Gaz de Schiste

Les députés ont examiné le texte gouvernemental sur le gaz de schiste mardi dernier. Ils se sont prononcés aujourd’hui en approuvant le texte avec 287 voix contre 186. Cela induit l’abrogation des permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures non conventionnels et l’interdiction de leur exploitation sur le territoire national par la technique de fracturation hydraulique.

Avec la fin des énergies fossiles pour bientôt, le gaz de schiste apparaît comme une solution locale pour alimenter nos chauffe-eau, cuisinières ou encore véhicules au GNV.



Le gaz de schiste est piégé dans la roche sédimentaire argileuse, située entre 1000 et 3000 mètres de profondeur dans le sol. Cette roche sédimentaire argileuse a la particularité d’être « imperméable », c’est-à-dire qu’elle nécessite des forages et une fracturation hydraulique.

Aux Etats-Unis, le gaz de schiste est passé de 1% de la production locale de gaz en 2000 à 12% aujourd’hui. Les réserves de ce gaz dans le monde seraient 4 fois plus importantes que les ressources en gaz conventionnel. Le gaz de schiste représente un espoir de réduire nos dépenses énergétiques liées aux importations (plus de 9 milliards d’euros d’importations en 2009 juste pour le gaz naturel).

Selon le site du Ministère du Développement Durable, « il n’est pas question de permettre, en France, une exploitation conduisant à des dégâts environnementaux inacceptables ». Reste à déterminer ce que signifie « dégâts environnementaux inacceptables » ?

Aux Etats-Unis par exemple, un rapport rendu public liste 750 composés chimiques utilisés dans plus de 2500 produits pour la fracturation hydraulique, et dont la dangerosité des composés est parfois avérée. Ce rapport indique que les entreprises qui injectent ces fluides ne sont pas en mesure d’identifier les produits chimiques, à cause du secret commercial de leurs fournisseurs.

Ces produits chimiques sont injectés à plus de 600 bars en solution avec de l’eau et du sable. Il faut compter une injection d’environ 15 000 à 20 000 m3 d’eau par puits… Cela laisse imaginer, que pour quelques KWh, l’industrie du gaz de schiste serait prête à polluer des paysages Français, l’environnement d’une façon générale mais surtout des sols et des nappes phréatiques ! Il faut aussi compter sur les dégâts engendrés pas des petits tremblements de terre sous 2000 mètres qui sont créés par l’utilisation d’explosifs (plus d’infos).

Après de vives réactions, notamment aussi en retour au film « GasLand » qui est à l’origine de la mobilisation de particuliers contre le gaz de schiste, (film dénoncé par l’Amicale des foreurs et des métiers du pétrole comme étant une vaste imposture, truffée de mensonges et de contres vérités), le Premier ministre François Fillon juge légitime l’inquiétude des Français.

Ainsi, l’abrogation des permis d’exploration doit permettre une exploitation du gaz de schiste seulement si elle est possible avec une technologie permettant « de ne pas sacrifier l’environnement ». Il est à noter que plusieurs villes des Etats-Unis ont interdit ce type d’exploitation à cause de la contamination des nappes phréatiques, rendant l’eau courante impropre à la consommation.

Voici le film GasLand :


GASLAND par latelelibre



Bien que ces recherches puissent constituer une menace grave pour l’environnement, pour les territoires agricoles, pour les sites protégés et les parcs naturels ; le Conseil Général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies (CGIET) et de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) estiment que la France manque de connaissances sur le potentiel énergétique des hydrocarbures non conventionnels. Ainsi, pour eux, il ne faut pas interdire l’étude de ce potentiel, au risque de sacrifier des emplois et le développement économique d’une filière. C’est ainsi que des travaux de recherche scientifique sur les possibilités d’exploiter demain ces gisements potentiels seront conduits jusqu’à leurs terme.
(voir http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-101634QE.htm)

L’actualité politique des prochains mois nous réserve certainement des rebondissements, entre une éventuelle révision du code minier, le texte gouvernemental accepté par les députés et les pressions exercées par les différents lobbyings et surtout le fait que Mr Borloo avait accordé des permis à des entreprises pour exploiter le gaz de schiste en mars 2010. Or, si leur permis est abrogé, ces entreprises devront être dédommagées.

Enfin, c’est une bonne nouvelle que la fracturation hydraulique ne puisse pas se développer en France. Car rouler avec une voiture GNV au gaz de schiste n’aurait certainement pas pu être en accord avec ce que nous imaginons être une automobile propre !