Leader du marché de l’utilitaire électrique en Europe avec plus de 25.000 exemplaires écoulés, Renault remet au goût du jour son Kangoo électrique avec une nouvelle batterie promettant 50 % d’autonomie supplémentaire. Nous avons pu le prendre en main lors d’un essai en région parisienne.

Si l’esthétique de cette nouvelle mouture ne change pas par rapport à la version précédente, c’est le grand chamboulement sur toute la partie technique. En premier lieu, c’est la batterie qui a été améliorée avec une capacité est désormais portée à 33 kWh pour 270 kilomètres d’autonomie en cycle NEDC, contre 22 kWh et 170 km pour le modèle précédent. Comme pour la Zoé, c’est la densité énergétique qui a été modifiée et non le volume de batteries. Résultat : un pack aux dimensions identiques qui ne pénalise ni le volume de chargement, ni la charge utile qui restent identiques au Kangoo ZE précédent, soit jusqu’à 650 kilos et 4.6 m3 en version longue.

Autre changement : le moteur. Désormais fabriqué sur les mêmes lignes de production que celui de la Zoé à Cléon, en Normandie, ce moteur R60 est dérivé de celui embarqué à bord de citadine et offre 44 kW (60 ch) de puissance, soit une puissance strictement identique au moteur précédent.

Côté recharge, le nouveau Kangoo gomme l’un des principaux défauts de son prédécesseur dont la charge était limitée à 3 kW seulement. Sans pour autant aller jusqu’aux 22 kW embarqués à bord de la Zoé, le constructeur a choisi une solution intermédiaire avec un chargeur embarqué de 7 kW. Celui-ci permet à ce nouveau Kangoo d’offrir le même temps de charge que la génération précédente, soit 6 heures, malgré ses 50 % de capacité supplémentaire. A condition, bien sûr, d’avoir la borne de recharge qui va bien. A défaut, comptez 17 heures pour une recharge complète sur une prise domestique classique et 11 heures sur avec la prise Green’Up.

Parmi les options, on notera l’apparition d’une pompe à chaleur. Présentée comme un « entre deux » entre le système de ventilation classique et le pack froid, une mini chaudière additionnelle et autonome alimentée au gasoil, cette pompe à chaleur permet d’économiser environ 12 % d’autonomie en conditions hivernales.

A bord du Kangoo ZE

Hormis le discret marquage ZE 33, rien ne distingue ce nouveau Kangoo de l’ancienne version sur le plan esthétique. A l’intérieur, on retrouve la même ambiance avec un véhicule qui privilégie avant tout le côté pratique. Sur ce point, on s’interroge sur certains choix du constructeur comme le fait d’avoir placé l’écran tactile au fin fond du tableau de bord. Résultat : hormis le fait qu’il soit plus loin donc moins visible, il faudra largement étendre le bras pour l’atteindre. Heureusement, la fonction tactile n’est pas active lorsque le véhicule est en mouvement et le conducteur devra se rabattre sur une molette de sélection centrale pas vraiment facile à prendre en main. En termes de fonctionnalités, notons la compatibilité du système avec Android Auto (mais pas Apple Car Plat).

Côté autonomie, les chiffres « réels » annoncés par le constructeur – 120 à 200 km en cycle ‘livreur’ – sont respectés. Lors de notre essai, nous avons pu parcourir 168 km sans recharge intermédiaire avec un ordinateur estimant à 49 kilomètres l’autonomie restante. Cela nous amène à un total théorique de 217 kilomètres dans les conditions de notre essai avec un parcours majoritairement extra urbain et un véhicule « lesté » avec 250 kilos dans le compartiment arrière, soit environ 40 % des 650 kilos de charge utile proposés. En termes de consommation, l’ordinateur de bord indique 25 kWh de consommation soit, une moyenne de 15.3 kWh/100 km.

