Etablissement d’enseignement supérieur basé en Loire-Atlantique, La Joliverie compte depuis 6 ans dans son catalogue une FCIL consacrée à la maintenance des véhicules électriques et hybrides. Nous avons rencontré Stéphan Blain, enseignant dans cette filière.

Fluence Z.E.

Aux Brouzils, lundi dernier 3 juin 2019, Stéphan Blain a présenté au public convié par les organisateurs du Vendée énergie Tour, la formation complémentaire d’initiative locale (FCIL) dispensée par La Joliverie.

A côté de lui, une Renault Fluence Z.E. qui semble neuve ! De quoi étonner les amoureux de cette voiture trop tôt enlevée du catalogue selon certains. Et il y en a justement ce jour-là, et notamment un ancien utilisateur depuis passé à une Nissan Leaf 2.

« Cette voiture est en permanence démonté par nos élèves. La batterie, par exemple, est tombée environ 40 fois par an. La Fluence sert déjà à apprendre aux élèves à mettre hors tension une voiture. Nous avons des boîtiers électriques qui simulent des pannes, et qui mènent au remplacement de certains éléments du véhicule », témoigne Stéphan Blain.

Pourquoi une Fluence ? « Renault est partenaire de notre établissement. Quand nous nous sommes lancés dans cette formation, la Zoé n’était pas encore sortie. Voilà pourquoi le constructeur nous a confié ce modèle », répond-il, espérant motiver en Vendée davantage de jeunes à rejoindre La Joliverie.

GPL et GNV aussi

« Nous devons lutter pour remplir les sessions de 8 à 10 élèves », se désole quelque peu Stéphan Blain.

Dans sa plaquette, l’établissement indique : « La FCIL offre un atout supplémentaire à l’insertion professionnelle pour les mécaniciens et techniciens automobile avec l’acquisition de compétences dans la maintenance des véhicules électriques et hybrides ».

Ce que l’intitulé de la formation n’indique pas, c’est qu’elle s’intéresse aussi au GPL et au GNV. L’objectif de ce cursus est « d’habiliter les élèves issus d’un bac professionnel ou d’un BTS et de permettre l’intervention de haute technicité sur les véhicules à énergies nouvelles ».

Notre interlocuteur souligne : « La formation sur les moteurs thermiques – BTS motoriste – reste au cœur de notre établissement, c’est son ADN », justifie l’enseignant.

« Nous nous activons pour que le nouveau cursus soit reconnu au niveau licence », souligne-t-il. Ce qui intéresserait un plus large public d’élèves.

Sur 8 mois

« Notre formation s’étale sur 8 mois, du 15 septembre au 15 mai de l’année suivante », précise Stéphan Blain.

Elle se découpe en « 12 semaines de formation à la Joliverie et 15 autres en entreprise, réparties sur plusieurs périodes », et en 2 parties : « les habilitations aux différentes normes, et l’intervention de maintenance et de diagnostic haute technicité ».

Renault, PSA, Toyota, BMW, Porsche, EDF, la métropole de Nantes, la société d’exploitation des transports sur le territoire (Tan), etc. figurent parmi les structures prêtes à accueillir les élèves de la Joliverie.

A l’issue du cursus, chaque élève « est capable de conseiller un client sur les produits (véhicules, locations de batteries, coût d’amortissement, rentabilité, etc.), de diagnostiquer, mettre en sécurité et intervenir sur ces véhicules. Il assure également des missions de formation des techniciens de maintenance, de gestion de l’atelier après-vente ».

Tesla en demande

« Tesla poursuit son développement en France sans vraiment de réseau ou de personnel de maintenance pouvant en former d’autres avec une habilitation à la clé. Le constructeur nous contacte régulièrement pour étoffer ses équipes, ce qui intéresse beaucoup nos jeunes », reconnaît Stéphan Blain.

Les atouts de la proposition de La Joliverie résident dans une formation en alternance école/entreprise, avec des projets tuteurés, un accompagnement pour décrocher un stage, un fort taux d’insertion professionnelle, des partenariats privilégiés avec de grandes entreprises, et des équipements adaptés à la formation.

Microjoule

« Notre établissement a une tradition de participation à des épreuves d’éco-mobilité », rappelle Stéphan Blain. Il cite en particulier le projet pédagogique Microjoule lancé et animé par Philippe Maindru, professeur dans cet établissement en sciences du moteur, aujourd’hui à la retraite.

L’engin a été enregistré une trentaine de fois à Shell Eco-marathon européen, décrochant quasiment autant de victoires que de participations. Son record établi en 2009 sur prototype à essence est toujours d’actualité : 3.771 km parcouru avec un seul litre de ce carburant.

Régulièrement en collaboration avec Polytech’Nantes (campus Nantes et Saint-Nazaire), La Joliverie inscrit aussi à différentes épreuves des prototypes fonctionnant à l’électricité, à l’hydrogène ou au gaz naturel.

« Des jeunes qui sont passés par ce type de projets sont ensuite professionnellement plus créatifs et plus performants », m’avait confié en 2016 Philippe Maindru, lors de son interview pour un autre média.

Pour les jeunes avant le Bac

« Nous nous intéressons aussi aux jeunes avant le Bac », poursuit Stéphan Blain. « Avec eux, nous participons cette année encore à la Solar Cup qui se déroule à Chartres », se réjouit-il.

Il s’agit d’une course nationale d’endurance de véhicules électro-solaires qui se déroule en juin sur un peu plus de 300 kilomètres de distance depuis 2013. Elle est programmée cette année les 28 et 29 juin prochains.

Nous souhaitons à notre interlocuteur et à ses élèves de décrocher une belle place.

Automobile Propre et moi-même remercions vivement Stéphan Blain pour sa disponibilité.

La Joliverie forme des techniciens embauchés par Tesla
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