L’autonomie des voitures électriques augmente. Mais pour beaucoup de modèles et de situations elle n’est pas suffisante quand il s’agit de rejoindre sans recharge intermédiaire son lieu des vacances estivales. Il faut encore le plus souvent recourir à des astuces et planifier son voyage pour trouver le bon compromis entre le temps passé à recharger et celui à rouler. Automobile Propre vous propose quelques pistes à adapter aux besoins réels et à la voiture électrique dont vous disposez, si cette dernière ne dispose pas d’une autonomie utile minimale de 300 kilomètres.

Autonomie… et autonomie

Puisqu’il s’agit d’effectuer un long trajet qui va nécessiter sans doute plusieurs recharges intermédiaires dans la journée, l’optimisation de l’autonomie est à envisager selon 2 référentiels : autonomie disponible par recharge complète, et autonomie à la journée qui doit tenir compte du temps d’attente passé lors des ravitaillements en énergie.

Pourquoi cette distinction ? Tout simplement parce qu’il y a un facteur qui risque de limiter votre autonomie à la journée, c’est l’échauffement de la batterie qui résulte de la température estivale ambiante, et de l’accumulation de séquences qui vont la développer. Eh oui, décharger les accumulateurs en roulant fait grimper le thermomètre ! Les recharger également, d’autant s’il s’agit de le faire sur des bornes rapides. Certaines voitures électriques y sont plus sensibles que d’autres.

Des astuces pour se jouer de la température

La nouvelle Leaf commercialisée en France depuis 2018 est l’exemple même d’un modèle qui encaisse mal d’enchaîner roulages et recharges rapides, et exige de porter une attention toute particulière à la température des batteries. Son soft de gestion réduit la puissance de recharge acceptée en fonction de ce paramètre. Et, fatalement, il en résulte un allongement du temps passé aux bornes.

En roulant moins vite, parfois à pas plus de 80 km/h (c’est justement la nouvelle limitation de vitesse sur route normale), on peut y gagner au final ! Mais d’abord, c’est la recharge d’avant départ le matin et les conditions de stationnement du véhicule qui donneront la température initiale. Si possible, privilégier la recharge la veille en journée pour profiter de l’abaissement de température de la nuit, en choisissant l’endroit le plus frais accessible. Lors des arrêts, privilégiez les places à l’ombre. Si vous le pouvez, ne rechargez pas les batteries au-delà de 80-90% de leur capacité. La tranche suivante est la plus lente et cause un échauffement supplémentaire.

Enfin, mettez-vous à l’écoute de la communauté des utilisateurs du même modèle de véhicule électrique que le vôtre. Il y a parfois des astuces à s’approprier. Ainsi, pour sa Citroën C-Zero (valable pour Peugeot iOn et Mitsubishi i-MiEV), l’électromobilien baroudeur Jérôme Fresnay est parvenu a rediriger le flux de la climatisation vers la batterie, pour gagner 5 à 6°C en seulement 15 minutes. Pas mal !

Sous pression

Depuis des dizaines d’années, Bison futé exhorte les automobilistes à vérifier la pression des pneus à froid avant de partir sur la route des vacances. Ce qui est vrai pour les voitures diesel et à essence l’est encore plus pour les modèles électriques qui ont une autonomie plus limitée. Les pionniers de la mobilité branchée avaient pris l’habitude de surgonfler de 0,3 bars pour réduire la résistance au roulement.

C’est payant, avec un gain observé sur l’autonomie de l’ordre de 10-20% ! Mais attention, car cette liberté a forcément un impact sur l’adhérence, puisque la bande de roulement en contact avec la route tend alors à se réduire. Pour ceux qui pratiquent un roulage soft et en anticipation, cette différence ne sera peut-être jamais perceptible. Mais en cas d’arrêt d’urgence, on y perd forcément quelques mètres sur la distance de freinage… souvent bien moins qu’avec un pneu bon marché. Si vous n’êtes pas à l’aise avec cette idée, efforcez-vous cependant d’avoir dans les pneus au moins la pression préconisée par le constructeur, en tenant compte du surgonflage indiqué par exemple en voyageant à plusieurs avec des bagages. L’emploi de bouchons de valve qui transmettent par Bluetooth quasiment en temps réel l’info est un plus. Un autre est de privilégier les pneus à faible résistance de roulement.

Choix du type de route

Routes départementales, nationales ou autoroutes, quelles voies choisir pour consommer moins ? La plus directe, bien sûr ! Non, celle qui comporte le moins de dénivelés positifs ! Ne serait-ce pas celle sur laquelle on roule le moins vite, plutôt !? La bonne réponse est : la route la plus directe, si c’est celle où l’on roule le moins vite (dans les limites du raisonnable) et qu’elle comporte le moins de dénivelés positifs !!! Grosso modo, c’est un savant mélange à adapter en fonction du terrain.

Comment ? Certaines voitures électriques disposent d’un simulateur qui indique l’autonomie réelle selon l’itinéraire envisagé. Globalement assez fiable, il donne une évaluation qu’il faut interpréter en fonction de paramètres que l’on peut parfois ajouter, comme la température ambiante, mais aussi le sens et la force du vent. Des informations pas forcément faciles à évaluer si l’on prépare son départ quelques jours à l’avance. On trouve sur la Toile des applications qui s’en sortent pas mal aussi, tel Green Race. Dans la plupart des cas, c’est le choix du type de routes qui sera le plus payant pour disposer de la meilleure autonomie entre les recharges.

