Pour seoir à son statut de SUV de luxe et mieux flatter les acheteurs, le nouveau BMW X5 hybride rechargeable troque son quatre-cylindres contre un six-cylindres. La consommation est en hausse, tout comme la taille de la batterie, pour satisfaire au cycle de mesure européen.

C’est un an après les versions essence et diesel qu’est arrivé le BMW X5 hybride rechargeable. Un type de déclinaison déjà proposé sur la précédente génération, et qui entend s’octroyer la part du lion, fiscalité oblige. En effet, il s’agit là du seul moyen de s’offrir un gros SUV sans passer par la case malus et, dans le cas des entreprises, celle de la TVS. C’est dire l’importance de cette motorisation, qui prend le nom barbare de xDrive45e

Ce qui change

Sur ce nouveau X5, tout change ! Si la troisième génération était techniquement proche de la deuxième, cette quatrième mouture fait table rase du passé, en adoptant la nouvelle plateforme CLAR, inaugurée par l’actuelle Série 5 et désormais partagée par toute la gamme propulsion du constructeur bavarois. Le X5 en a profité pour monter en gamme, accroissant encore son gabarit. La longueur, de 4,92 m, est imposante. Mais c’est surtout la largeur, de 2 mètres hors rétroviseurs, qui impressionne, au point de se montrer pénalisante en milieu urbain. Car le X5 a choisi sa cible : il se destine avant tout au marché américain.

Né presque sportif et athlétique, le BMW X5 se veut aujourd’hui classique et statutaire. Car, pour ceux qui veulent un look plus dynamique, il existe le X6 (non décliné en hybride rechargeable… pour le moment ?). Alors que ceux qui veulent un luxe ostentatoire pourront se tourner vers le X7 (pas d’hybride rechargeable ici non plus). Bref, s’il n’était pas aussi massif, le X5 serait presque discret !

Le grand luxe à bord

A l’intérieur non plus, le X5 ne partage rien avec la précédente génération, même si l’ambiance demeure typiquement BMW. Les lignes du mobilier se sont affinées, alors que la finition se révèle parfaitement irréprochable. En piochant dans le copieux catalogue d’options, il est possible de choisir la couleur et le type de matériau de la moindre parcelle de l’habitacle.

Une fois que l’on s’est habitué au fonctionnement du système iDrive, celui-ci convainc par son ergonomie très intuitive. La molette située sur la console centrale permet de naviguer avec aisance dans les menus. Mais c’est surtout le contrôle gestuel qui se révèle comme un précieux allié au quotidien : plus besoin de quitter la route des yeux, il suffit de faire tournoyer son doigt pour régler le son. A cela s’ajoute une des reconnaissances vocales les plus performantes du marché.

Il serait indécent de critiquer l’habitabilité d’un tel colosse. Vu le gabarit, l’espace à bord est évidemment généreux. Mais il convient tout de même de noter que cette version hybride rechargeable ne peut pas disposer de l’option sept places, du fait de la présence de la batterie. Pas de quoi heurter les passagers avant, qui profitent de sièges qui comptent parmi les plus accueillants du marché, avec notamment des appuie-tête aussi moelleux que des coussins et une fonction massage tout à fait convaincante en option.

La technique

S’il est un point sur lequel le X5 hybride rechargeable n’a pas changé, c’est celui de la boîte de vitesses. Toujours fournie par ZF, celle-ci intègre un moteur électrique de 113 ch en lieu et place du convertisseur de couple. Pour le reste, tout est neuf, à commencer par la batterie. Celle-ci adopte une capacité énorme pour un hybride rechargeable : 24 kWh, cela correspond à ce qu’on trouvait sur les premières Renault Zoé et Nissan Leaf… 100 % électriques ! Un mal nécessaire, pour afficher une autonomie en mode électrique décente et donc conserver une fiscalité avantageuse.

