Nous avons l’habitude de publier le témoignage d’utilisateurs réguliers de voitures électriques. Dans le présent article, nous interrogeons 3 foyers en démarche pour en acquérir une. Ce qu’ils espèrent, ce qui les séduit et ce qui les freine !

Couple de retraités

Interviewer Michel S. sans Marie-Agnès, son épouse, ne semble pas pensable tellement le projet d’acheter une première voiture électrique est pour eux intense. « Elle remplacerait nos 2 voitures : ma Renault 4 L que je pense donner à un jeune de la famille qui veut participer au 4 L Trophy et la Citroën C5 de mon mari », explique la jeune retraitée d’un service hospitalier de Meurthe-et-Moselle. « C’est une V6 à boîte automatique », précise son compagnon qui attache une grande importance à l’automobile, comme nombre de chauffeurs poids lourd dont il a été.

« Nous étions sur le point de signer pour une Zoé l’année dernière, mais mon mari est tombé sur un article, peut-être sur votre site, qui conseillait d’essayer plusieurs modèles avant de faire son choix », avoue Marie-Agnès. « Notre choix n’est toujours pas arrêté, même si ma préférence va toujours à la Zoé », poursuit-elle. Michel commente : « J’ai besoin de me sentir fier de la voiture électrique que nous aurons, d’autant plus qu’elle sera l’unique voiture du foyer, une première pour nous depuis notre mariage en 1978 ».

Jeune informaticien

A 33 ans, Anthony D. est informaticien dans la région bordelaise. Il roule actuellement dans une BMW 318d de 2008. Sa démarche pour acheter une voiture électrique est toute récente. « C’est un message publicitaire envoyé par BMW il y a 3 semaines qui m’a convaincu de venir essayer la i3 à la concession », commente-t-il.

Après l’essai, c’est le temps de la réflexion pour Anthony D. qui souhaite mûrir sa démarche, et en particulier bien sentir la place que pourrait tenir la nouvelle venue, alors que sa compagne utilise sa propre voiture au quotidien, une Volkswagen Golf. Le propre père de notre interviewé bordelais possède une Renault Zoé depuis 3 ans. Notre interlocuteur ne l’a cependant jamais essayée et n’a que peu de retours sur l’utilisation de la citadine branchée du Losange, d’autant plus que le modèle ne l’attire pas, pas plus que la Nissan Leaf, d’ailleurs.

Consultante grenobloise

Véronique J., consultante en informatique de 55 ans, connaît Automobile Propre et a déjà déposé quelques commentaires à la suite d’un de nos articles pour affiner sa recherche. Déçue par le seul diesel qu’elle ait possédé à ce jour, elle en est venue à se poser la question d’une voiture électrique pour le remplacer.

« Ma Citroën C3 de 2008 achetée d’occasion me coûte trop cher en entretien ! Plein de pièces lâchent, et notamment des injecteurs qui fuient et un turbo qui risque de casser ! Et en plus son coffre est trop petit ! », déplore-t-elle. Voilà pourquoi elle utilise maintenant une Saxo essence Bic de 2002, son mari disposant d’une voiture de fonction. Elle réfléchit dans tous les sens à son achat d’une nouvelle voiture, qu’elle aimerait bien électrique, pour 8.000 kilomètres de routes à parcourir dans l’année, avec des déplacements rarement supérieurs à 70-80 km. Et pourquoi pas les quelques trajets de 1.100 km vers la Bretagne où elle dispose d’une maison secondaire.

A la base, une démarche éconologique…

Chez Anthony D., l’intérêt pour la voiture électrique était déjà balbutiant avant la réception du message commercial envoyé par BMW. « Ce serait pour moi l’occasion de faire des économies sur le gazole et aussi un geste pour la planète », confie-t-il.

Il n’est toutefois pas dupe : « Je sais bien qu’une voiture électrique n’est pas une voiture complètement propre du fait de sa fabrication et d’une électricité qui en France est majoritairement nucléaire, mais elle est moins émissive en CO2, sans émission sur son passage et, concernant la i3, elle est fabriquée dans une usine alimentée en énergie renouvelable qui emploie des matériaux recyclés ».

…environnementale et pragmatique…

Pour Véronique J., penser à l’achat d’une voiture électrique relève d’une démarche encore plus axée sur l’environnement, et ce, beaucoup par la force des choses. Elle explique : « Sur Grenoble, nous avons le dispositif Crit’Air qui amène de fréquentes restrictions de circulation ». Elle précise : « Je me suis dit que je pourrais profiter de l’achat d’un nouveau véhicule pour apporter ma petite pierre à l’édifice afin que l’air soit plus respirable dans ma région ».

