La crise sanitaire du Covid-19 continue de secouer le monde industriel. Début avril dernier, e.Go Mobile avait déjà déposé auprès du tribunal d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) une procédure de sauvegarde.

La production de la petite citadine électrique a cependant été maintenue jusque-là. Mais au 1er juillet 2020, afin d’éviter la faillite, les chaînes d’assemblage et les activités de développement ont été mises à l’arrêt. Le personnel concerné se retrouve en chômage partiel. Pour rappel : l’effectif complet de e.Go Mobile s’élève à environ 450 collaborateurs.

L’entreprise n’est cependant pas fermée. Elle va se concentrer sur les ventes et livraisons des exemplaires déjà produits d’e.Go Life, sur les essais en cours, et sur les services client et après-vente. Ces derniers conservent leur habituelle disponibilité.

Cette réorientation devrait permettre de faire rentrer un peu de liquidités sans alourdir le passif.



Selon le tribunal d’Aix-la-Chapelle, l’actuelle procédure de cessation de paiement, autogérée sur les actifs du constructeur, ne remet pas en cause l’avenir de la jeune entreprise allemande fondée en 2015 par son actuel PDG Günther Schuh.

L’instance estime que les perspectives restent positives pour e.Go Mobile qui poursuit les négociations avec les financeurs potentiels. « Au cours des derniers mois, nous avons eu de nombreux pourparlers prometteurs avec des investisseurs nationaux et internationaux. Nous sommes donc convaincus que nous pourrons trouver une bonne solution avec un peu plus de temps à disposition », assure Günther Schuh.

Epaulé par des avocats de cabinets différents spécialisés en droits commerciaux et des entreprises, ce dernier reste responsable des activités opérationnelles.

Avis de l'auteur

Le tribunal d’Aix-la-Chapelle et la direction d’e.Go Mobile sont pleinement dans leur rôle en jouant la carte de l’optimisme pour l’avenir de la jeune entreprise. Ne pas le faire ruinerait les chances de rebond alors que l’activité économique mondiale redémarre comme elle peut.

Ce fabricant d’une voiture électrique parmi les moins chères et surtout les plus efficientes du marché a toute sa place dans un monde que nombre de citoyens en Europe espèrent plus vertueux. Il illustre même parfaitement ce vers quoi les constructeurs automobiles pourraient et/ou devraient tendre en matière de mobilité individuelle.

En Allemagne, comme en France, c’est actuellement que les automobilistes se bousculent pour changer de voiture, encouragés par les aides gouvernementales. En arrêtant la production maintenant de l’e.Go Life, certes on évite l’alourdissement des créances qui poussent dangereusement à la faillite. Mais ne prive-t-on pas la startup d’un effet coup de pouce ?

Aux investisseurs potentiels de se décider rapidement s’ils veulent faire d’e.Go Mobile un constructeur durable de la mobilité de demain.