La suite de votre contenu après cette annonce

C’est encore un coup de tonnerre pour l’industrie des batteries européennes ! Automotive Cells Company (ACC) vient d’annoncer la suspension de ses projets de nouvelles usines en Italie et en Allemagne.
ACC, co-entreprise entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, avait été créée en 2020 avec l’ambition de bâtir une filière européenne de batteries. Six ans après, les plans s’effondrent. Si les projets de gigafactories en Allemagne, à Kaiserslautern, et en Italie, à Termoli, étaient déjà gelés depuis mi-2024, cette fois-ci on parle bien d’un abandon total. Le groupe estime que les « conditions nécessaires à leur déploiement ne sont plus réunies ». ACC a engagé des discussions avec les syndicats sur les modalités d’arrêt.
Ces deux sites devaient compléter l’usine française de Douvrin, dans le Pas-de-Calais. L’usine française produit des batteries lithium-ion de type NMC (nickel-manganèse-cobalt), longtemps considérées comme la référence pour les véhicules électriques. Mais le marché évolue rapidement vers la chimie LFP (lithium-fer-phosphate), moins coûteuse et plus durable, bien que moins dense en énergie. Ce basculement a totalement rebattu les cartes pour l’industrie.
Comme souvent, les Européens ont du mal à adapter leurs stratégies. C’est la Chine qui dicte sa loi dans le domaine des batteries. CATL et BYD détenaient en 2025 plus de 50 % du marché mondial. Aujourd’hui ils fabriquent majoritairement des batteries LFP, mais demain cela sera du sodium-ion ou des technologies solides… S’ils veulent suivre, nos industriels doivent être en capacité de s’adapter. Ou encore mieux, ils doivent être à l’initiative des évolutions technologiques. Mais aujourd’hui ce n’est pas le cas.
À lire aussi
Voitures électriques : les fabricants de batteries misent sur cette technologie pour contrer la hausse du lithiumCet abandon est également lié à la situation de Stellantis, principal actionnaire d’ACC. Le constructeur franco-italo-américain traverse une phase délicate. Le groupe a récemment annoncé des charges exceptionnelles massives après avoir « surestimé la croissance du marché des voitures électriques ». La suspension des projets de gigafactories vise donc aussi « à limiter les risques financiers ». À Termoli, l’abandon du projet de batteries va permettre au site de poursuivre la production de moteurs thermiques.
Du côté français, l’usine du Pas-de-Calais reste stratégique mais n’est pas exempte de difficultés. ACC y rencontre actuellement des problèmes de montée en cadence industrielle. Conséquence directe de cette situation, les modèles à grande autonomie de Stellantis prennent du retard. La co-entreprise est même obligée de se rapprocher d’un partenaire asiatique expérimenté pour améliorer ses performances… Voilà qui illustre à merveille le retard technologique et industriel que tente encore de combler l’Europe.
À lire aussi
Voitures électriques : les batteries de ce géant chinois se dégraderaient moins vite que les autresAu-delà du cas ACC, cette annonce met un peu plus la lumière sur les fragilités de la filière européenne des batteries. On se souvient évidemment de la faillite du géant suédois Northvolt il y a quelques mois. La mise en place d’une industrie locale capable de rivaliser avec l’Asie s’annonce plus longue et plus complexe que prévu.
Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement