A défaut d’une nouvelle génération, Toyota propose un second restylage de sa Yaris hybride, avec la promesse d’un meilleur confort de conduite. Promesse tenue ? Réponse dans notre essai effectué dans la région d’Amsterdam.

La Toyota la plus vendue en Europe

La Yaris est un modèle important pour Toyota. A elle seule, elle réalise ¼ des ventes de la marque sur le Vieux Continent et se place ainsi comme la Toyota la plus vendue en Europe. La version hybride, lancée en 2012, représente 42 % des ventes du modèle, et même plus de 50 % en France. Alors quand il s’agit de renouveler son best-seller, le constructeur japonais agit avec la plus grande prudence et, plutôt que de proposer un tout nouveau modèle, préfère faire passer une seconde fois sa citadine construite à Onnaing par la case restylage.

Toyota justifie ce choix par le niveau de ventes toujours soutenu de son modèle phare (208 000 ventes en 2016 en Europe) et par l’importance de ce restylage qui a nécessité 90 millions d’euros d’investissements et un renouvellement de 40 % des pièces.

Design : c’est à l’arrière que cela se passe

C’est le centre de design de la marque basé à Sophia-Antipolis (06) qui a travaillé sur la refonte stylistique du modèle, tandis que le reste de la conception s’est opéré depuis la Belgique.

Le restylage de 2014 avait profondément modifié la face avant en la barrant d’un « X » géant, rapprochant ainsi la citadine de sa petite sœur l’Aygo. Cette nouvelle mise à jour abandonne ce choix stylistique en retirant le soulignage chromé qui entourait le logo apposé sur le nez du capot. Désormais, seules deux barrettes chromées viennent mordre le capot, prolongeant ainsi la nouvelle signature lumineuse en « Y » des feux de jour. Notons toutefois que le dessin externe des feux reste identique.

Le profil se contente de nouveaux bas de caisse pouvant arborer différents coloris. Quant à l’arrière, une fois n’est pas coutume, il est la partie subissant les plus profondes modifications. Bouclier, hayon et feux sont ainsi totalement nouveaux. Les blocs optiques mordent sur le hayon pour la première fois depuis la première génération. En termes de design extérieur, on retiendra donc surtout cette refonte de la partie arrière qui permet de mieux assoir visuellement la Yaris, et de la rapprocher du reste de la gamme du constructeur.

Intérieur : ergonomie améliorée, assemblages à parfaire

Dans l’habitacle, les modifications sont plus légères. On notera de nouveaux sièges au dessin moderne mais au dossier malheureusement toujours trop ferme, un nouvel écran central plutôt intuitif mais manquant parfois de réactivité, et un tout nouveau bloc compteur accueillant un affichage couleur multifonction de 4.2 ‘’.

Remplaçant l’ancien ordinateur de bord monochrome, cet affichage donne accès à diverses informations liées à la consommation, au fonctionnement du système hybride, ou encore à la navigation. L’arrivée de ce nouvel écran permet une amélioration notable de l’ergonomie. En effet, en plus d’offrir de nombreux raccourcis permettant de moins déporter son regard vers le grand écran central, celui-ci se gère depuis les commandes au volant et non plus à l’aide de molettes auparavant placées à même les compteurs qui obligeaient à passer les mains derrière le volant pour les actionner.

L’ergonomie d’ensemble est par ailleurs satisfaisante. Les différentes commandes sont intuitives à l’usage et les repères sont rapidement trouvés. Tout juste peut-on regretter le placement fort peu judicieux de certaines commandes liées aux équipements de sécurité (voilà qui est ironique), très en bas à gauche du volant, ou encore le bouton d’enclenchement du mode « Eco » caché par le frein à main. La position de conduite est également perfectible, les réglages du volant étant assez limités. En revanche, on ne peut que saluer la visibilité offerte dans l’habitacle, grâce notamment à une lunette arrière ne se limitant pas à une meurtrière.

La planche de bord n’est modifiée que dans le détail. Les aérateurs, façon turbines d’avion, sont nouveaux et certains revêtements ont été changés pour donner une meilleure impression visuelle. Il est d’ailleurs possible d’opter pour un intérieur bi-ton sur la finition haut de gamme Collection, les touches de couleur qui accompagnent le noir sont alors bleues, rouges, ou grises. Globalement, les matériaux laissent une impression correcte, bien que beaucoup d’entre eux soient très fins et laissent craindre l’apparition rapide de rayures. En revanche, il est regrettable que les assemblages n’aient pas été soignés davantage. En effet, l’un des exemplaires essayés était déjà victime de bruits de mobilier. Par ailleurs, certains ajustements, notamment dans les parties basses de la planche de bord ainsi que sur les contreportes, restent à parfaire.

S’agissant d’un simple restylage, l’habitabilité et le volume de coffre (286 L) restent identiques à la version précédente, et sont donc plus que corrects pour la catégorie, avec un espace aux jambes convenable à l’arrière et une absence bienvenue de tunnel central mais une garde au toit un peu juste pour les plus grands. Quant au coffre, il est doté d’un plancher ajustable permettant d’offrir une surface quasiment plane en rabattant les sièges.

