Le Peugeot E-Vivacity

La mobilité durable est encore loin de passionner les foules, c’est vrai. Cependant, avec le prix des carburants qui ne cesse d’augmenter, le sujet est plus que jamais d’actualité et les français, de plus en plus nombreux à modifier leurs comportements au volant.

Mais alors pourquoi diable les deux roues électriques rencontrent-ils si peu de succès auprès des consommateurs ?!



De façon immédiate, je serais une nouvelle fois tenté de répondre que c’est d’abord pour des raisons culturelles. Bien aidée par les (très) nombreuses infrastructures qui lui ont été offertes depuis plusieurs décennies, l’automobile s’est assez rapidement imposée face aux deux roues motorisés jugés plus dangereux, moins pratiques et surtout moins polyvalents.

Mais voilà, les temps changent et idéalement nous avec. Ces dernières années, impossible d’échapper aux conséquences du « tout automobile » dont beaucoup de pays sont devenus victimes : pollution atmosphérique, saturation routière, coût d’entretien des véhicules de plus en plus élevé, hyper-dépendance au pétrole, émissions de CO2, etc, etc…

Le Yamaha ECO3

Dans le même temps, les deux roues motorisés ont cherché à séduire une nouvelle clientèle, de plus en plus urbaine. Les nouveaux scooters à 3 roues ont par exemple permis de rassurer celles et ceux qui reprochaient, parfois à raison, le manque de stabilité des scooters classiques équipés de petites roues.

Mais c’est sans doute dans la catégorie des deux roues électriques que les progrès les plus spectaculaires ont été accomplis. Vu depuis la France, c’est loin d’être une évidence je vous l’accorde. Mais après une rapide recherche sur Internet, on découvre à quel point notre pays – il n’est pas le seul – continue à vivre dans l’ignorance du potentiel offert par ces nouveaux joujoux !

En Chine, il s’en vend des millions chaque année (*). En France, les distributeurs peinent à renouveler leur stock qui n’a pourtant rien d’exceptionnel. L’an dernier par exemple, les ventes de deux roues électriques ont tout juste atteint le millier d’exemplaires (hors VAE) contre 2,2 millions de nouvelles immatriculations pour les voitures neuves !

10 fois moins gourmand en électricité qu’une voiture électrique ou qu’un tramway (**), les deux roues électriques sont particulièrement bien adaptés à la propulsion électrique sur batterie compte tenu de leur faible masse (Yamaha eco3 = 56 kg !) et du nombre de kilomètres qu’ils parcourent en moyenne par jour. En ville, ils constituent très souvent l’alternative de transport la plus rapide et la plus économe qui soit. Peu encombrants et très économes en énergie, ils sont une source importante d’économies pour la collectivité comparativement aux transports collectifs où à l’automobile.

Évidemment il reste encore des points à améliorer comme la sécurité, l’autonomie (?) ou le prix à l’achat qui reste assez élevé. Mais à l’heure où les français se disent inquiets pour l’avenir de la planète, à l’heure où tous ou presque se plaignent du prix des carburants, les deux roues électriques demeurent très largement sous-représentés pour parcourir les millions de petits trajets effectués chaque jour en France, notamment en ville.

(*) VAE inclus
(**) par personne transportée.