remises pour assommer la concurrence. Le ZS s’affiche ainsi en ce moment à 22 490 €. Et le grand EHS hybride était à 28 490 €, quand le nouveau Bigster débute à 29 990 € en hybride.
Certes, Dacia est plutôt challengé quand il y a une remise en face, alors que la marque applique officiellement la stratégie du zéro ristourne, partant du principe qu’elle propose un prix serré qui est directement le bon. Mais on voit bien que cela commence à lui compliquer la tâche face à des rivaux offensifs.
Mine de rien, près de 13 000 ZS hybrides ont été écoulés en France l’année dernière. Toutefois, avec plus de 27 000 Duster hybrides, Dacia résiste bien. Le roumain est bien aidé par un réseau étendu, l’effet réflexe des clients sur les prix bas et une réelle fidélité.
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Supertest – Dacia Bigster Hybrid 155 : toutes les consommations mesurées de notre SupertestLe constructeur rappelait que plus de 70 % des propriétaires de Dacia restent fidèles à la marque lors du renouvellement de leur véhicule. Ce sont d’ailleurs les clients qui ont poussé le constructeur à oser la montée en gamme progressive, ceux-ci en voulant toujours un peu plus. Dans le même temps, des marques généralistes ont trop exagéré sur leurs prix, créant un espace que Dacia occupe désormais.
Avec le risque au final de devenir un constructeur généraliste comme un autre et d’oublier la vocation première de Dacia ? La question se pose quand on voit que le constructeur roumain est très occupé en ce moment par le lancement de grands modèles. Après le Bigster, il lancera d’ici la rentrée un break baroudeur, le Striker, qui semble quand même viser une clientèle plus aisée… et bien trop proche de celle du Bigster. Or, ce dernier a déjà entrainé une baisse des ventes du Duster !
En partant à la conquête du segment C, Dacia veut élargir sa clientèle et appliquer ses bonnes recettes pour être moins cher dans une catégorie où il y a plus de marge pour se distinguer en matière de prix, alors que cela devient compliqué chez les citadines.
Heureusement, Dacia va ensuite remettre l’accent sur son entrée de gamme, avec une nouvelle citadine électrique qui profitera des meilleures aides à l’achat et sera ainsi proposée sous les 15 000 €. Viendra ensuite une quatrième Sandero. Mais pour elle, Dacia a donc fait la promesse d’avoir le meilleur rapport prix/prestations, sans chercher à remettre l’accent sur un prix canon.
On avait espoir avec la présentation du concept Hipster en octobre 2025, une mini-voiture qui marquait un retour aux fondamentaux de la marque, avec une conception simplifiée et ingénieuse. Mais le projet n’a pas eu de feu vert, du moins pas encore, alors qu’on pensait que ce serait l’annonce marquante du plan FutuREady pour Dacia.
La Dacia à moins de 10 000 € semble donc à oublier définitivement…
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Effectivement quant on voit un BYD sealion 5 a 29,99 k€ qui est un hybride rechargeable plutôt bien équipé de 212cv on a du mal a considérer un Bigster hybride 155 comme low cost a 29.7k€
J'avoue que je n'ai pas encore compris pourquoi l’Europe a taxé uniquement l’électrique chinois et pas toute la production automobile de ce pays a la manière de ce qui avait été fait pour les voitures japonaises .
Faux ou vrais sentiment d’être en retard sur le VE et trop confiant sur le thermique ?
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Eh oui, Dacia aussi veut goûter aux marges à 2 chiffres. En voyant ces derniers années les autres vouloir monter en gamme pour faire gonfler les profits, ça donne envie...
Mais attention à l'indigestion.... Peugeot a voulu être trop gourmand, ça lui a joué des tours....
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C'est là la seule vraie question.
Sur le marché européen et Maghreb uniquement, là ou les "Dacia" ne s'appellent pas "Renault".