Equipement : priorité à la sécurité

En termes d’équipement, toute la gamme est désormais équipée de série du Toyota Safety Sense, un pack regroupant un système précollision avec freinage automatique d’urgence, le passage automatique codes-phares, l’alerte de franchissement de ligne, et la lecture des panneaux (à partir de la finition Dynamic).

L’équipement de série se montre plutôt généreux et on apprécie toujours autant de disposer sur une citadine d’une climatisation bizone ainsi que d’une caméra de recul (d’autant plus que le rayon de braquage reste médiocre avec les jantes de 16’’ équipant les finitions hautes). Mais on peste contre certaines petites pingreries comme l’absence d’aumônière à l’arrière du siège conducteur, de liseuse aux places arrière ou encore de commandes de vitres impulsionnelles pour les passagers.

Sur route : enfin du confort !

Défaut de la Yaris depuis ses débuts, Toyota avait promis pour ce restylage d’en améliorer le confort. En ce qui concerne la version hybride, il s’agissait notamment de mieux soigner l’insonorisation. Durant notre essai, nous avons effectivement pu constater des progrès sur ce point. A la fois à vitesse stabilisée et lors des accélérations, le moteur se montre plus silencieux.

Il n’y a guère plus que lors des accélérations franches que celui-ci se fait vraiment (trop) entendre. Les bruits de roulement et d’air sont correctement contenus et se montrent moins envahissants qu’auparavant à allure autoroutière. La Yaris a également et surtout amélioré son confort de suspension, et c’est évident dès les premiers mètres effectués. Sans se montrer moelleuse, la citadine absorbe mieux les irrégularités de la route et secoue moins ses passagers. Les longs trajets s’envisagent donc avec plus de sérénité.

Douceur de conduite préservée

En termes de tenue de route, la Yaris se montre toujours sûre, sans être pour autant dynamique. Ce n’est d’ailleurs pas sa vocation et il faudra attendre la version sportive GRMN (Gazoo Racing Master of Nürburgring) en fin d’année pour ceux qui recherchent le plaisir de la conduite sportive. La version hybride offre un autre type d’agrément, différent mais plaisant également de par sa douceur et sa fluidité. La direction, autrefois excessivement floue, est maintenant plus consistante tout en préservant une certaine souplesse raccord avec la douceur du système hybride.

En effet, ce dernier incite naturellement à adopter une conduite apaisée favorable à l’abaissement de la consommation et de la pollution. Pour profiter pleinement des avantages d’une voiture hybride, il est d’ailleurs quasi indispensable d’adapter sa conduite. Si le conducteur joue le jeu, il est « récompensé » par de nombreuses phases de roulage en 100 % électrique, un stress moindre, et une basse consommation de carburant. Dans le cas contraire, la conduite se révèle au contraire désagréable, bruyante, et sanctionnée par une consommation élevée. Car plus encore que sur une voiture thermique, un véhicule hybride est sensible au style de conduite.

Consommation identique

Honda n’important pas la version hybride de la Jazz en Europe, La Yaris hybride est toujours un cas unique dans la catégorie. Malheureusement, Toyota n’a pas apporté de modifications visant à abaisser sa consommation qui reste officiellement à 3,3 L/100 km avec des rejets de CO2 oscillant entre 75 et 82 g par kilomètre. La motorisation reste en effet identique, avec toujours 100 chevaux pour les moteurs électriques et thermique cumulés.

Durant notre essai, nous avons effectué deux parcours mêlant ville, route, et une courte portion d’autoroute. Lors de la première boucle, nous avons conduit « normalement », c’est-à-dire sans chercher à battre de record de consommation. L’ordinateur de bord affichait alors une consommation de 4.9 L/100 km à notre arrivée.

Lors de notre second tour, nous avons joué le jeu de l’écoconduite et nous avons pu ainsi abaisser la consommation d’un demi-litre. Il est intéressant de noter que sur les 37 km effectués, 14 l’ont été en mode tout-électrique, soit 38 % de la distance totale. Il ne faut cependant pas oublier que les routes plates des Pays-Bas offrent des conditions plutôt favorables à cet exercice. Il est évidemment possible de consommer encore moins sur un parcours plus urbain et avec des températures plus clémentes, le moteur consommant sensiblement plus par temps froid.

A partir de 19.450 €

La Yaris hybride cru 2017 s’offre à partir de 19.450 € pour la finition France et grimpe jusqu’à 21.850 € pour les finitions haut de gamme Chic et Collection.

La plus française des voitures japonaises est toujours une proposition unique dans la catégorie grâce à son hybridation aboutie qui convaincra ceux qui recherchent une polyvalence qu’ils ne trouvent pas encore dans les modèles 100 % électriques, une faible consommation, et une douceur de conduite inconnue des véhicules thermiques.