Les différences entre l’autonomie annoncée et l’autonomie réelle
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Autonomie d’une Zoé de première génération.

Difficile de s’y retrouver entre l’autonomie annoncée par les constructeurs de véhicules électriques et l’autonomie réelle. La différence est si grande qu’on pourrait considérer certaines publicités comme mensongères. La Renault Zoé à 400 km annoncés mais 280 réels, la Tesla Model S 100D à 630 km annoncés mais plutôt 450 réels… Pourquoi de tels écarts ? Nous vous expliquons tout dans ce dossier.

Le cycle NEDC, une norme totalement inadaptée

L’homologation via le cycle NEDC (Nouveau cycle européen de conduite) est la principale raison de l’écart entre l’autonomie annoncée et l’autonomie réelle des véhicules électriques. Également responsable des chiffres de consommation extrêmement bas et inatteignables sur les véhicules thermiques, cette norme ne reflète en rien les comportements et cycles de conduites réelles. Elle est pourtant adoptée par la quasi-totalité des constructeurs pour homologuer l’autonomie et les données de consommation de leurs véhicules commercialisés en Europe.

En effet, le cycle NEDC ne comporte aucune accélération marquée ni de phase à vitesse élevée. Le 0 à 50 km/h est par exemple exécuté en 26 secondes. Le test se déroule à une vitesse moyenne de 33 km/h, à une température située entre 20 et 30 degrés et sur un banc à rouleaux censé recréer artificiellement les résistances aérodynamiques et de frottement. La vitesse maximale de 120 km/h est atteinte pendant 10 secondes seulement sur la totalité de l’essai.

Connaître l’autonomie réelle à partir de l’autonomie annoncée

Pour connaître l’autonomie réelle d’une voiture électrique par rapport à l’autonome annoncée, on peut appliquer la règle simple du « 50-80 ». Dans un scénario de consommation élevée, l’autonomie réelle correspond ainsi à 50% de l’autonomie NEDC. Au mieux, elle représente 80 % de l’autonomie NEDC. Cette règle générale est globalement fiable.

Il ne faut pas oublier non plus qu’aucun cycle normalisé ne peut représenter parfaitement la consommation moyenne d’un véhicule. Chaque conducteur possède en effet son propre comportement de conduite, chaque région d’utilisation du véhicule est plus ou moins vallonnée, venteuse, froide et différemment équipée en infrastructures routières. De très nombreux facteurs influencent la consommation. La meilleure façon de rendre compte de l’autonomie réelle d’un véhicule électrique est finalement de l’essayer soi-même dans ses propres conditions d’utilisation.

De nouvelles normes plus réalistes dès 2017

Le cycle NEDC doit être remplacé en septembre 2017 par un cycle plus réaliste et rigoureux, le WLTP (de l’anglais, « Procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers »). Les nouvelles autonomies annoncées devraient donc être bien moins différentes de celles obtenues en conditions réelles.

Les explications du Guide de la Voiture Electrique