AccueilArticlesUne voiture sur dix vendue en Europe est chinoise, et ce n'est pas fini

La suite de votre contenu après cette annonce

Les ventes de voitures chinoises progressent vite, très vite. En décembre 2025, une voiture sur dix immatriculée en Europe portait un badge chinois. Et c’est beaucoup plus que cela pour les modèles électriques ou hybrides rechargeables.

Personne n’a jamais dit que les firmes chinoises allaient conquérir 50 % du marché européen d’un claquement de doigt. Pourtant, on entend encore de-ci de-là certains clamer « elle est où la vague chinoise annoncée ? » ou « ça ne marchera jamais ». Mais les chiffres sont têtus. Les marques chinoises sont en pleine conquête de l’Europe, et elles vont vite. Bien plus vite que les constructeurs japonais il y a 40 ans ou les coréens il y a 30 ans.

À lire aussi
Encouragé par sa croissance en 2025, le chinois BYD veut encore s’étendre en Europe

10 % en 5 ans

L’invasion a débuté en 2020. MG, déjà présent au Royaume-Uni, s’élance à la conquête du continent et renforce ses moyens. La marque sino-britannique est suivie par bien d’autres : BYD, Chery, Geely, Xpeng, Nio, Hongqi, Dongfeng, Changan… Avec plus ou moins de bonheur. Certains échouent, d’autres sont en voie de réussir leur pari. C’est le cas de MG, BYD, Xpeng ou Chery.

Pas de tsunami immédiat, mais une vague qui monte de manière irrémédiable. Sur l’année 2025, l’ensemble des marques chinoises ont conquis près de 6 % du marché européen (UE + UK + EFTA), contre 4,5 % un an plus tôt. En décembre, la part des chinois est même arrivée à 9,5 %, presque une voiture sur 10. Soit la valeur avancée par nombre d’experts… pour 2030. Une valeur et une échéance souvent jugées irréalistes. Et pourtant, nous y sommes. 9,5%, c’est plus que les constructeurs coréens, et pas très loin des japonais. MG ou BYD sont désormais des marques bien implantées, aussi visibles que des labels historiques.

Selon les pays, leur présence est encore plus forte. L’Espagne et le Royaume-Uni accueillent à bras ouverts ces constructeurs. Dans ces deux contrées, le seuil des 10 % est atteint sur l’ensemble de l’année. En janvier, le Jaecoo 7 est devenu la seconde voiture la plus vendue Outre-Manche, le BYD Seal U pointe à la sixième place et le MG HS à la dixième… A contrario, la France n’est pas très accueillante avec 3,4 % du marché pour les marques chinoises. Mais toutes ne sont pas encore implantées dans notre pays.

Encore plus pour les électriques et hybrides rechargeables

10 % pour l’ensemble des motorisations. Y compris les motorisations essence proposées par MG, Chery ou Jaecoo. Si l’on ne prend en compte que les modèles hybrides rechargeables ou électriques, la part des constructeurs chinois grimpe à 16 % en décembre, et 11 % sur l’année. En Espagne ou au Royaume-Uni, nous en sommes à 18 % sur l’année !

Pourquoi ?

Le prix, bien entendu, apparaît comme premier facteur. Les constructeurs européens ont trop privilégié les segments supérieurs plus rémunérateurs. On préfère vendre 50 voitures sur lesquelles on réalise une marge de 20 % plutôt que 150 voitures avec seulement 5 % de marge…

Voire ne rien gagner du tout plutôt que gagner trop peu et donc afficher une marge incompatible avec les attentes de la bourse. Quitte donc à abandonner des segments entiers du marché. Aujourd’hui, une partie des clients ne peut plus s’acheter une voiture neuve correspondant à leur besoin.

La qualité du produit a aussi son rôle à jouer. Avouons que, hormis leur prix ou leur promesse de garantie, les premières Hyundai ou Kia vendues en Europe ne donnaient pas trop envie. Au contraire des voitures que les constructeurs chinois proposent. Ils combinent prix, garanties élevées, qualité de finition, équipement, technologie, style… En prime, certains produisent maintenant sur place, permettant d’écarter certaines barrières psychologiques.

Il leur reste à adapter un peu mieux leur offre aux attentes des clients européens (volume de coffre, comportement routier) et rassurer pleinement sur le sujet de la fiabilité et de la durabilité.

La question qui se pose à présent : pour quand les 20 % ? 2030 ?

Nos guides