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À la casse, les voitures électriques ont plus de valeur que les thermiques

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Image : Marc Guillemot / voiturelectrique.eu

Avec la démocratisation progressive des voitures électriques, les casses vont changer de visage. Une récente étude montre qu’une voiture électrique vaut 18 % de plus qu’un modèle thermique au moment de sa mise au rebut. Une donnée extrêmement intéressante, qui montre le potentiel de recyclage de ces modèles.

De gros changements à la casse

L’enquête réalisée par Wastetide raconte une mutation assez profonde de la filière automobile. Une voiture électrique en fin de vie vaut 18 % de plus qu’une thermique. Il ne s’agit donc plus seulement d’un déchet industriel mais bien d’un véritable gisement de matières stratégiques.

Là où un véhicule thermique tirait historiquement l’essentiel de sa valeur résiduelle de son acier, de son aluminium et des métaux provenant du pot catalytique, le tout-électrique déplace le centre de gravité vers l’électronique de puissance, les câblages en cuivre, les aimants et les batteries. Selon l’étude pilotée par cette start-up française, 87 % de la valeur récupérée provient précisément de ces composants.

Cette transformation intervient à un moment charnière pour l’Europe. Le Vieux continent compte près de 250 millions de voitures en circulation. Dont une part croissante de voitures électriques appelées à arriver massivement en fin de vie d’ici les quinze prochaines années. En parallèle, les industriels sont soumis à des objectifs de plus en plus stricts d’incorporation de matières recyclées. La voiture usagée change donc de statut… Elle n’est plus seulement un sujet de dépollution, mais une ressource potentielle pour réinjecter cuivre, aluminium et polymères dans la production. À l’échelle européenne, le recyclage pourrait même couvrir jusqu’à 10 % des besoins en cuivre liés à l’électrification.

Des bénéfices économiques, mais pas que…

Et figurez-vous que l’enjeu dépasse la seule logique économique. En France, où la voiture électrique affiche déjà un bilan carbone bien inférieur à celui d’un modèle thermique sur l’ensemble de son cycle de vie, la phase de fin de vie devient un levier décisif pour améliorer encore ce différentiel. Selon le ministère de la Transition écologique, un véhicule électrique émet déjà en moyenne cinq fois moins de gaz à effet de serre qu’un thermique, recyclage compris. Imaginez si on pouvait encore mieux valoriser les matériaux critiques et les plastiques une fois qu’une voiture électrique part à la casse. Cela permettrait de réduire encore un peu plus leur empreinte carbone.

Un exemple concret en France

À ces valeurs théoriques mesurées par Wastetide répond déjà une réalité de terrain en France. Dans le Loir-et-Cher, le centre Gièvres Auto a ouvert le premier site dédié au traitement des véhicules électriques et hybrides hors d’usage. Nos confrères de voiturelectrique.eu se sont rendus sur place. Un lieu qui donne un aperçu concret de la casse automobile des années 2030, avec une zone de mise en sécurité, une quarantaine pour les véhicules accidentés, un suivi quotidien de la température des batteries ou encore un atelier spécifique pour la dépose des packs. Sur ce site, en moyenne, 22 pièces sont démontées sur chaque véhicule pour être revendues en réemploi.

Plusieurs composants spécifiques, comme les prises et les chargeurs embarqués sont déjà recherchés sur le marché de la pièce d’occasion. À terme, les batteries pourraient suivre la même logique, à condition que les filières de diagnostic et de certification se structurent. C’est là que le sujet dépasse le simple recyclage des matériaux. Avant même l’étape de broyage ou de raffinage, une part croissante de la valeur passera par le réemploi, bien plus intéressant économiquement et écologiquement que la seule récupération de matière. Certaines batteries accidentées conservent jusqu’à 70 % de capacité. Elles pourraient alimenter demain un marché de seconde vie pour le stockage stationnaire.

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Maintenant, reste à structurer une véritable filière française et européenne capable de traiter ces volumes. D’ailleurs, on constate que le sujet ne se limite pas aux batteries, souvent mises en avant. Un nouvel enjeu de souveraineté industrielle se dessine. Il semble désormais nécessaire de sécuriser des ressources devenues sensibles. Plus qu’une curiosité statistique, cette surcote de 18 % révèle que la voiture électrique pourrait devenir l’un des piliers de l’économie circulaire automobile.

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