Après la voiture électrique, Tesla s’attaque au marché du transport routier et a présenté ce jeudi son Tesla Semi. Autonomie, performances, fonctionnalités, on vous dit tout sur le camion électrique de Tesla.

Surprise ! C’est par une chanson en français et un « bonjour » que la présentation du Tesla Semi commencé. Un clin d’œil à Jérôme Guillen, le français à la tête du programme. Débauché de chez Daimler en 2010, il avait notamment travaillé sur la Model S avant de prendre la tête du programme Tesla Semi en novembre 2016.

800 km d’autonomie

Si Tesla n’a pas donné d’indication quant à la capacité batteries de son Semi, le constructeur a donné quelques chiffres concernant son autonomie, annonçant pouvoir parcourir jusqu’à 800 km avec la charge maximale et sur autoroute. Si on est loin des gros routiers diesel, capables de rouler jusqu’à 1600 km avec un plein, les 800 km annoncés par Tesla s’avèrent largement suffisant dans de nombreux autres cas. On pense notamment aux nombreux camions travaillant en boucle fermée, réalisant du transport régional ou inter-régional et revenant chaque jour à leur point d’origine.

Côté recharge, Elon Musk introduit un nouveau dispositif. Baptisé MegaChargeur, il s’agira d’une version plus puissante que les superchargeurs actuels. Objectif : permettre aux camions de récupérer jusqu’à 400 miles d’autonomie (640 km) en 30 minutes seulement. En d’autres termes, cela laisse présager une puissance de l’ordre de 350 kW. Un nouveau réseau qui devrait être déployé à l’échelle mondiale

Tesla oblige, le constructeur a également insisté sur les performances de son futur modèle avec 4 roues indépendantes, 6 moteurs et un 0 à 96 km/h franchi en 20 secondes avec ses 40 tonnes de charge utile (5 secondes à vide). En termes d’aérodynamique, le Tesla Semi revendique également des performances de supercar avec un coefficient de pénétration dans l’air de 0.36 Cd, soit presque deux fois moins qu’un camion diesel.

Poste de pilotage du futur

Alors que les cabines des camions classiques ne sont pas particulièrement avenantes, le Tesla Semi place le conducteur en position centrale pour offrir davantage d’espace et une meilleure visibilité sur la route. Un second siège rabattable permet d’installer un deuxième passager. En revanche, pas de système de couchage prévu ce qui confirme que le Tesla Semi s’oriente davantage sur des applications « courtes distances » avec retour au point d’origine dans la journée.

De part et d’autre du volant : deux écrans tactiles. Installés en position horizontale, ils semblent identiques à ceux embarqués à bord de la Tesla Model 3.

Elon Musk a également longuement insisté sur la présence de vitres incassables. « Un petit détail qui a son importante pour les professionnels » a souligné le patron de la marque, faisant sans doute référence aux nombreux cas de vandalisme subis par le secteur du poids-lourd.

L’AutoPilot appliqué aux poids-lourds

Nous évoquions le sujet pas plus tard qu’hier. Pour convaincre les professionnels, il faut ausi miser sur l’innovation. En important de nombreuses technologies issues du monde automobile, le constructeur prend de vitesse l’industrie du poids-lourd.

Parmi les fonctionnalités présentes sur le Tesla Semi figurent une application dédiée qui permettra notamment au chauffeur de suivre l’état de charge de son camion mais également le dispositif Autopilot qui sera proposé comme un équipement « standard » sur tous les modèles.

Appliqué au camion, celui-ci permet le maintien automatique dans la voie et intègre une fonction inédite de platooning. Kesaco ? Un dispositif permettant à d’autres véhicules sans chauffeur de suivre automatiquement un véhicule « leader ». Dans le cas du Tesla Semi, le premier camion est conduit par un conducteur humain tandis que deux autres le suivent automatiquement. Si on a encore du mal à imaginer un tel système en centre-ville, il sera surtout utile sur les autoroutes. Objectif : permettre aux transporteurs d’économiser sur la masse salariale en divisant théoriquement par trois le besoin en personnel pour un même trajet.

La question du TCO

Lorsqu’il s’agit de séduire les professionnels de la logistique, le véritable enjeu reste le prix. Si Elon Musk n’a pas précisé les tarifs de son camion électrique lors de la conférence, il promet que le coût total de possession sera 20 % inférieur à celui d’un modèle diesel équivalent. Le patron du groupe californien a par ailleurs annoncé une garantie de 1.6 millions de kilomètres sur l’ensemble de la chaîne de traction.

La production du Tesla Semi doit débuter en décembre 2019. Compte tenu que les retards ne sont pas rares chez le constructeur californien, l’information reste à prendre avec la plus grande prudence.

Tesla Semi – Galerie photos