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Ces dernières années, le CES de Las Vegas était devenu un moment phare dans le calendrier des constructeurs automobiles. Mercedes, BMW, Stellantis et les autres s’empressaient habituellement de venir présenter leurs derniers concepts électriques. Mais en 2026, les choses ont changé. Les marques sont toujours là, mais avec d’autres produits. C’est désormais l’IA qui domine.
L’édition 2026 du CES confirme une évolution déjà perceptible depuis quelque temps. L’automobile n’y est plus célébrée comme un objet industriel à proprement parler, mais comme une plateforme technologique. Sur les stands du Consumer Electronics Show cette année, les silhouettes des concept-cars électriques se font rares selon Reuters. À la place, les démonstrations logicielles et les promesses d’algorithmes toujours plus puissants et capables de transformer l’expérience de conduite occupent le devant de la scène.
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CES 2026 – Ce fabricant chinois d’aspirateurs présente une hypercar électrique de 1 876 chCe recentrage s’explique en partie par le coup de frein observé sur le marché du véhicule électrique. Si les ventes continuent bel et bien de progresser à travers le monde, plusieurs marques ont fait le choix de revoir leurs ambitions à la baisse. À commencer par Volvo ou Porsche, deux constructeurs qui avaient de grandes ambitions. La fin progressive de certaines incitations publiques, la pression sur les marges et les récentes décisions politiques à travers le monde ne plaident pas en faveur du tout-électrique.
À Las Vegas, cela se traduit par assez peu d’annonces de nouveaux modèles électriques, là où le salon servait encore récemment de vitrine idéale pour présenter sa stratégie d’électrification. Cette année, on a encore eu le droit à une présentation de la part d’Afeela (la co-entreprise entre Sony et Honda). La firme a fait le choix de dévoiler un nouveau SUV 100 % électrique. Un modèle promis pour 2028, alors que la berline Afeela 1 présentée pour la première fois lors du CES 2023 se fait toujours attendre.
L’autre concept qui fait du bruit, c’est cette hypercar électrique de couleur verte présentée par Dreame, un fabricant chinois d’aspirateurs. Un bolide de 1 876 ch avec quatre moteurs électriques. Une future rivale pour la Rimac Nevera. C’est à peu près tout pour ce qui est des nouveautés. On a bien Mercedes avec son nouveau GLC électrique (un véhicule déjà connu), mais la marque allemande est surtout là pour présenter les solutions numériques qui trouvent leur place à bord de l’engin.
Enfin, Uber et Lucid sont sur le salon avec un Gravity largement modifié et transformé en robotaxi. Au total, 20 000 unités de ce Gravity amélioré seront déployées au cours des six prochaines années. Mais là aussi, il s’agit plus d’une démonstration technologique que d’une réelle nouveauté. Le Lucid Gravity est commercialisé depuis fin 2024. Alors, est-ce la fin d’une mode que de venir sur le CES de Las Vegas avec de nouveaux concepts électriques ? Peut-être qu’il y a un peu de ça aussi.
L’industrie automobile vit un bouleversement majeur. Les technologies de conduite autonome et d’IA apparaissent plus que jamais comme un nouveau relais de croissance potentiel. Plusieurs marques ont d’ailleurs déjà basculé vers ce modèle, c’est par exemple le cas de Tesla ou Rivian aux États-Unis. Ces deux constructeurs estiment que l’industrie est entrée dans une phase critique et préfèrent par conséquent mettre le cap sur l’IA. Pour Rivian, c’est « investir massivement dans l’IA maintenant ou disparaître ».
Constructeurs, équipementiers et start-up multiplient les annonces autour de systèmes d’aide à la conduite toujours plus avancés. Avec un discours désormais centré sur la fiabilité, la sécurité et la montée en puissance progressive des fonctionnalités. Plus question de promettre une voiture totalement autonome à court terme, mais plutôt d’accumuler des briques technologiques. On vous a notamment présenté ce volant rétractable développée par Autoliv et Tensor, prêt à intégrer des véhicules de série.
Dans tout cela, l’IA joue un rôle central. Elle irrigue autant les logiciels embarqués capables d’analyser le comportement du conducteur, que l’environnement routier ou les flux de circulation. Pour les industriels, l’enjeu est double. D’un côté ils cherchent à améliorer l’assistance à la conduite. De l’autre, ils s’efforcent de développer des services à valeur ajoutée, susceptibles de générer des revenus au-delà de la vente du véhicule. On parle alors de l’ère des « Features on Demand », ou « fonctionnalités à la demande ».
Le CES 2026 illustre également le poids de plus en plus important des acteurs de la tech dans l’écosystème automobile, à l’image de Mercedes venu avec Dolby, Xperi et Nvidia. Les fabricants de semi-conducteurs et de plateformes logicielles occupent une place stratégique. Ils sont même souvent plus visibles que les constructeurs eux-mêmes. Cette dépendance de plus en plus forte à des acteurs tiers pose la question de la maîtrise technologique et de la souveraineté industrielle. Un sujet qui agite les débats en Europe.
Enfin, derrière l’enthousiasme affiché autour de l’IA et de la conduite autonome, des incertitudes demeurent. Les contraintes réglementaires, les coûts de développement et les attentes parfois contradictoires des consommateurs rappellent que la route vers une technologie de conduite totalement autonome reste semée d’obstacles. À Las Vegas, on sent un discours plus prudent que par le passé. Moins de voitures du futur et d’annonces folles, plus de lignes de code, et beaucoup de promesses encore à concrétiser.
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