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Stellantis a fait le choix de se retirer du pool dirigé par Tesla. Pour atteindre ses objectifs CO2, le groupe franco-italo-américain préfère renforcer son alliance avec son partenaire chinois, Leapmotor. Un pari ambitieux, mais le constructeur semble convaincu du potentiel de sa start-up chinoise sur le Vieux continent.
Les mécanismes de « pooling » permettent aux constructeurs dont les ventes de modèles thermiques restent élevées de compenser leurs émissions, et donc d’éviter des pénalités, en achetant des crédits à des constructeurs qui vendent davantage de voitures électriques. Qui mieux que Tesla pouvait permettre à Stellantis de compenser ses émissions de CO2 en Europe ? Pas grand monde sur le papier… Pourtant, le groupe aux 14 marques automobiles a fait le choix de revoir sa stratégie en la matière. Comme Toyota et Subaru, l’entreprise dirigée par Antonio Filosa a décidé de stopper son alliance avec Tesla. Un coup dur pour l’entreprise américaine !
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Bilan CO2 des constructeurs automobiles en 2025 : un assouplissement des règles était-il vraiment nécessaire ?En 2025, Stellantis était tout proche de ses objectifs en matière de CO2 avec une moyenne à 98 g de CO2/km au lieu de 94 g. Le groupe préfère à présent tout miser sur son partenaire chinois, Leapmotor. L’ensemble franco-italo-américain entend désormais acheter directement les crédits CO2 générés par les ventes européennes de la jeune pousse chinoise. Une logique d’intégration verticale qui permet de conserver en interne des flux financiers autrefois dirigés vers Tesla. Pour Stellantis, c’est aussi une manière de parier sur la montée en puissance de son partenaire.
Si on comprend la logique derrière cette opération, il faut bien reconnaître qu’il s’agit tout de même d’un pari audacieux. Avec Tesla, Stellantis était quasiment assuré de rentrer dans les clous. Leapmotor est encore très loin du niveau de l’entreprise d’Elon Musk en termes de ventes sur l’électrique en Europe.
Pour soutenir cette ambition, Stellantis mise sur l’arrivée de plusieurs nouveautés de Leapmotor et une industrialisation locale. La fabrication de modèles Leapmotor en Espagne doit notamment permettre d’accélérer les livraisons et de limiter les coûts logistiques et les droits de douane. Cela permettra également de crédibiliser la marque auprès des Européens.
Pourtant, malgré ce levier, l’équation reste incertaine. Même s’ils progressent rapidement (la T03 a fait sa première apparition dans le Top 5 des ventes de voitures électriques en Europe), les volumes réalisés par la firme chinoise en Europe sont encore modestes. Pour compenser significativement les émissions des marques du géant de l’automobile, il faudra atteindre des niveaux de diffusion bien supérieurs.
À défaut, Stellantis pourrait être contraint de revenir vers des solutions externes, y compris un éventuel retour dans le pool Tesla en cours d’année…
En parallèle, le groupe explore d’autres pistes pour limiter son exposition aux pénalités européennes. Sur le segment des véhicules utilitaires, Stellantis a par exemple choisi d’aligner les loyers de ses modèles électriques sur ceux du diesel. Une stratégie offensive destinée à accélérer l’adoption par les professionnels, quitte à rogner sur les marges pour éviter des amendes potentiellement bien plus élevées.
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"Ça en dit long sur la vision et la stratégie d'entreprise..." ... peut etre une prise de concience de la realité et une forte pression des actionnaires qui voient quel est "le moins pire " des scénarios !!
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Si Stellantis veut s’émanciper de Tesla, il doivent changer leur stratégie radicalement et s’orienter fortement vers le VE.
Concevoir des plateformes exclusivement électriques et investir fortement sur les moteurs et les batteries ainsi que la gestion de l’ensemble.
Privilégier l’efficience et non la course aux grosses batteries.
Le comportement de Stellantis peut interroger stratégiquement, préférer engraisser un concurrent plutôt que de changer de paradigme ou de payer des amendes à l’Europe…🤔
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Ça me paraît au contraire très logique, et même plutôt l'affichage d'un certain optimisme en matière d'électrification (Ok, il y a dans doute un peu de méthode Coué dans cette analyse) :
- logique, parce que tant qu'à payer, autant le faire à une boîte dans laquelle on est un peu au capital
- optimiste, parce que miser sur un constructeur de VE qui fait peu de volume signifie qu'on pense n'avoir besoin que d'un apport de crédits CO2 marginal pour atteindre les objectifs (cf 98 g vs 94 g).
Continuer avec Tesla aurait été une (coûteuse) solution de facilité. Ceci étant dit, il faut effectivement que le plan produit suive...