Lors de l’inauguration du dispositif de stockage du stade Johan Cruijff ArenA, à Amsterdam, Automobile-Propre a pu s’entretenir avec Thomas Chretien, Directeur Véhicules Electriques et Ecosystème au sein de Nissan West Europe. L’occasion de revenir sur les résultats de la nouvelle Nissan Leaf dans l’hexagone, neuf mois après l’ouverture des commandes.

« A fin juin on doit être à environ 3700 commandes, dont 2000 livrées… à rapprocher aux 12.000 Leaf livrées depuis 2010 » chiffre Thomas Chretien. « Entre octobre et novembre 2017, nous avons reçu 1000 commandes pour la Leaf 2.Zero, soit autant que sur les deux premières années de commercialisation » renchérit-il, soulignant par ailleurs le succès du e-NV200 dont la nouvelle version, dotée d’une batterie 40 kWh, a déjà cumulé quelque 700 commandes. « Fermeture des centres-villes, développement du e-commerce… l’utilitaire électrique dispose d’un gros potentiel » analyse notre interlocuteur.

Une clientèle orientée vers le haut de gamme

« Si la première génération de Leaf était très populaire dans ses premiers niveaux de finition, nous avons désormais une vraie demande sur le haut de gamme» souligne Thomas Chretien qui décrit une clientèle en quête de technologie, le dispositif ProPilot équipant 50 % des modèles livrés par le constructeur. A l’inverse, la prime à la conversion, remaniée depuis le 1er janvier, ne représente plus que 15 % des ventes.

« Les finitions Tekna et N-Connecta du modèle actuel (moyen & haut de gamme ndlr) représentent environ 60 % des ventes » chiffre-t-il. Le reste est réparti entre les ventes « business » (15 %) et la finition Acenta, Nissan ayant choisi d’abandonner la Visia, sa version d’entrée de gamme, il y a quelques semaines.

Des changements qui concernant également le mode d’acquisition. Alors que les premières Leaf étaient en grande partie achetée en LOA ou LLD, la nouvelle affiche une parité entre achat et location. « Le fait que les clients achètent la voiture plutôt que de la louer est une vraie nouveauté. Ils sont rassurés et souhaitent désormais garder la voiture » note le représentant de Nissan. Une situation qui n’est pas réservée à la seule marque nippone. Lors d’une rencontre organisée début juillet, Gilles Normand, Directeur Division Véhicule Électrique de Renault, a fait le même constat. « A fin 2017, 30 % d’acheteurs préféraient le ‘full puchase’ par rapport au ‘by Lease’. En 2018, on sera plus proche du 50/50 » a déclaré le représentant de la marque au losange lors d’une rencontre avec la presse organisée début juillet à Paris.

Parmi les autres tendances citées par Nissan figure la hausse des ventes aux entreprises, notamment via les loueurs spécialisés. « Au sein de l’offre Nissan, la Leaf est devenu le troisième modèle le plus vendu chez les spécialistes de la location longue durée » note Thomas Chretien.

De bons résultats en occasion

Les feux semblent également au vert du côté du marché de l’occasion. Premier constructeur à avoir lancé un label spécifique pour ses voitures électriques d’occasion, Nissan annonce un marché à la hausse. Car si la côte attribuée aux voitures électriques a été longtemps incertaine, le recul du diesel associé à une meilleure confiance des utilisateurs quant à la fiabilité et à la durée de vie des batteries tendent à renvoyer de l’attrait sur l’électrique. D’autant que l’offre occasion de Nissan a de quoi séduire. Outre les 12 à 36 mois de garantie offerts par le label, les voitures électriques d’occasion de Nissan sont vendues avec l’intégralité du pack mobilité. Celui-ci comprend le Zero Emission Charge Pass, la réduction sur les trajets auto-train, l’installation d’une prise Green Up et la carte Hertz Horizon créditée de 12.000 points, soit 3 semaines de location d’un véhicule thermique offertes pour les plus longs trajets.

En termes de volumes, les chiffres de vente occasion de la Leaf pour 2016 et 2017 ont été respectivement de 619 et 787 exemplaires. Une tendance qui devrait s’accélérer en 2018, les Leaf de premières générations étant de plus en plus nombreuses à parvenir au terme de leur période de leasing.

Réaction sur le Rapidgate

Si le représentant de Nissan n’a pas pu (ou pas voulu) nous donner davantage d’information sur l’arrivée de la Leaf 60 kWh, il n’a pas hésité à répondre aux questions liées au Rapidgate. Un problème qui, révélé au printemps, intervient lors de charges rapides successives, l’absence de régulation thermique de la batterie de la berline nippone provoquant une diminution de la puissance et donc un allongement de la durée de charge.

« Le vrai sujet porte sur l’usage de la voiture. Avec la Leaf, on sait que 99 % de nos clients font moins d’une charge rapide par jour » indique notre interlocuteur qui souligne le surcoût engendré par la mise en œuvre d’un système de régulation thermique. « La vraie question est de savoir s’il faut faire porter ce coût aux 99 % qui n’en n’ont pas besoin » justifie-t-il.

Pour éviter le problème lors de trajets comprenant des charges successives, Nissan conseille de toujours partir avec une batterie chargée à 100 % et de ne pas descendre sous les 20 % entre chaque charge. Sur autoroute, la limitation de la vitesse à 110 km/h permet également d’éviter la montée en température du pack tout en préservant l’autonomie. Des conseils qui permettent d’atténuer le souci mais en aucun cas de le résoudre. Aussi, si vous faites partie de ceux qui envisagent des longs trajets réguliers, mieux vaut patienter jusqu’à la Leaf 60 kWh ou vous orienter vers un autre modèle tel que la Hyundai Ioniq électrique qui, à gabarit équivalent à la Leaf, dispose d’une batterie à la température mieux régulée.

Nouvelle Nissan Leaf : près de 4.000 commandes en France
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