PSA

Au-delà de la vague de licenciement annoncée il y a quelques jours, c’est toute la stratégie de PSA sur les voitures vertes qui est également au point mort, après la fin des accords avec BMW.

En octobre 2011, Peugeot et BMW annonçait la création d’une joint venture, BMW Peugeot Citroen Electrification (BPCE), pour développer et produire des motorisations électriques et hybrides. La partie recherche & développement devait se faire à Munich, et la production à l’usine Peugeot de Mulhouse, qui allait embaucher 250 ouvriers à partir de 2015.



Curieusement, quelques mois plus tard, en mars 2012, BMW signait un autre accord avec Toyota pour le développement en commun de batteries lithium. Et en juin, le couple étendait sa coopération aux motorisations électriques, aux piles à combustibles et aux matériaux ultralégers.

Bref, BMW avait décidé de se passer de sa collaboration avec PSA. Et l’excuse était toute trouvée : Peugeot-Citroën s’était récemment allié avec General Motors, qui a pris une participation de 7% dans le capital de PSA. Par contre, la collaboration sur les petits moteurs essence (qui équipent les Minis et plusieurs modèles Peugeot et Citroen) va continuer…

Toujours est-il qu’il semblerait que BMW va prendre le contrôle à 100% de BPCE à Munich, et il semblerait aussi que BMW gardera la centaine de français qui travaillent déjà pour BPCE (sur environ 400 employés au total). Il n’est pas très clair si ces français sont des anciens de Peugeot qui ont été mutés à Munich. Si tel est le cas, Peugeot perdrait d’un coup une bonne partie de sa compétence en motorisation électrique et hybride… Dans tous les cas, Mulhouse perd la production des motorisations développées par BPCE.

PSA est décidément dans une mauvaise passe. Et ce n’est pas un problème de coût de production en France, comme le prétend son PDG, Philippe Varin (lire cet excellent article à ce sujet). D’ailleurs, les coûts de production ne semble pas déranger les productions en France de la Smart et de la Yaris, Toyota s’apprêtant même à exporter cette dernière aux USA !

Mais au delà des erreurs de stratégies et des alliances qui échouent, il reste toujours le fait que les européens préfèrent une Golf à une 308, une Polo à une C3, et une Passat à une 508 (ne parlons même pas d’une Laguna…). Ce qui explique que PSA est au bord du gouffre, et que Renault ne survit que grâce aux bénéfices de Nissan et à sa gamme low-cost Dacia (qui va bientôt subir la concurrence des voitures chinoises).

La voiture électrique sauvera-t-elle Renault, ou la firme au losange ne deviendra-t-elle qu’une marque régionale de l’alliance Nissan-Renault-Daimler ? PSA a t-il encore une chance de survivre en tant que constructeur indépendant, ou Peugeot et Citroën ne deviendront-ils, eux aussi, que des marques régionales de GM ?