Avant de parvenir à cet objectif, elle doit trouver les réponses à beaucoup de questions, mais aussi parvenir à convertir son mari qui doute qu’une voiture électrique soit adaptée aux impératifs de la conduite en montagne.

…ou curieuse

Chez les S., rien de tout cela ! « Notre prochaine voiture sera notre dernière à être achetée neuve, et nous avons envie, ma femme et moi, de découvrir et rouler avec une des dernières technologies d’automobiles », résume Michel.

« Dans ma famille, on a une grande culture sur le sujet et on aime utiliser des voitures un peu différentes mais surtout très agréables et vivantes à conduire ; les essais des modèles électriques nous ont convaincus sur ce dernier point », relate-t-il. Marie-Agnès est plus sensible « à la discrétion de ces véhicules sur leur passage et à l’ambiance à bord ».

Des impératifs ?

Pour les 2 Lorrains, pas d’impératifs précis : chacun des conjoints ayant ses propres souhaits. « Du moment que le prix est dans notre budget, ce dont nous avons pu nous assurer, et qu’il est possible de temps en temps de faire 400 kilomètres dans la journée pour rendre visite à nos enfants et petits-enfants ou à des amis, c’est suffisant », révèle Michel.

Du côté de chez Anthony D., c’est avant tout la séduction qu’exercerait une voiture électrique qui l’emporterait… à condition que le modèle soit dans ses moyens financiers. Ses besoins au quotidien sont raisonnables : un aller-retour Bordeaux-Libourne, soit environ 50 kilomètres par jour.

Oui !

En revanche, plus à l’Est, en Isère, il y a 2 impératifs incontournables : un budget serré à 15.000 euros pour une voiture électrique neuve ou d’occasion « qui n’a pas besoin d’être grande », et un moteur relativement puissant avec un fort couple. Cette dernière exigence semble un peu surprenante venant d’une conductrice que l’on n’imagine pas forcément jouer de la conduite sportive. « La rocade de Grenoble compte des bretelles de sortie par la gauche, obligeant parfois à devoir bien accélérer pour les prendre correctement », justifie-t-elle. Et ce n’est pas tout : « Nous passons régulièrement quelques jours à la montagne, à 1.000 mètres d’altitude ; le trajet dure environ 45 minutes et nous devons parfois accélérer aussi très fort pour dépasser un véhicule particulièrement lent ».

Les modèles essayés : BMW i3…

Pour Anthony D., la ronde des essais pourrait bien se limiter à la seule BMW i3. « Même si je pourrais envisager de changer de marque, j’éprouve une véritable affection pour BMW », nous confie-t-il. « J’ai retrouvé avec la i3 l’habituel plaisir de conduire qu’on ressent sur toutes les BMW », s’enthousiasme-t-il. « J’apprécie le frein moteur très puissant de la i3, son esthétique, l’ouverture antagoniste des portes, la conception même de la voiture », liste-t-il. Bref, vous l’aurez compris, notre Bordelais est tout simplement « complètement séduit » par la citadine de la marque à l’hélice. Cependant, il est peu sensible au prolongateur d’autonomie, car, dans son esprit, son modèle de prédilection se doit d’être 100% électrique. Pas d’autre essai prévu, mais un rapide tour sur le Web, dont le présent blog Automobile Propre, pour se faire une idée des qualités des modèles concurrents.

…Tout ce qui se présente…

Chez Michel et Marie-Agnès S., on ne rate pas une occasion de faire un essai, répondant à toutes les sollicitations des constructeurs et accompagnant des proches lors de leurs propres rendez-vous chez les concessionnaires. Ce qui donne, concrètement ? « Renault Zoé, Peugeot Partner et iOn, Citroën E-Méhari, Tesla Model S, Kia Soul EV, Nissan Leaf, Volkswagen e-up! et e-Golf, BMW i3, et quelques hybrides rechargeables comme les Passat GTE, Mitsubishi Outlander, Volvo XC90, Porsche Cayenne », énumère Michel. Impressionnant et très diversifié !? « En amoureux de l’automobile que je suis, je ne vois pas de cloisons entre les catégories ! », répond-il.

