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Dans un précédent article, nous vous présentions la société Blooweels, qui loue exclusivement des véhicules électriques premium. Nous avons pu tester le service et louer une Tesla Model X le temps d’une journée.

Cela fait un peu moins de deux mois que le premier Model X a posé ses roues dans notre pays. Il est d’ailleurs encore très rare d’en croiser un dans la rue, même dans la capitale. Faisant partie des premiers clients à avoir passé commande du gros SUV électrique et à avoir été livré, Blooweels le propose donc en exclusivité nationale à la location. En tant que passionné d’automobile et de véhicules électriques à la pointe de l’innovation, c’est une opportunité qui fait réfléchir.

Après réflexion, et surtout mise en place d’un partenariat financier avec un ami qui profitera de la Tesla un des deux jours de location convenus avec Blooweels, il est temps de passer au concret !

La réservation

Blooweels est un loueur atypique de par sa flotte, mais également de par son concept de réservation et de prise en charge.

La société est en effet parmi les premières à ne plus proposer d’agence physique, dans un souci de diminution des coûts et pour proposer à ses clients les meilleurs tarifs possibles. A ce jour, et si l’on exclue les opérateurs d’auto-partage, seul Virtuo (qui ne loue que des Mercedes diesels) propose un modèle similaire.

La réservation d’un véhicule s’opère donc sur internet, sur le site de Blooweels. Après avoir choisi le parc le plus proche de Paris, je réserve donc le Model X pour une remise des clés à la Défense, le samedi matin. A noter que Blooweels propose également une remise du véhicule sur le lieu de son choix en option.

Deux astuces pour ceux qui veulent bénéficier du meilleur tarif : la location est beaucoup moins onéreuse en semaine, et il ne faut pas hésiter à suivre le fil Facebook ou Twitter de Blooweels car les offres spéciales sont fréquentes (une remise de 15% était par exemple accordée pour toute réservation effectuée lors du Black Friday).

Remise du véhicule et introduction à l’univers Tesla

Me voici donc arrivé à la Défense où Vincent Gombault, le président fondateur de Blooweels, m’attend avec le Model X 90D blanc flambant neuf. C’est plutôt rare de se faire remettre sa voiture de location par le PDG ! Mais c’est courant chez Blooweels puisque Vincent gère sans intermédiaire les parcs de l’ouest parisiens.

Autre différence notable par rapport à un loueur conventionnel, on prend ici le temps de vous expliquer le fonctionnement du véhicule. Pour quiconque est déjà resté coincé un quart d’heure sur le parking d’un loueur, avant de comprendre que pour démarrer sa Mini de location, il faut enfoncer l’embrayage et appuyer en même temps sur le démarreur, c’est appréciable.

Cela tombe bien car une Tesla ne se loue pas comme une voiture lambda. Tout technophile que je suis, il n’est en effet pas évident de prendre en main un véhicule sans levier de vitesse, tableau de bord physique, poignées de portes, avec des fonctions autonomes avancées, etc. Et ce ne sont pas mes dix minutes d’essai de la Model S il y a quelques années qui m’ont permis de dominer l’interface maison. Après une rapide « formation » à l’utilisation de l’écran central, et aux fonctions de conduite autonome, je suis prêt à partir.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur Blooweels, retrouvez ci-dessous l’interview de Vincent Gombault, PDG de la société.

Premières impressions

Si l’objet de cet article n’est pas de tester le Model X, je vais néanmoins vous partager mes premières impressions sur ce véhicule, et surtout essayer de vous rendre compte des sensations qu’offre sa conduite à Paris.

Au premier regard, le Model X apparait comme un SUV imposant, avec un design très réussi, à mi-chemin entre un BMW X6 et un iPod. Ses cotes ne sont pourtant pas les plus élevés du segment, et l’on peut même se sentir petit en croisant une Porsche Cayenne ou un Range Rover. C’est plutôt un avantage en ville, où finalement le Model X parvient à se faufiler grâce à un rayon de braquage convenable. Bien sûr l’aspect « Silicon Valley » de l’engin est renforcé par les portes à ouverture automatique, en particulier les « Falcon doors » qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre.

Au volant, on est très bien. Siège confortable, position de conduite en hauteur, direction précise et, bien sûr, une puissance conséquente qui vous permet de déplacer l’engin comme s’il s’agissait d’une citadine sportive. Sur ce modèle 90D, l’accélération impressionne moins que sur la Model S P85+ que j’avais pu conduire, mais suffit à laisser tous les autres véhicules plusieurs mètres derrière au feu vert.

Autopilot : un bond dans le futur

Mais l’expérience la plus bluffante est évidemment l’autopilot qui rend la voiture quasi-autonome. Arrivé sur le périphérique parisien après quelques minutes de conduite, la circulation en accordéon apparait rapidement comme le test idéal de ce système qui permet au conducteur de ne plus avoir à gérer la direction et la vitesse. Je tire deux fois vers moi la petite manette qui regroupe le régulateur adaptatif et la fonction autopilot… La voiture se centre elle-même dans la file et calque son allure sur la voiture me précédant. L’autopilot est tout simplement un bond dans le futur.

Le système reste néanmoins perfectible. Deux exemples : en circulant dans la voie de gauche, on se fait rapidement klaxonner par les motards qui nous doublent par la droite, le système est en effet configuré pour occuper le centre de la file et non pas serrer à gauche pour se laisser doubler. Autre limite, en abordant un virage serré sur lequel le marquage au sol se rétrécissait, l’ordinateur de bord s’est mis à biper de manière assez angoissante et j’ai préféré reprendre la main.

La journée étant passée très rapidement, je n’ai malheureusement pas eu le temps de filmer de manière convenable l’intérieur du Model X. De manière générale, l’habitacle est agréable et vaste. La finition est correcte sans être exceptionnelle. Un seul détail est assez agaçant sur un véhicule de plus de 100.000 € : les portes à ouverture électrique, particulièrement une des portes Falcon, émettent des bruits de craquements et de grincements qui ne font pas très haut de gamme. Le système multimédia embarqué est également perfectible, même s’il reste un des meilleurs du marché.

Un concept-car dans Paris

En louant le Model X, je me doutais que j’allais croiser sur ma route quelques enthousiastes qui s’intéresseraient à ce véhicule encore peu répandu. Je me suis néanmoins rendu compte que j’avais sous-estimé cet aspect lorsqu’un scooter a manqué de provoquer un accident en restant le regard bloqué sur la voiture alors qu’il me dépassait. Je pourrais multiplier les exemples, mais pour résumer, disons que j’ai eu l’impression de conduire un concept-car. Les réactions ne sont en effet pas les mêmes que si vous rouliez dans une sportive, à l’image de ce conducteur qui attendait une place et qui a vu le Model X sortir seul de l’emplacement en épi où je l’avais stationné… Entre sidération et enthousiasme car ce véhicule est avant tout conçu pour accélérer la transition énergétique, et c’est un aspect auquel les parisiens sont particulièrement sensibles.

Si je dois conclure ce témoignage, je vous dirai que j’ai passé un moment assez exceptionnel au volant d’un véhicule qui représente incontestablement le futur de l’automobile. Je suis d’ailleurs assez impatient de retrouver ces technologies sur des véhicules plus abordables. En attendant, je n’écarte pas la possibilité de relouer le Model X…