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Assemblée sur les chaînes de l’usine PSA de Rennes-La Janais (35), alimentée en énergie par des batteries construites près de Quimper (29), la Citroën E-Méhari est l’une des voitures électriques les plus « Made in France ». C’est en tout cas la plus bretonne de toutes. Relativement séduisante, que vaut-elle sur la route ?

Orange mécanique

De couleur orange mécanique avec une toile noire et un intérieur blanc, la Citroën E-Méhari de notre essai ne passe pas inaperçue. On aime, ou on n’aime pas, mais sa bouille l’apparente immédiatement au C4 Cactus. Mais derrière elle, c’est du « Bolloré inside ».

A part la face avant, l’engin rappelle qu’il est le clone de la Bluesummer. L’intérieur, l’arrière et les flancs latéraux en sont quasiment la copie conforme. Elle reprend les batteries lithium-métal-polymère d’une capacité de 30 kWh, montées sur la Bluecar, qui nécessitent d’être à une température proche de 60° C pour leur bon fonctionnement.

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Un métro passe

Un de mes passagers, lors de l’essai, a su trouver l’expression qui résume le mieux la sensation qu’on éprouve à bord d’une Citroën E-Méhari en mouvement : « On se croirait dans le métro ». Déjà à cause du moteur électrique très présent. C’est quand même un comble de devoir dire d’une voiture électrique que son moteur est bruyant ! La route n’a pas besoin d’être extrêmement mauvaise pour que la caisse « en plastique » de l’engin, dans un véritable brouhaha, vibre de partout. Un phénomène sans doute accentué par une suspension ressentie comme relativement dure.

Imaginez-vous dans un car de moyenne gamme, roulant sur une route plus vraiment très récente avec ses trous et bosses, et vous êtes assis sur un des sièges juste au-dessus de l’essieu arrière : bienvenue dans une Citroën E-Méhari ! En revanche, je n’ai pas retrouvé les craquements de caisse que j’avais perçus en essayant une Bluesummer l’année dernière.

A la place du conducteur

Le conducteur profite entièrement de cette ambiance. Mais en plus, il perçoit aussi d’autres sensations. Pour quelqu’un qui n’aurait à se faire une idée générale des voitures électriques qu’en essayant une Citroën E-Méhari, sa seule conclusion possible serait qu’elles sont bien loin d’être à la hauteur des thermiques.

Je ne suis pas venu essayer l’engin en Tesla Model S, mais avec une simple C-Zero, dont l’ambiance à bord m’est tout d’un coup apparue très silencieuse et confortable. En appuyant sur la pédale d’accélérateur, l’image qui est ressortie de ma mémoire est celle d’un gamin 6-7 ans actionnant celle d’un petit karting forain adapté à son âge. Après tout, la E-Méhari se veut être un véhicule ludique qui surfe avec nostalgie sur l’image de la mythique voiture imaginée par l’industriel visionnaire Roland Paulze d’Ivoy de la Poype ! La E-Méhari démarre par petites saccades pour nous amener au stop, à 20 mètres de son lieu de parking. Sur une Renault Clio branchée de 1996, ce fonctionnement archaïque, soit ! Mais sur un engin vingt ans plus jeune… On se demande alors légitimement ce qui va se passer quand on va devoir accélérer franchement.

En ville

Arrêtée dans les bouchons ou à un interminable feu rouge, un grand Soleil radieux fixé dans le ciel, toile retirée, la E-Méhari dégage un charme fou. Les passants la commentent, l’ambiance de la rue nous enveloppe, et le Soleil permet à notre corps de synthétiser un maximum de vitamine D.

Le sélecteur de vitesse est agréable à manier. Il est composé de seulement trois boutons : D, R, N, respectivement pour avancer, reculer et immobiliser la voiture. C’est simple, et le cerclage lumineux qui les entoure est agréable, pour qui apprécie déjà le genre dans quelques ascenseurs.

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Le selecteur de vitesses de la e-Méhari. Particulièrement esthétique pour qui aime les boutons d’ascenceur

A chaque démarrage, on a l’impression de devoir faire avancer une lourde voiture. Sur la balance, elle pèse tout de même plus de 1,4 tonnes à vide, au minimum, pour 340 kilos de charge utile. Les freins sont efficaces : voilà qui est plus rassurant que la sensation de fragilité renvoyée par la pédale d’accélérateur, ou les portes qui se ferment lourdement sans permettre de vraiment savoir à l’ouïe si elles sont bien accrochées. Pour autant, la E-Méhari peut se montrer relativement improbable de vivacité. Sans exagération toutefois : il lui faut un peu plus de 6 secondes pour accrocher le 50 km/h, d’un moteur d’une puissance de 50 kW maxi et d’un couple de 140 Nm.

Sur route

Sortie de la ville, la E-Méhari peine à convaincre de l’emmener au bord de la mer, si elle se trouve à plus d’une centaine de kilomètres de là. On s’ennuie vite à son volant sur les nationales.

Elle s’insère correctement dans le trafic, mais il manque ce petit plus qui en ferait la fidèle monture du chevalier du XXIe siècle. Sa vitesse maximale est limitée à 110 km/h. Au dessus de 50-60, débâchée, la E-Méhari parvient à nous faire oublier le bruit strident de son moteur, remplacé par celui du vent qu’elle nous promettait de percevoir. Si l’accotement herbeux vient d’être coupé, on récupère également une agréable sensation olfactive, dans une ambiance à bord très lumineuse.

En villégiature

Et si l’on est déjà au bord de la mer, alors là, elle est dans son univers. Quitter le camping pour la plage, puis casino un peu plus loin, et enfin les jeux de plein air pour les enfants ensuite : ça, elle sait très bien faire. Pas plus de 2 jeunes avec leur parents : la E-Méhari est une 4 places. Attention à bien vous laver les mains si vous avez manipulé du poisson avant de prendre le volant, l’alcantara qui le recouvre en partie, pas forcément très agréable au toucher, risque d’en conserver la mémoire. En revanche, on apprécie la simplicité de l’équipement, et en particulier des sièges imperméables, qui permet un entretien facile, en particulier par nettoyage au jet d’eau.

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Carte de visite

Curieusement, ou pas, la E-Méhari semble promise à une carrière en entreprise. Là, elle est une sorte de carte de visite, verte, qui aide à faire connaître son activité : livraison de plats à domicile, démarchage en équipements de production d’énergie renouvelable, etc.

Quelques établissements hôteliers ou de thalassothérapie n’hésitent pas à la proposer en location à leur clientèle satisfaite de modérer l’impact sur l’environnement de leurs déplacements. Dans ce contexte, l’ambiance à bord, la qualité de l’équipement et des matériaux, les sensations de conduite sont secondaires. Avec ses 2 arceaux, la E-Méhari offre un parfait écrin pour véhiculer des personnalités en parade, au sein de diverses manifestations.

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Equipement

On aime pouvoir enrouler les surfaces transparentes qui forment le vitrage et les attacher rapidement avec des boutons de pression. Le compteur à affichage numérique, au centre du tableau de bord, est visible de tous les occupants. Mais pour le coup, l’état de charge de la batterie n’est pas forcément bien perceptible du conducteur en roulant sans la toile, surtout lorsqu’il fait Soleil. Voir resté illuminé cet équipement après avoir retiré la clé est un peu déroutant, quand on a l’habitude de chasser chez soi le gaspi électrique.

Mais pour quelle surconsommation, finalement, par rapport au maintien des batteries à bonne température ? La E-Méhari est équipée d’un système d’antipatinage des roues, mais pas d’airbags. Son volant est réglable en hauteur et en profondeur. Elle dispose d’un avertisseur pour les piétons. Seule option sur la liste : la climatisation.

La trappe verrouillable qui affleure dans le coffre, conçue pour stocker la capote et le câble de recharge, peut également recevoir quelques chiches bagages et objets à cacher des regards, le tout à hauteur de 100 litres. Parmi les manques : des vide-poches qui seraient pourtant bien utiles afin de déposer quelques documents qu’on ne voudrait pas voir s’envoler en les déposant sur les sièges.

Hivernage

Rechargeables en 13 ou 8 heures, sur une prise respectivement en 10 et 16 ampères (pas de recharge rapide), les batteries de technologie lithium-métal-polymère constituent un choix acceptable pour une utilisation régulière. Si l’engin se repose plusieurs jours d’affilé, il doit rester branché pour ne pas décharger les accumulateurs au risque de devoir attendre de longues heures avant de pouvoir effectuer un trajet de 100-150 kilomètres.

Un mode hivernage existe, pour les longues périodes d’immobilisation. Là aussi, il faudra prévoir, en plus du temps consacré à la recharge, celui du retour des cellules à une température 60° C. Une fois l’opération terminée, Citroën indique une autonomie de 100 ou 200 kilomètres, respectivement en cycle extra-urbain et en ville.

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18.500 euros + location des batteries

Plus de 80 E-Méhari ont été immatriculées en juin dernier, et presque 320 depuis le début de l’année, ou plutôt depuis mars, mois de son apparition en préfecture. Elle est la neuvième voiture particulière électrique vendue en France, derrière une autre Citroën, la C-Zero, et loin devant la Volkswagen e-up!.

Au comptant, la Citroën E-Méhari est actuellement à 18.500 euros TTC, auxquels s’ajoutent 79 euros mensuels de location des batteries. A signaler que, contrairement à Renault, ce tarif est unique et s’entend pour un kilométrage illimité. En formule LLD à 60 mois, avec la fourniture des accumulateurs, le loyer à acquitter est de 487 euros.

Défendez la E-Méhari !

Vous avez déjà essayé la E-Méhari ou l’utilisez quotidiennement avec satisfaction, vous n’êtes pas revendeur du modèle ni intéressé aux bénéfices de l’un d’eux ni de PSA, vous trouvez les conclusions de cet essai trop dures voire injustes : dites-le dans les commentaires !

Et surtout, témoignez de l’usage que vous faites de cette voiture ou que vous penseriez en faire. Dans vos commentaires également, n’hésitez pas à établir un parallèle avec le quadricycle E-Story qui exploite la base de la Méhari historique.