Et pour le budget ? « En partant à la retraite, nous avons chacun reçu une confortable prime », admet-il pour balayer l’argument budgétaire. Quel serait finalement le modèle que vous choisiriez ? Marie-Agnès gagne en rapidité : « Je reste sur l’idée de la Zoé, en rouge métallisé ! », souligne-t-elle. Son mari n’a pas encore arrêté sa réflexion. « Avant de me décider, j’aimerais essayer la Tesla Model 3 : elle a quasiment tout pour me plaire et répondre à nos besoins et au-delà, sauf cette histoire d’écran géant qui remplace le compteur ; et va pour le rouge métallisé ! », concède-t-il. « Disons que si l’essai est concluant, ce sera la Model 3 », complète-t-il avec plus d’assurance.

…Aucun pour l’instant

Avant de commencer à essayer des voitures électriques, Véronique J. cherche à sélectionner les modèles qui pourraient correspondre à ses attentes et impératifs. En cela, la conversation téléphonique que nous avons eu ensemble pour recueillir son témoignage a permis de dresser une première liste qui complète la Nissan Leaf qui l’intéresse et qu’elle sait désormais aussi disponible avec la location de la batterie.

« J’apprécie les services complémentaires comme l’auto/train, le pack mobilité, etc., proposés par Nissan », évoque-t-elle. Elle pense également à la Renault Zoé, dont « la location de la batterie facilitera la revente ». La consultante grenobloise aimerait, « afin d’aller jusqu’au bout dans la démarche propre » pouvoir associer les énergies renouvelables à la recharge de sa voiture, étudiant les différentes possibilités qui lui seraient accessibles, et imaginant « une solution domestique solaire ».

Emballez, c’est pesé !?

Aucun de nos témoins n’est prêt à ce jour à signer un chèque pour acquérir une voiture électrique, mais la démarche est toujours bien en cours, avançant au rythme de la maturation de projet.

Chez les S., en Meurthe-et-Moselle, on attend de se faire son opinion sur la Model 3. Véronique J. devrait débuter les premiers essais de voitures électriques prochainement, espérant tomber sur des conseillers commerciaux « compétents » et souhaitant s’assurer que les bornes qui sont et seront implantées près de chez elle et sur ses trajets permettront de façon durable de recharger les batteries du modèle qu’elle choisira. « Entendre parler de changement de standards ne me rassure pas trop, notamment l’abandon du connecteur type 1 au profit du type 2 », avoue-t-elle.

Idem pour les différentes normes de la recharge et la multiplication des réseaux : « C’est un peu comme si on me disait qu’avec ma C3 diesel je pouvais faire le plein chez Total mais pas chez Esso », illustre-t-elle. Elle pourrait bénéficier des 10.000 euros de bonus et superbonus en sacrifiant « la Peugeot 206 diesel de 1999 à bout de souffle qui repose dans la maison secondaire en Bretagne ».

Peut-être l’année prochaine…

Pour Anthony D., l’achat d’une voiture électrique ne se fera vraisemblablement pas cette année pour des raisons financières. « J’ai d’abord était séduit par l’offre de LLD alléchante à 330 euros par mois, jusqu’à ce que je comprenne qu’elle tient compte du superbonus pour se débarrasser d’un vieux diesel », rapporte-t-il, ajoutant : « Ma 318d n’entrant pas dans ce cadre à environ 1 an près, je vais attendre qu’elle soit éligible ». Il regrette : « Cette voiture est estimé 6.000 euros à l’Argus, mais la concession ne me la reprend que 3.000, et je ne souhaite pas la revendre par moi-même ».

Il hésite encore entre les formules : « J’aurais également préféré avoir la possibilité de l’acquérir en fin de période de location, mais les loyers sont trop élevés pour moi dans la formule de LOA ». Par ailleurs, notre interviewé bordelais trouve « déroutant de communiquer sur une autonomie NEDC alors qu’aucun automobiliste ne pourra en disposer avec un delta de plusieurs dizaines de kilomètres ». Il conclut : « Apprendre que l’autonomie de 300 km sur laquelle je comptais ne sera que de 200 ou 220 km m’a un peu refroidi ! ».

Automobile Propre et moi-même remercions nos 4 interviewés qui ont rapidement accepté de se prêter au jeu de l’interview. Egalement un grand merci aux intermédiaires qui se reconnaîtront.

 

 

En démarche d’achat d’une voiture électrique : ce qui les séduit et ce qui les freine
Notez cet article