Régularité

S’il faut traverser des villes, privilégiez l’axe le moins chargé qui permettra d’anticiper au mieux les situations de freinage et de relance (ralentisseurs, virages, passages pour piétons, feux rouges, zones de partage). Modifier son comportement au niveau de l’accélérateur apparaît tout bête, voire inutile. C’est pourtant l’énergie que l’on ne consomme pas qui prolonge l’autonomie. La régularité est payante et permet d’avancer sur un filet d’électrons !

Les descentes peuvent constituer de bonnes opportunités pour récupérer de l’énergie. Par exemple, dans certaines, rouler à 85 km/h consomme un peu d’électricité. A 80 km/h dans la même, on peut se retrouver en situation d’équilibre, et à 75 km/h on régénère doucement la batterie. Profitons-en quand c’est utile, puisque c’est possible ! L’éco-conduite, ce n’est pas que pour réduire la consommation d’essence ou de gazole chez les professionnels de la route !

Où recharger ?

Maintenant que l’itinéraire est choisi, il va peut-être vous falloir le mettre à la poubelle ! Pourquoi ? Parce qu’il doit aussi permettre de recharger les batteries. Et dans certains cas, emprunter quelques portions d’autoroute peut s’avérer incontournable. En arrêtant le choix des routes, assurez-vous qu’elles vous offrent un confort de recharge adapté à votre modèle de voiture électrique.

Avec une Renault Zoé qui accepte d’exploiter le plus fort pourcentage des stations de recharge installées dans l’Hexagone, – dont la myriade de bornes accélérées -, vous aurez l’impression d’être privilégié, un peu comme les propriétaires de Tesla avec le très apprécié réseau international de superchargeurs maison. Le meilleur outil pour planifier ses arrêts ravitaillement en énergie est ici : ChargeMap ! A associer au badge éponyme qui permet d’accéder aux bornes d’une multitude de réseaux. A vérifier avant départ, pour éventuellement compléter avec un jeu de cartes supplémentaires.

Dépannage

Sachez bien que là où il y a des prises, il y a parfois possibilité de se dépanner : campings, hôtels, restaurants, parcs d’attraction, fermes, gîtes… Pensez aux réseaux, privés, des constructeurs, mais aussi des enseignes de la grande distribution comme Lidl, Auchan, Leclerc, Ikea…Profitez quand c’est possible des pauses incontournables pour recharger les batteries. Ce sera toujours ça de gagné sur l’horaire. C’est le choix de l’itinéraire associé à celui des arrêts recharge qui vous assurera la meilleure autonomie à la journée !

Si vous vous déplacez régulièrement dans des zones peu équipées des bornes qui conviennent à votre voiture électrique, il peut être intéressant d’embarquer avec soi un chargeur mobile. Certes, il vous coûtera plusieurs centaines d’euros, voire pas loin du millier. Mais s’il vous permet d’éviter de louer une voiture thermique ou d’avoir 2 véhicules à la maison, cette dépense apparaîtra plus légère. Un boîtier 10 kW dans le coffre permet de faire le plein des batteries via le connecteur rapide (si disponible) de la voiture en 3 ou 4 fois moins de temps qu’en 2,2 A (charge lente domestique).

Clim ou fenêtres ouvertes ?

Avec les chaleurs de l’été, on cherche en voiture tous les moyens pour se rafraîchir et ventiler l’habitacle. Vaut-il mieux ouvrir la fenêtre ou utiliser la climatisation. Comme le chauffage, cette dernière figure parmi les plus gros consommateurs d’électricité. D’autant plus en roulant peu vite ou en étant bloqué dans les embouteillages, puisque la consommation dépend du temps de service et non du kilométrage effectué.

Régler la soufflerie à fond ou doucement ne change pas grand chose. L’idéal, pour une meilleure autonomie, serait de se passer de climatisation tout en faisant fonctionner la ventilation. Souvent en ouvrant de concert les 4 vitres : entièrement éventuellement si l’on est à l’arrêt ou à une vitesse inférieure à 60 km/h. Au-delà, plus on roule vite, plus l’air qui entre dans la voiture la retient par effet parachute. A plus de 80 km/h, il est conseillé de n’ouvrir les vitres que de quelques centimètres (5 cm environ). Des déflecteurs permettent de les descendre davantage. Un brumisateur aide à supporter cette situation.

Et vous, quelles sont vos astuces ?

Les quelques pistes amorcées ici pour une bonne mobilité électrique estivale restent à creuser et à adapter à chaque situation. Obtenir une autonomie maximale de sa voiture électrique demande des efforts… que personne n’est obligé de suivre, bien entendu. Certains de ces efforts ne seront plus que des souvenirs lorsque l’autonomie réelle disponible sera supérieure à 300-400 kilomètres et que la recharge rapide sera bien présente un peu partout en France.

En attendant, la meilleure attitude à adopter est de prendre comme un jeu la mise en application de quelques contraintes qui trouvent leur justification dans l’horaire à respecter pour rejoindre sa destination et l’impact modéré de la mobilité électrique sur l’environnement. Nous savons que nombre de nos lecteurs ont leurs propres astuces pour partir en vacances avec leurs voitures électriques. L’espace ci-dessous dédié aux commentaires est à vous !

Automobile Propre et moi-même souhaitons à nos lecteurs d’excellentes vacances d’été 2018.

Départ en vacances : optimiser l’autonomie de sa voiture électrique
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