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Le groupe Renault a dévoilé cette semaine son nouveau plan stratégique. Notre râleur en chef s’est ennuyé pendant cette conférence et s’attendait à des annonces plus passionnantes…
Cette semaine, Renault avait rendez-vous avec son avenir. Huit mois après avoir été nommé directeur général, François Provost dévoilait son plan stratégique, la feuille de route jusqu’en 2030.
Bon, autant être honnête, comme disait Dewey (quoi, t’as pas la ref ?), je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu. J’ai même l’impression de ne rien avoir retenu d’une présentation qui a pourtant duré 1h30. Un peu inquiétant non ? Mais prévisible donc.
Il est vrai que François Provost n’est pas là pour renverser la table puisqu’il n’a pas pris les commandes d’un Renault malade comme c’était le cas de Luca de Meo en 2020. L’Italien a réussi une relance rapide et efficace du Losange, qui a permis d’engranger des résultats records en 2024. Et si ceux de 2025 ont été impactés par les nouvelles complications qui secouent l’industrie automobile, mine de rien, Renault est un des constructeurs qui a le mieux résisté. Au point que le français a été nettement plus rentable que Porsche en 2025, une situation à peine croyable !
L’idée du nouveau plan est donc de transformer la réussite du précédent, le fameux Renaulution, en un succès durable : on garde ce qui marche en poussant les curseurs, on coupe dans ce qui ne marche pas. Forcément, comme il n’y a pas besoin de traitement de choc, il n’y a pas eu d’annonces fortes qui vont marquer les esprits. On est dans une continuité ronronnante.
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Preuve que les financiers n’ont pas non plus été portés par une vague d’enthousiasme. Ils sanctionnent aussi peut-être un plan bien sage et fade. Moi-même, j’avais sorti le pop-corn pour suivre la conférence « FutuREady » et j’attendais de belles annonces et un peu de sensations.
Sur le planning des lancements, rien de bien concret, une différence nette avec la méthode de Meo. Ici, pas de calendrier précis, laissant le suspense sur le plan produit… mais aussi le flou. Une impression similaire m’a été donnée avec Dacia.
Alors que la firme est de plus en plus concurrencée sur son terrain du prix agressif, que ce soit par Citroën ou MG, la firme roumaine n’a pas fait d’annonce marquante sur ce point. Elle a surtout fait l’inverse de ce qu’on attend d’elle : dévoiler un deuxième véhicule pour son haut de gamme. Après le Bigster, place au Striker, un break baroudeur, certes promis abordable, mais on est maintenant très loin de la voiture populaire à moins de 10 000 € ! Pendant ce temps, les ventes de Dacia connaissent une inhabituelle zone de turbulences…
Sur le plan des annonces, on a été mal habitués par l’ère de Meo. Terminée donc l’époque de la communication pleine de paillettes de l’ancien DG. Avec son air de notaire de province, François Provost assume une partition moins flamboyante. Luca de Meo faisait du spectacle industriel. Provost fait de la gestion. On est passé de la keynote façon Apple à l’assemblée générale d’une mutuelle. Pas d’esbroufe, du sérieux, du solide. Du fade aussi donc et de l’ennuyant.
En amoureux de l’auto, Luca de Meo avait la bonne habitude d’agrémenter les annonces stratégiques de révélations produits, comme s’il m’envoyait un petit sucre pour me faire plaisir. On se souvient bien sûr que le clou du spectacle de sa Renaulution était la révélation du prototype de la R5. De quoi faire le buzz bien au-delà de la presse économique et automobile.
J’espérais un coup semblable, d’autant que Renault a un nouveau chef du design depuis quelques mois, le moment était donc venu pour lui de se faire connaître avec son manifeste pour le Losange, une étude pour annoncer un avenir qui fait envie.
Il y a bien eu quelques levées de voile avec musique plus forte pour réveiller l’auditoire cette semaine. Mais sur deux concepts pas vraiment intéressants : un petit 4×4 destiné à l’Inde et un démonstrateur technologique qui semblait avoir été sorti d’un placard pour occuper la scène. Aussitôt vu, aussitôt oublié.
Le côté très sérieux de François Provost va-t-il influencer la gamme Renault ? J’espère que non, mais cette présentation m’a quand même donné l’impression qu’après avoir multiplié les bons coups sous l’ère de Meo, le Losange n’avait plus rien sous le pied pour entretenir la flamme. C’était pourtant le moment de le faire. Le plan est rationnel, probablement efficace. J’aurais aimé qu’il soit aussi un peu plus passionnant.
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