Car ce que BMW donne d’un côté, il le prend de l’autre. Cette plus grosse batterie entend limiter les émissions de CO2 d’un moteur revu à la hausse. Sans doute pour mieux rivaliser avec le Porsche Cayenne e-Hybrid, ce X5 xDrive45e passe au six-cylindres en ligne. Ce bloc développe 286 ch, pour une puissance totale combinée de 394 ch. De quoi assurer sur la fiche technique des performances en ligne avec les exigences – élevées – de la catégorie : la vitesse de pointe s’élève à 235 km/h alors que le 0 à 100 km/h est abattu en 5,6 secondes. Pas mal pour un engin de 2.510 kg, dont les émissions de CO2 sont contenues à 47 g/km dans le pire des cas (avec les plus grosses jantes de 22 pouces)… Sur le papier évidemment.

Au volant du BMW X5 xDrive45e

Le BMW X5 hybride rechargeable se conduit avant tout… comme un X5 ! C’est-à-dire qu’il s’agit sans aucun doute d’un des SUV les plus confortables du marché. Surtout que la version xDrive45e est la seule de la gamme à profiter de série de la suspension pneumatique, optionnelle sur les autres motorisations. Les inégalités de la route apparaissent d’autant plus lointaines que l’insonorisation se révèle de très haute volée. Assorti des sièges au confort remarquable, cela fait de ce gros SUV un véritable cocon.

On attend évidemment une BMW sur le terrain du dynamisme. Force est de reconnaître que le X5 se défend correctement pour un engin aussi imposant. Le châssis, sainement équilibré et même presque joueur quand on le provoque, accepte d’être brusqué. Mais l’absence des quatre roues directrices, indisponibles sur la version hybride rechargeable, limite les fantaisies. Surtout, on regrette une direction fondamentalement imprécise autour du point milieu. Les choses s’améliorent un peu avec l’option de la direction active.

Là où ce X5 s’exprime vraiment, c’est sur autoroute. La direction se révèle toujours problématique pour maintenir un cap précis, mais les kilomètres défilent sans fatigue et les reprises sont immédiates et consistantes. Un compromis intéressant entre réactivité et allonge, même si les ressources semblent moins inépuisables que celles du X5 M50d à six-cylindres diesel quadriturbo, affichant une puissance pourtant proche de 400 ch. Mais le moteur électrique n’agit ici que comme un boost à haute vitesse, ce qui explique cette différence de sensation.

Une consommation en hausse

Si les choix techniques permettent de contenir les émissions de CO2 sur le papier, grâce à la méthode de calcul de l’homologation européenne, ce n’est pas le cas dans la vraie vie. Car la grosse batterie implique une hausse de poids, et le six-cylindres se révèle naturellement plus gourmand que l’ancien quatre-cylindres. En mode hybride, il convient de compter sur une consommation moyenne aux environs de 11 l/100 km. Pas de miracle.

Evidemment, le recours à une copieuse batterie permet une autonomie en mode électrique plutôt décente, puisque nous avons relevé un peu plus de 60 km, avec une consommation aux environs de 30 kWh/100 km sur un parcours mixte. Voilà qui permet d’effectuer une bonne part des trajets quotidiens en mode électrique… à condition de recharger la batterie régulièrement, ce qui n’est pas forcément naturel pour les clients de ce type de modèles, dont l’avantage premier reste l’avantage fiscal. Notons que BMW ne fait rien pour leur faciliter la vie, avec une économie de bout de chandelle en ce qui concerne le chargeur embarqué, limité à 3,7 kW. Inutile donc de chercher de grosse wallbox pour faire le plein de la batterie en moins de sept heures…

Pour conclure

Extrêmement confortable, agréable et luxueux, ce nouveau BMW X5 xDrive45e répondra sans doute aux exigences de ceux qui sont prêts à dépenser au minimum 88.700 € dans un SUV. Mais, philosophiquement, on peut regretter que les choix techniques de cette nouvelle moutures soient faits pour jouer au chat et à la souris avec le législateur, plus que pour réellement faire des économies d’énergie.