Quant à la motorisation, si on comprend le choix de Renault d’un petit moteur pour éviter de surconsommer, ce Kangoo manque clairement de puissance dans certaines situations. Car 60 chevaux, c’est vraiment très peu ! A titre de comparaison, la gamme Kangoo diesel s’étale entre 75 et 110 chevaux tandis que la Zoé en affiche 90. Résultat : avec un 0 à 100 km/h péniblement abattu en 22.6 secondes et un 0-50 km/h franchi en 5.2 secondes, les accélérations de ce nouveau Kangoo électrique sont loin d’être fulgurantes, notamment lors des phases de démarrage ou une certaine puissance peut parfois s’avérer utile voire indispensable. Insertion dans un rond-point ou dépassement, l’utilitaire électrique au losange est plutôt mollasson et on n’ose imaginer ses performances avec 650 kilos de charge utile et un relief un poil marqué…

Déclinable à l’infini

Pour Renault, l’avantage de travailler sur le châssis du Kangoo est de pouvoir proposer sur la version électrique la même quantité de déclinaison que sur les thermiques. Bennes basculantes, groupe froid, pick-up etc… fort de ses 400 carrossiers agréées, Renault propose un Kangoo électrique « sur mesure », capable d’aller au plus près des besoins de ses utilisateurs.

Parmi les déclinaisons présentées, Renault mettait en avant une version cube de son utilitaire. Basée sur un Kangoo Maxi ZE, elel propose jusqu’à 6 m3 de charge utile tout en contenant sa hauteur à deux mètres pour faciliter son accès aux parkings souterrains en centre-ville. Un modèle conçu pour les livraisons du dernier kilomètre qui semble avoir déjà séduit les professionnels de la logistique. Sur ce point, Renault nous promet des annonces dans les semaines à venir.

A partir de 15.750 € HT

Si nous avons déjà parlé des tarifs lors d’un précédent article, un petit rappel s’impose. Disponible en version deux ou cinq places avec deux longueurs, le nouveau Renault Kangoo électrique débute à partir de 15.750 € hors taxes une fois le bonus déduit. En cas d’application du superbonus, ce tarif tombe à 11.750 € HT ce qui tend à rendre cette version électrique très compétitive par rapport au Kangoo thermique dont les tarifs débutent à partir de 16.800 € HT.

Selon le modèle, jusqu’à quatre niveaux de finitions sont proposés et il faudra aller jusqu’au haut de gamme, la finition Extra, pour bénéficier du pack R-Link avec système de navigation. Autre solution : acheter l’option pour 590 euros hors taxes.

Quant aux autres options, comme indiqué plus haut, le Kangoo électrique profite de toutes les variantes proposées sur les Kangoo classiques : double portes latérales, plancher en bois, vitrage, girafon etc… Les flottes pourront également choisir de brider le véhicule à 90 ou 110 km/h selon leurs besoins voir forcer l’activation permanente du mode éco pour maximiser l’autonomie. En revanche, le constructeur ne précise ni le coût de l’option pompe à chaleur, ni celle du pack froid avec le chauffage auxiliaire.

Location batterie imposée à 58 euros par mois

Toujours imposée par le constructeur, du moins en France, la location batterie se caractérise par un forfait unique 58 € HT par mois pour un kilométrage annuel de 7500 km, soit un coût de 9.30 € HT/100 km hors électricité qui tend à offrir à ce Kangoo ZE un coût total de possession (TCO) assez similaire de celui de ses homologues diesel.

En cas de dépassement, le Kangoo ZE devient beaucoup plus compétitif. Chaque kilomètre supplémentaire étant facturé 4 centimes, le coût « énergie » de ce Kangoo électrique se limite à 4 euros par tranche de 100 kilomètres au-delà du forfait imposé. En incluant environ 1 à 2 euros de coût de ravitaillement, on arrive à 6 -6,5 €/100 km.

Pour conclure

Bien plus qu’une simple évolution de la batterie, Renault revoit de fond en comble son utilitaire électrique qui, s’approchant désormais des 200 kilomètres réels selon les conditions, promet de séduire davantage de professionnels désireux de trouver des alternatives au diesel.

Et si ce Kangoo électrique pourrait rapidement faire des émules dans les grosses flottes, reste à savoir si un petit artisan, à la fois plus polyvalent dans ses déplacements et beaucoup plus sensible aux problématiques de TCO osera franchir le pas du tout électrique.

En savoir plus :