Essai Renault ZOE

D’ordinaire, je l’avoue franchement, les voitures de plus de 1,2 tonnes à vide, c’est pas trop mon truc. Mais grâce à la fée électricité, on peut enfin goûter aux joies de la sobriété même au volant d’une voiture de près de 1,5 tonnes ! La révolution ?

Depuis sa présentation officielle dans les concessions Renault il y a un mois et demi environ, je n’avais pas encore pris le temps d’aller essayer en bonne et due forme la fameuse Renault ZOE qui fait tant parler d’elle sur Automobile Propre. C’est désormais chose faite !

1. Beaucoup plus qu’une simple citadine tout électrique

Comme toutes les voitures électriques du marché, la première impression qui se dégage au volant de ZOE, c’est le d’abord le silence. Même équipée de la monte pneumatique la plus large qui soit, le bruit des pneumatiques reste très discret. La prise en main est très rapide pour qui a déjà conduit une voiture automatique. Sur les premiers mètres, les conducteurs de voitures hybrides ne seront pas trop dépaysés. C’est en appuyant un peu sur l’accélérateur que les premières différences se font sentir : ici pas de moteur thermique pour prendre (bruyamment) le relais malgré une accélération franche et linéaire. Bienvenue dans le monde du tout électrique !

S’agissant de la finition, point sur lequel je n’ai pas pour habitude de beaucoup m’attarder, pas grand chose à signaler. La voiture est bien construite, la qualité des matériaux est tout à fait correcte eu égard au prix de vente. L’ambiance à bord est plutôt zen étant donnée les couleurs très claires qui dominent y compris sur la planche de bord.

Quant à la présentation extérieure, on aime ou on aime pas, mais globalement, on ne peut pas dire que la voiture laisse indifférente, surtout avec ses optiques assez futuristes. Petit bémol, qui n’a rien de spécifique au fait qu’elle soit électrique : l’hyper exposition des pare-chocs aux petits chocs. Un choix esthétique que beaucoup de constructeurs assument désormais pleinement… pour le plus grand bonheur du service après-vente et des garages automobiles !

2. Redécouvrir les lois fondamentales de la physique

La mobilité n’étant rien d’autre que de la physique, au volant de ZOE, pas besoin de parcourir des centaines de kilomètres pour se rappeler que la vitesse constituera toujours un ennemi sacré de la sobriété, y compris au volant d’un véhicule offrant un bon aérodynamisme.

Convaincu de la chose que je suis, la seule contrainte que je me suis fixé durant tout l’essai fût de ne pas dépasser 90 km/h. Sur le parcours choisi pour l’occasion, rouler au delà aurait de toute manière été une infraction au code de la route. Or, s’agissant des limitation de vitesse, comme dit si bien le proverbe, rien ne sert de courir, il faut savoir partir à point.

Pour le reste, je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir été particulièrement attentif à ma conduite, du moins pas plus qu’à l’habitude. Et ce, malgré les indications fournies au tableau de bord ainsi que via la tablette R-Link qui incitent assez naturellement à adopter une conduite la plus économe possible.

Sur route, le frein moteur de ZOE qui fait merveille en ville, m’a laissé assez perplexe. A de nombreuses reprises, j’ai préféré opter pour la position « N » du levier de vitesse afin de profiter au maximum de l’inertie de la voiture à chaque fois que cela m’a semblé pertinent. Comme pour une voiture hybride, la technique du « Pulse & Glide » semble toute indiquée pour augmenter l’autonomie tout en conservant une conduite dynamique.

Comme pour une voiture hybride, ce qui frappe immédiatement l’esprit, c’est le formidable gâchis énergétique dont sont responsables les voitures à pétrole qui composent l’immense majorité du parc roulant à chaque fois qu’elles circulent en ville ou à très faible vitesse. Avec une mention spéciale pour les grandes agglomérations où la qualité de l’air ne cesse de se dégrader depuis trop longtemps déjà…

3. 164,4 km à 50 km/h de moyenne

autonomie

C’est évidemment le genre de test auquel je ne me serai jamais livré au volant d’une voiture à pétrole mais puisqu’il s’agissait ici de tester l’autonomie en condition réelle d’usage, j’ai du sacrifier un peu plus de 3 heures d’un bel après-midi ensoleillé pour mener à bien ce test grandeur nature au volant de la Renault ZOE. Au final, avec la clim réglée à 20°C durant une bonne partie de l’après-midi, j’ai quand même réussi à parcourir un peu plus de 160 kilomètres à très exactement 50,0 km/h de moyenne. Pour une consommation moyenne estimée de 13,3 kWh/100km. Plutôt satisfaisant dans la mesure où l’essentiel du parcours était constitué de routes départementales limitées à 90 km/h.

tb

4. Bilan

À condition de posséder un garage fermé, cette Renault ZOE se présente comme une alternative tout à fait crédible pour de nombreux ménages qui n’ont pas d’autre choix possible que celui d’utiliser une automobile pour se rendre au travail quotidiennement ou presque. Sachant que la majorité d’entre eux ne font guère plus de 50 kilomètres aller/retour dans la journée, l’obligation de recharger quotidiennement la voiture n’en est alors même plus une.

Quant aux 2 % du temps où l’autonomie de ZOE ne sera effectivement pas suffisante faute de pouvoir faire le plein de kWh en cours de route1, ce sera à chacun en son âme et conscience de trouver une alternative… ou pas !

Vive la révolution !